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Dès 10 ans: Le vent dans les saules de Kenneth Grahame

Kenneth Grahame
  Dès 10 ans: Le vent dans les saules

Dès 10 ans: Le vent dans les saules - Kenneth Grahame

Pas du tout pour les bébés
Note :

   Il y a Rat l'amoureux de la rivière, Taupe le pantouflard, Blaireau le sage, Crapaud l'irresponsable. Quatre amis qui au fil des saisons affrontent les aventures de la vie quotidienne et les cataclysmes provoqués par l'inénarrable Crapaud. Heureusement, il y a l'amitié qui donne le courage de tout affronter. Même les infâmes belettes et les horribles hermines.
   
   L'univers de Rat, Taupe, Blaireau et Crapaud, je l'ai d'abord découvert sous le pinceau plein de tendresse et de poésie de Michel Plessix, une superbe adaptation en bande-dessinée qui m'a donné envie de partir à la découverte de ce classique de la littérature anglaise et de la magie qu'on pouvait y deviner. Et de la magie, j'en ai trouvé. Magie d'un conte créé par un père pour son enfant, qui déroule des aventures hautes en couleur et en péripéties où le tragique se mêle à l'humour pour délivrer un message tout en finesse. C'est que le jeune Mouse à qui étaient destinées ces histoires avait un caractère intrépide, sans aucun doute plus proche de celui de Crapaud que de celui de Blaireau. Mais... tout n'est pas si simple, et si Crapaud est un infernal fanfaron et risque-tout, c'est aussi un ami fidèle et capable de s'amender. Et qui est sage n'est pas ascète, Blaireau sait parfaitement profiter de la vie.
   
   Par-dessus tout, "Le vent dans les saules" chante l'amitié, le bonheur de partager du temps avec des gens qu'on aime. Pas des gens parfaits, non, mais des gens qu'on prend comme ils sont, avec leurs défauts, avec leurs qualités et qui illuminent le quotidien. Des gens sur qui on peut compter, pour qui on peut sacrifier du temps, des choses, des désirs. Voir ces quatre amis vivre ensemble, rire, se disputer, se consoler, permettre aux trois autres d'être eux-même ou de se dépasser est un bonheur, tout comme de les suivre dans cette campagne et cette forêt qu'on sent bruire de vie à chaque page.
   
   Je laisse la parole pour terminer à Alberto Manguel, qui résume idéalement ce que je pense de ce petit bijou: "Oui, il s'agit bien d'un livre magique. Quelque chose en lui réenchante le monde, le repeint inlassablement d'une nouvelle couche de mystère. J'envie le lecteur qui s'apprête à ouvrir ces pages pour la première fois; il va pénétrer dans un pays accueillant où l'attendent des compagnons qui, de toute sa vie, ne le quitteront plus."
   
   A noter, chez Phébus, Libretto, la couverture et le texte sont illustrés de dessins d'Arthur Rackham, pleins de charme.
   
   
   PS: L'histoire a été transposée en bande dessinée par M. Plessix.
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critique par Chiffonnette




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Session de rattrapage, retour en enfance
Note :

   Lectrice assidue d’Alberto Manguel qui le vante avec une belle énergie, j’avais depuis longtemps envie de lire « Le vent dans les saules ».
   Ce classique d’outre-manche de Kenneth Grahame nécessitait bien une petite session de rattrapage.
   
   Quatre amis et un coin de campagne anglaise où court une rivière il n’en faut pas plus pour se retrouver précipité dans un monde délicieux.
   « Mr Taupe avait travaillé très dur toute la matinée pour le grand nettoyage de printemps de son petit logis. »

   Il décide de partir à la découverte, c’était magnifique il « déambulait dans les prés, le long des haies, à travers les bosquets, découvrait partout des oiseaux nichant, des fleurs à peine écloses. »
    Et c’est ainsi qu’il fait la connaissance de Mr Rat qui est l’heureux possesseur d’un bateau, et qui va lui faire découvrir la rivière.
    Regardant une traînée de bulles d’air sur l’eau, il fait connaissance avec Loutre. Et c’est le temps de l’amitié, des pique-niques au bord de l’eau, des balades dans le mystérieux Bois sauvage.
    Une équipée hivernale lui permettra de connaître Blaireau.
    Mais l’amitié pousse parfois à la prise de risques. Crapaud leur propose de se joindre à lui dans sa roulotte aménagée pour parcourir le monde à eux « La grand route, la chaussée poudreuse, la lande, les haies, les prés communaux, les collines onduleuses, les campements, les villages, les villes, les cités ! »
   
Oui mais voilà Crapaud n’est pas un ami très fiable, c’est un être fantasque, égoïste, pris de lubies soudaines et disons le, c’est un vantard et un paresseux.
    Brrrr nos amis aiment mieux une vie plus rangée car ils sont « Quatre Mousquetaires pantouflards lancés bien imprudemment sur les routes du vaste monde » nous dit Alberto Manguel. Mais c’est sans compter sur la folie des grandeurs de Crapaud qui un jour achète une automobile...
   
   Je vous laisse découvrir la suite des aventures de nos quatre amis. Lire ces péripéties pleines de fantaisie, loufoques. Elles nous mettent de bonne humeur.
    Certes tout cela est empreint d’une morale très sage mais après tout, de temps à autre, les bons sentiments sont un charmant dérivatif.
   
   Un livre pour tous, grands et petits, il suffit d’accepter de repartir au pays de l’enfance.
   
   « Le Vent dans les saules » est une lecture succulente, récit anglais jusqu’au bout des ongles et pourtant parfaitement universel et intemporel comme Alice, Peter Pan ou les contes de Grimm , un classique tel que l’entendait Italo Calvino ou plus simplement un « « livre magique » comme l’affirme Alberto Manguel dans sa préface.
   
   
   PS : Vous pouvez préférer la version BD de Michel Plessix en 4 tomes chez Delcourt très réussie à mon goût
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critique par Dominique




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Ode à la simplicité et à l'amitié
Note :

   Les éditions Phébus avaient offert une nouvelle traduction aux lecteurs "adultes" du Vent dans les saules et avaient choisi d'illustrer la couverture (que je trouve très belle) avec l'un des dessins de l'incontournable Arthur Rackham.
   
   J'ai découvert bien tardivement ce célèbre roman anglais et j'ai été aussi bien intéressée par la personnalité de l'écrivain, dévoilée dans une belle préface, que par l'histoire elle-même. A plusieurs reprises, j'ai songé à la Comté et aux Hobbits. Célébration des joies et plaisirs d'une vie simple, amitié indéfectible qui unit les quatre compagnons, nostalgie de l'auteur, sans aucun doute, qui aspirait à cette existence paisible mais non dénuée d'aventures.
   
   Nos quatre héros, Rat, Taupe, Blaireau et Crapaud aiment par-dessus tout les promenades dans la campagne, les bons dîners entre amis, canoter sur la rivière, lire de la poésie le soir au coin de feu, dans un intérieur douillet. Enfin excepté Crapaud qui a la folie des grandeurs et dont l'orgueil et l'égoïsme lui occasionnent bien des ennuis. Mais on peut aimer une existence paisible, un chez-soi confortable et un paysage familier et aspirer de temps à autre à un autre monde, plein d'aventures, ou rêver à des pays lointains.
   
   Le secret désir de Grahame (qui regrettait son époque trop mercantile et agitée) transparait donc dans ce joli livre (publié en 1908) qui célèbre l'amitié, la simplicité et évoque tout le charme de la vie dans la campagne anglaise, avant l'ère industrielle. Une vie idéale en somme...
   
    Ce classique a connu de nombreuses adaptations : au théâtre, au cinéma, en série télévisée... J'ai visionné quelques extraits sur Youtube, une série d'animation certes charmante, mais qui ne me semble pas rendre justice à cette belle histoire.
   
    Une petite anecdote pour terminer, le bruit court que Guillermo del Toro (celui-là même qui travaille en ce moment sur l'adaptation du Hobbit...) devait réaliser une version du Vent dans les Saules. Il a abandonné le projet lorsque les producteurs exécutifs lui ont demandé de rajouter des "trucs modernes pour djeuns branchés" dans le scénario...

critique par Folfaerie




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