Lecture / Ecriture
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Une âme perdue de Giovanni Arpino

Giovanni Arpino
  Une âme perdue
  Le pas de l'adieu

Giovanni Arpino est un écrivain et journaliste italien né en 1927 et décédé en 1987.

Une âme perdue - Giovanni Arpino

Roulette turinoise
Note :

   J'ai découvert ce livre et cet auteur grâce au conseil d'une amie du club de lecture de la médiathèque. Il est entre autre l'auteur du roman "Parfum de femmes" qui a servi de scénario à Dino Risi. L'histoire de ce roman se déroule sur une période de six jours.
   
   Un jeune orphelin, Tino, loge chez des parents à Turin, le temps de passer son bac et d'aller voir un notaire. La chaleur est étouffante, l'ambiance de la maison de son oncle et de sa tante également. Ceux-ci, Serafino dit "L'ingénieur", et Galla sont aidés par une vieille servante Anetta. Celle-ci semble faire partie des meubles. Au dernier étage de la maison, cloitré dans une chambre vit également "Le Professeur", frère de Serafino, fou depuis son retour d'Afrique. La vie est simple, réglée comme une horloge, pas d'extravagance. Sérafino travaille à la compagnie du gaz depuis de nombreuses années, Galla est une femme d'intérieur un peu bavarde, aimant faire des réussites, et très riche! A travers une serrure, Tino voit "Le Professeur", en robe de chambre et chaussettes bleues; celui-ci lui tire la langue d'un air dément! Serafino s'occupe de son frère avec un extrême dévouement, il le nourrit chaque jour, avant, il le promenait la nuit, mais son état empirant, ce n'est plus possible, dit-il! Mais un homme étant un homme, même dément, toutes les semaines, une femme Irisv vient voir "Le professeur". La vie de tous et de toutes suit son cours. Tino passe son bac, avec, semble t-il, facilité, un jour son oncle l'emmène en voiture à son examen. A midi le jeune homme, un peu désœuvré, pense aller retrouver son oncle...
   
   Tino a dix sept ans, orphelin il demeure à la campagne; la vie de la ville lui est étrangère, la vie tout court également. Il n'est pas au bout de ses surprises durant ces six jours de découvertes pour le moins surprenantes!
   
   Sa tante Galla, rondelette et accueillante, elle est aux petits soins pour tout son monde surtout pour son époux, mais même à la maison son autorité est contestée par Anetta, la servante, meuble parmi les meubles, au service de la famille depuis des lustres. Elle semble être au courant de tout!
   L' oncle Serafino, dit "L'ingénieur", est un homme à double personnalité, être dévoué, homme d'horaire et de devoir, Tino découvrira une autre facette de son oncle, sa vie nocturne de joueur invétéré!
   Son ami de toujours, "Le Duc", est un personnage savoureux, raffiné, élégant. Joueur lui aussi, ami de longue date de Serafino, c'est le compagnon de la nuit. Mais connait-il réellement l'homme qui se cache derrière le joueur désinvolte qui partage sa passion du jeu?
   "Le Professeur", cloitré dans sa chambre, qui est-il réellement? Quels évènements survenus, semble-t-il, en Afrique ont détraqué à ce point son cerveau?
   
   Une histoire qui débute de manière presque anodine, l'auteur met lentement en place les membres de la famille, leur environnement et leurs relations. Puis d'une manière tout aussi anodine, une simple idée de Tonio, va révéler une autre face de ce monde apparemment sans histoire. Et là tout change, l'ordinaire devient sordide. L'auteur réussit le tour de force de commencer cette histoire lentement, il faut pratiquement trois jours pour que réellement le récit prenne corps et que certaines questions soient envisagées.
   
   Un livre qui est une découverte, malgré un début un peu long, avec ce qui ne gâche rien, une belle écriture .
   
   
   Extraits :
   
   - Mais après. Après les épreuves.
   
   - Elle ressemble à un vieux chimpanzé déformé par l'arthrite. Derrière ses lèvres ridées, son dentier claque légèrement.
   
   - "La vérité, c'est qu'on s'habitue à vivre seul, et qu'on se fait à la solitude, on n'a plus envie de se partager avec son prochain..."
   
   - L'envie de dormir avait tourné comme un aliment aigre.
   
   - J'ai regagné ma chambre d'un pas de malade.
   
   - Savez vous comment les garçons l'appelaient? Vingt milles lieux sous les arcades.
   
   - Il a fallu que je me couche pour parvenir à affronter, non sans amertume, toute la rosserie de ces derniers mots.
   
   - Hier, j'ai eu dix-sept ans, et cette nuit, j'ai touché du doigt les vers qui grouillent sous le vernis angélique de l'ingénieur Serafino Calandra.
   
   - Mais oncle Serafino entonnait:" Je crois en un dieu cruel qui m'a créé....."
   
   - Mettez-vous l'âme en paix et ne songez qu'à vous rétablir.
   
   -Le temps passe, la mémoire est courte, tout peut arriver.
   

   
   Titre original : Un anima persa. (2005)

critique par Eireann Yvon




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