Lecture / Ecriture
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Deuxième chronique du règne de Nicolas Ier de Patrick Rambaud

Patrick Rambaud
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  Cinquième chronique du règne de Nicolas Ier
  Tombeau de Nicolas Ier et avènement de François IV
  Le Maître

Patrick Rambaud, né à Paris le 21 avril 19461 est un écrivain français né en 1946.
Il a obtenu, en 1997, le Prix Goncourt ainsi que le Grand prix du roman de l'Académie française pour "La Bataille".
Il a été élu membre de l'Académie Goncourt en 2008

Deuxième chronique du règne de Nicolas Ier - Patrick Rambaud

Période 2008
Note :

   « Les jours qui précédèrent aussitôt l’an 2008 méritent une sorte de panorama, parce qu’ils servirent de fondement à une suite de faits considérables. En hiver survint une calamité qui s’abattit droit sur Notre Foudroyant Monarque, et il faut ici détailler cette plaie dès son origine pour ne point rester sots. A l’époque vivait dans le désert de Lybie un calife redoutable de la tribu des Kadhafa; on le connaissait partout sous le nom de Mouammar le Cruel. Grand au-dessus du commun, le teint jaunâtre, empâté des joues et parfaitement mal rasé, le museau mal flétri d’un rocker de Liverpool, avec l’air bédouin au possible dans son burnous en laine de chameau, il possédait un don particulier d’intrigue, de souterrains et de ressources de toute espèce.»
   
   Toujours aussi savoureuses ces mises en mots de l’hallucinante présidence française. Toujours ce pastiche «Ancien Régime» qui convient bien aux errements des intervenants (ministres, proches du président, …). C’est l’occasion de «réviser» des évènements qu’on avait oubliés (il y a tant et tant de misérables choses!) ou qu’on croyait plus proches:
   La réception grand-guignolesque de Kadhafi qui prend des allures d’autant plus choquantes maintenant,
   L’agression de P. Joffrin lors d’une mémorable conférence de presse par «qui-vous-savez»,
   « Mais, M’sieur Joffrin, c’est une obsession, ça, le pouvoir personnel! Vous avez trouvé rien d’autre? C’est l’roi Chirac qui m’a donné son trône en héritage? La monarchie, M’sieur Joffrin, ça s’hérite.»
   La mission confiée à Jacques Attali,
   L’incontournable «Casse-toi, alors, pauv’con»,
   La déculottée des municipales,
   Le «tabac» de Carla Bruni lors du premier voyage officiel à Londres,
   L’épisode chinois des J.O. …
   
   L’ouvrage se termine sur l’avènement de la crise financière. Un ouvrage fort utile pour «réviser» et qui permet de reconsidérer certaines actions au vu de ce que nous connaissons de ce qui a suivi .
   
   C’est joliment écrit, très vite lu. Une petite dernière pour la route:
   « Notre Truculent Souverain était alors en train de fourbir un nouveau régime à sa mesure qu’on pouvait qualifier du nom très doux de démocratie totalitaire, dans laquelle les droits des sujets seraient affermis en textes et en mots mais non point en actes, aussi ne pouvait-on plus se fier aux lois qui surabondaient et se modifiaient au gré des humeurs du Château, comme celle concernant le favoritisme que notre Prince édicta sur un ton sans réplique: "C’est pas parce qu’on est mon ami qu’on doit avoir moins de droits qu’les autres."»

critique par Tistou




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