Lecture / Ecriture
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Ados: Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de dragons de Jasper Fforde

Jasper Fforde
  L'affaire Jane Eyre
  Délivrez-moi!
  Sauvez Hamlet!
  Le puits des histoires perdues
  Le début de la fin
  Ados: Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de dragons
  Le mystère du hareng saur
  Tyrannie de l'arc-en-ciel

Jasper Fforde est un écrivain britannique né à Londres en 1961.

Ados: Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de dragons - Jasper Fforde

Très pince-sans-rire
Note :

   " A une époque, j'ai été célèbre. on a vu ma tête sur des t-shirts, des badges, des tasses à thé et des posters. J'ai fait la une des journaux, je suis passée à la télé, et j'ai même été invitée au Yogi Baird Show. Le Quotidien des palourdes m'a proclamée "L'adolescente la plus remarquable de l'année" et j'ai été élue femme de l'année par Mollusqu-Dimanche. On a deux fois essayé de me tuer, on m'a menacée de la prison, j'ai reçu seize demandes en mariages et j'ai été déclarée hors-la-loi par le roi Snodd. Tout cela et plus encore, et en moins d'une semaine.
   Je m'appelle Jennifer Strange."

   
   
   Outre le chocolat, il y a quelques petites choses qui ont tendance à me rendre étrangement compulsive, voire obsessionnelle. La sortie d'un nouvel opus de Jasper Fforde en fait partie. Rapport sans doute avec le fait que son imagination délirante a tendance à me faire a minima sourire bêtement, sourire qui a tendance à se transformer en gloussements qui eux-mêmes... Bref, vous avez sans doute saisi l'idée.
   
   Or donc. Jennifer Strange. Digne petite frangine de Thursday Next pour l'aplomb et la tendance à se retrouver embringuée dans des situations pas possible, mais qui se balade, elle, dans un univers qui mêle allègrement et avec talent références à notre monde et magie. Le tout assaisonné avec l'humour pince-sans-rire et le sens du rythme qui m'ont séduits dès "L'affaire Jane Eyre". On trouve au fil des pages et pêle-mêle: une épée qui répond au doux nom d'Exhorbitus sans doute parce qu'elle a couté très cher, un Quarkon très, mais alors, très laid, des dragons, des chevaliers dont les affiches format poster ornent les chambres adolescentes, un roi un tantinet tyrannique, une dracomobile, des magiciens complétement barrés, des bienheureuses du Homard et des enfants trouvés, des dragons qui font peur. Le tout donne un récit initiatique fort bien troussé qui s'avère bien plus profond qu'il n'en a l'air, et se paie le luxe de parler avec drôlerie et finesse des travers du mercantilisme, de la cupidité humaine, de la préservation de la nature, des médias, et de quelques autres petites choses. .
   
   Autant dire que j’attends la suite avec impatience et vais guetter les nouvelles sorties de la collection Territoires dont les premiers pas sont plus que prometteurs!
   
   
   "- Au fait, a-t-il  dit en repassant la tête par la porte, on dirait qu'il y a un élan dans le couloir.
   - C'est sans doute Hector, a dit Grizz. Il est transitoire.
   - Peut-être bien, mais il bloque le passage.
   - Traversez-le, ai-je lancé, plongée dans mes pensées, et si jamais vous avez envie de savoir comment fonctionne un élan, arrêtez-vous au milieu et regardez bien autour de vous.
   D'accord, a dit M. Trimble, avant de s'en aller."

   ↓

critique par Chiffonnette




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Wonder Jasper
Note :

   "The sorcery business grows on you. - Like mould ?"
   
   "Mother Zenobia took a sip of her tea and began:
   "Dragons, like four o'clock tea, crumpets, marmalade and zip-up cardigans, are a peculiarity of the Ununited Kingdoms."

    
   
   Jennifer Strange a presque 16 ans. Orpheline élevée par les Sœurs du Homard, elle doit encore quatre années de servitude à Kazam, une agence de sorciers qu'elle dirige en l'absence de son directeur, le Grand Zambini, disparu sans laisser d'adresse. Mais la magie est en perte de vitesse et les tapis volants ne servent plus qu'à livrer des pizzas. Un beau matin, les voyants de tous les royaumes ont la même vision: le dernier dragon, Maltcassion, mourra le dimanche suivant des mains du dernier tueur de dragon, et l'on pourra enfin réclamer ses terres. C'est le commencement des ennuis pour Jennifer, qui découvre avec stupeur qu'elle est la dernière tueuse de dragons.
    
   Oh le fort bon roman jeunesse que voilà, chers happy few! Subtil mélange d'uchronie (nous sommes dans un XXIème siècle bien peu semblable au nôtre, dans un Royaume-Désuni composé de très nombreux royaumes) et de fantasy, "The last dragonslayer" (récemment traduit en français sous le titre de "Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de Dragons") (on fait plus court, je vous l'accorde) est un roman initiatique qui, sous prétexte de décrire le passage à l'âge adulte d'une jeune fille qui a les pieds sur terre et une intelligence fort vive, met en scène une société en proie à l'appât du gain, dans laquelle le peuple est manipulé par des médias aux mains d'un roi colérique et capricieux qui ne rêve que d'annexer le territoire du voisin. Sous la plume toujours aussi drôle de Jasper Fforde (vous ai-je dit à quel point j'aimais cet auteur, mmmh?), qui manie comme personne l'humour pince sans rire et l'ironie, se succèdent les situations incongrues et les personnages décalés, le tout au service d'une histoire pleine de magie, où les dragons sont des espèces menacées, les chevaliers de creux personnages dont le sourire ultra bright dissimule de noirs desseins et où les défunts envoient de bien curieuses bêtes veiller sur les vivants. Excellent.
    
   'Humans', he scoffed. 'Always so inquiring about stuff. Never satisfied with the status quo. It will be your downfall, but oddly enough, it's also one of your most endearing features.'
   'Do we have any others ?'
   'Oh yes, plenty.'
   'Such as ?'
   'Well, counting in base ten is pretty wild, for a start,' he said after giving the subject a moment's thought. 'Base twelve is far superior. You also have extraordinary technical abilities, a terrific sense of humour, thumbs, being built inside out -'
   'Wait! Being built inside out ?'
   'Of course. As far as the average lobster is concerned, mammals -with the possible exception of the armadillo- are built inside out. Any crab worth his claws would tell you the soft stuff should definitely be on the inside. Bones in the middle ? Whoever designed you was having a serious off day.'

   
   (Perso, j'adore, Jasper is wonderful, Jasper is funny, Jasper has beautiful hair, Jasper is a god, I'm in love.)

critique par Fashion Victim




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