Lecture / Ecriture
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Le slip de Alain Sevestre

Alain Sevestre
  Le slip

Le slip - Alain Sevestre

Littérature lingère d’un solitaire
Note :

   Quel titre! Aussi osé et de mauvais goût assumé que la première partie du monologue du narrateur Alain nous contant ses pérégrinations solitaires et vaines.
   
   En effet, confiant à nos oreilles les plus intimes de ses tourments, l’homme non pressé que nous suivons à la trace découvre dans les toilettes d’un café un slip, idéal objet de fantasmes. S’en suit des imaginations débridées, mettant en lumière ses frustrations d’homme seul.
    "J’y pense. Ce slip, peut-être que l’usage concret en a été perdu et que, lingerie, chiffon, mouchoir, tissu en somme, on avait transféré sa fonction à une utilité annexe, c'est-à-dire n’importe quoi, quasiment un essuie-tout. […] Mon enquête avance." P95
   
   En effet, ce travailleur d’internet s’occupe d’un site au nom si évocateur: nonnonetnon.com et aide les personnes handicapées du non à réussir à le dire. (j’en connais un dans mes relations de ces malades du non, et vous?). Fourré constamment devant son ordinateur, notre Alain est donc seul. Il passe même de longues séquences de vie sans sortir.
   
   Homme paumé, de soirée en promenade, de délires monomaniaques en pensées acérées, Alain ne sait pas/plus comment résoudre ses problèmes (d’ordinateur, de relations aux autres et particulièrement aux femmes). Nous le suivons lors de soirées, de rencontres…
   
   On pense à Houellebecq pour le côté sans concession de l’écriture. Tantôt cru, tantôt recherchée. L’honnêteté du propos intéresse. On a tout de même envie de plaindre cet homme à la recherche d’on ne sait pas trop quoi. A la recherche de sa place d’homme.
   "Elle, avec le silence, érige des sortes de profondeurs, et chacun de nous, finalement, plus malin que l’autre joute de finesse, et c’est à qui profitera de l’autre. Car rien ne me dit qu’elle n’est pas venue ici pour nettoyer un chagrin d’amour. On est tous pareils. On se nettoie les uns des autres." P158

   
   A mon goût, la fin est plus réussie que le début. Plus profond. Avec une seconde idée (de maniaque) poussée à son extrême. Certains passages agacent de leur mondanité d’urbains aux soucis futiles mais dans l’ensemble le propos est original et tient en haleine.

critique par OB1




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