Lecture / Ecriture
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Teleny de Oscar Wilde

Oscar Wilde
  Le portrait de Dorian Gray
  The portrait of Mr. W.H. (Le portrait de M. W.H.)
  Le crime de Lord Arthur Savile
  L'importance d'être constant
  Teleny
  Dès 10 ans: Le Fantôme de Canterville

Oscar Wilde est le nom de plume d'Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde,écrivain irlandais, né à Dublin en 1854 et mort à Paris en 1900.

Teleny - Oscar Wilde

Il sera plongé de la lumière dans les ténèbres
Note :

   De Wilde j'avais lu quelques contes et nouvelles, "The Importance of Being Earnest" et "The Picture of Dorian Gray". Aussi, "Teleny" s'est avéré une lecture quelque peu atypique, puisqu'il s'agit un roman érotique.
   
   Son histoire est assez curieuse également, puisque ce récit a été écrit à plusieurs dans le cadre d'un jeu (érotico?) littéraire orchestré par Wilde qui, comme l'indique Jean-Jacques Pauvert dans la préface, porta assez d'intérêt à ce projet pour le remanier et le réécrire, d'où l'unité de ton.
   
   Dans ce roman d'apprentissage, le jeune narrateur Camille Des Grieux s'éprend de Teleny, sombre et séduisant pianiste étranger. Fantasmes, expériences hétérosexuelles s'ensuivent jusqu'à ce que se noue une relation charnelle entre Camille et Teleny, l'histoire se terminant tragiquement.
   
   "Teleny" est assez déroutant pour ceux qui ont déjà lu Wilde. Ce ne sont plus les traits d'humour, les célèbres bons mots qui occupent le devant de la scène. C'est un récit à la fois sombre et très cru, où les scènes à caractère pornographique se succèdent.
   
   Camille nous fait un peu penser à Dorian Gray au double visage, à travers cette homosexualité qu'il n'assume pas pleinement dans une société victorienne à la morale officiellement très stricte. Ainsi, lorsqu'il reçoit un billet le menaçant de le dénoncer, il hésite à retrouver Teleny, torturé entre son amour et son désir d'une part et sa peur de ce que la société pourrait lui réserver de l'autre.
   
   Je me suis également beaucoup interrogée sur le rôle de la mère, ombre à la fois bienveillante et vampirique: la mère de Camille, très jeune et jolie, l'accompagne lorsqu'il se rend aux concerts de Teleny, le réveille lorsqu'il fait un rêve érotique, s'inquiète de son agitation lorsqu'il devient l'amant de Teleny et pour finir, devient en quelque sorte sa rivale en amour. Camille dit d'ailleurs de façon générale: "Par-dessus tout, j'abhorrais la femme, malédiction du monde." (p47)
   
   Wilde nous plonge par ailleurs dans les lieux les plus sordides de l'époque victorienne. La question de la morale affichée en contradiction totale avec le comportement est ici continuellement posée, les jeunes hommes de la bonne société se retrouvant pour des parties fines qui parfois se terminent mal: dans un bordel de Tottenham Court Road, où une phtisique décède dans un acte de débauche ou encore chez un ami, où l'un des participants ayant voulu faire usage d'une bouteille paie de sa vie cette dernière audace.
   
   Apportant également un éclairage sur la vie privé de Wilde, ce livre dresse un portrait intéressant de la société victorienne et repose sur une écriture très soignée. Une belle curiosité.
   
   Merci aux éditions de la Musardine pour le choix de la couverture, Egon Schiele faisant partie de mes peintres de prédilection (il s'agit ici du "Double Autoportrait").
   
   
   Titre original : Teleny, 1893

critique par Lou




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