Lecture / Ecriture
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M comme: Moby Dick de Herman Melville

Herman Melville
  Moby Dick ou le cachalot
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  Moi et ma cheminée
  M comme: Moby Dick
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Herman Melville (1819 - 1891) est un romancier, essayiste et poète américain.

M comme: Moby Dick - Herman Melville

Adaptation intelligente et adroite
Note :

   Adaptation du texte : Jean Rouaud
   Dessins : Denis Deprez

   
   
   J’ai lu Moby Dick une première fois et j’ai beaucoup aimé ce roman de Melville.
   
   J’ai enfin choisi l’adaptation de cette œuvre sous forme de BD et je ne le regrette vraiment pas. En son genre cet album est un autre grand chef d’œuvre!
   
    Loin de trahir le récit qui l’inspire, il en garde la substantifique moelle comme aurait pu dire Montaigne mais surtout les peintures de Deprez impose l’atmosphère de fatalité maritime et mythique des mers démontées virant du bleu au noir, des baleines monstrueuses qui rougissent l’eau, du flou des brouillards omniprésents ou de l’obscurité des nuits blanches. C’est une course vers l’enfer qui caractérise cette chasse à la baleine, cette poursuite sans fin de Moby Dick, le cachalot blanc ayant emporté la jambe du capitaine Achab qui n’a de cesse depuis de le retrouver pour se venger. 
   
   Le roman de Melville est une somme de connaissances et de détails sur les baleiniers du Pacifique et leurs trois années rituelles de chasses en haute mer, sur leur vie à bord mais il s’élargit vite à une dimension plus métaphysique sur la folie du capitaine obsédé par sa poursuite sans fin, séparé du monde des vivants par une passion aussi fiévreuse et dévorante que celle de Don Quichotte pour les moulins à vent. Dès le départ on attend la malédiction annoncée, la chute définitive.
   
   
   
   Voici le résumé que fait Jean Rouaud de son adaptation pour la BD:
   «  Ce n’est plus Ismahel qui raconte, c’est nous qui le suivons dans ses découvertes et rencontres successives : New Bedford, ses auberges de baleiniers, Nantuckett, Quiequeg, ce curieux harponneur tatoué venu des îles qui va brouiller ses repères de puritain de la côte est, le Péquod, ce rafiot en bout de course sur lequel ils choisissent mystérieusement d’embarquer, Achab qui en vrai star se fait attendre jusqu’à la moitié de l’ouvrage et enfin tout en haut de l’affiche, plus star encore, l’éclatante blancheur de Moby Dick, dont nous savons maintenant qu’elle n’est plus l’apanage des anges.»

   
   
   J’ai beaucoup aimé cette BD pour l’adaptation intelligente et adroite d’un récit pourtant foisonnant au départ mais surtout pour les dessins très étudiés, aux angles de vue variés et astucieux, aux gros plans de visages interrompant soudain les immenses et sublimes immensités marines.
   Les couleurs où dominent les bleus de la mer et les bruns du baleinier sont parfois brutalement maculées du rouge sang des baleines blessées, du blanc de la chevelure du vieil Achab, lors de ses rares apparitions jusqu’à ce blanc final si envahissant du face à face final avec Moby Dick enfin retrouvé. 

critique par Mango




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