Lecture / Ecriture
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San-Antonio chez les Macs de San-Antonio

San-Antonio
  La rate au court-bouillon
  San-Antonio chez les Macs
  Les doigts dans le nez (San-Antonio)
  J’ai bien l’honneur de vous buter
  Le gala des emplumés
  Vas-y Béru !

San-Antonio est le pseudonyme sous lequel Frédéric Dard a publié sa série de romans policiers mettant en scène le commissaire du même nom.

San-Antonio chez les Macs - San-Antonio

Une récréation littéraire!
Note :

   Notre héros ayant écourté ses vacances pour cause d’ennui rentre à Paris. Mais au lieu d'une nuit torride avec sa dernière conquête ferroviaire, il se retrouve avec, sur les bras (et non pas dans ses bras!) une affaire d'empoisonnement dans le gratin parisien (le gratin dauphinois étant trop commun et provincial pour ce milieu!). Après une enquête sommaire, mais menée avec dextérité et de main de maître (pas d'hôtel), il s'avère que le whisky, pourtant hors d'âge (il date de l'époque de Malte Usalem, un des inventeurs de cette boisson) et non frelaté, est à l'origine de cette indisposition que nous souhaitons passagère (celle de la SNCF attend toujours que S.A se magne le train pour jouer "à rentrons dans le tunnel et ne me laisse pas sur le quai! ").
   
   Revenons à nos moutons, comme dirait un berger écossais, nommé Haggis, en se grattant la panse (il leur arrive aussi de gratter la panse des brebis, sauf bien évidement les galeuses! Les brebis écossaises bêlant en gaélique, celles qui combinent les deux adjectifs précédant sont nommées brebis "Gaga "! Toute ressemblance avec une chanteuse court vêtue serait fortuite! Certains érudits me feront remarquer que certaines de ces herbivores bêlent en Picte, mais n'ayant aucune connaissance de cette langue ancienne, je les laisse à leurs certitudes celtiques. Au petit matin, je ne m'étendrais pas sur la fin de nuit où une brave provinciale adepte du train a connu le septième ciel sans passer par la case embarquement immédiat; cela, c'est ce qui aurait dû se passer. Mais l'ami généreux donateur de la boisson incriminée est retrouvé mort! Et la cause du malaise des hôtes de la haute société invités est de l’héroïne mélangée au breuvage mentionné plus haut! Alors, notre commissaire, d'un coup d'aile, s'envole vers l’Écosse et la distillerie de Daphné Mac Herrel, dans ses bagages car il a pris un avion gros porteur, Bérurier, lui-même en chair (beaucoup) et en os (pas mal non plus!).
   
   Nos héros sont en route pour malte (moult) aventures que l'auteur va nous distiller au compte goutte, des personnages aux raisonnements alambiqués, mais San Antonio veille au grain car beaucoup cherchent à se faire du blé avec un certain nombre de flacons (qu'importe le flacon, pourvu que l'on ait l'ivresse!). Après plusieurs rendez-vous polissons avec quelques Miss ou Lady des Highlands, qui ne retirent pas simplement le haut. Au passage un cours (magistral, of course) des us et coutumes de l’Écosse médiévale, à l'époque les hommes pour faire leur cours effeuillaient, non pas la marguerite, mais le chardon ! Et avec une pince à épiler. Les Scottishs godiches et pas potiches se morfondaient en déclamant ces vers:   
   Quelle est longue l'attente
   Que de désir son Tartan se tende
   Et avant que je ne sois trop tarte
   Qu'il me roule une pelle à tarte!
   Nous jouerons à saute mouton
   En buvant du Glendeveron,
   Puis je lui roulerai une cibiche
   En sirotant du Glenfiddich.**
   (Poème anonyme d'une époque indéterminée.)

   
   Mais aussi des rencontres avec des produits locaux (autre que le whisky) , fantômes et monstres marins, une série de plaies et bosses, bref tous les ingrédients d'un roman de San Antonio! Certains crimes de lèse majesté finiront confits dans le whisky: quel gâchis!
   La morale de l'histoire "La vérité est au fond du puits " et comble de l'ironie, c'est près de la promenade des Anglais que notre séducteur (qui, il me semble, se la joue un peu, du verbe jouer et non pas la partie de visage que l'on tend dans diverses circonstances!) trouvera la solution de l'énigme!  Bruce Wallace et Robert the Bruce doivent se retourner dans leurs tombes.
   
   Je ne vais pas, dans la liste des personnages,  citer les héros récurrents de la série, San A. Béru etc....
   Daphné Mac Herrel, qui n'est pas une lady à se faire du mouron et qui n'est pas non plus une cousine éloignée de la célèbre romancière britannique (là il faut suivre!) est trop âgée pour diriger la distillerie. Sa nièce Cynthia qui a plus d'un tour sous son kilt (qui n'est pas rouge comme pourrait le laisser croire un consommateur de vin provenant d'une bouteille étoilée) semblerait plus apte à diriger la contrebande de produits stupéfiants. Quelques personnages secondaires, Sir Consy (dont la devise est "Soyez bref ") Sir Constence Haggravante (qui lui pour raison pécuniaire a bradé à une marque de poudre à café la célèbre phrase "Ce n'est pas la peine d'en rajouter " dans des circonstances qui ne regardent que lui et le fisc écossais).
   Après avoir parlé de ce livre, si je le lisais!
   
   
   Extraits :
   
   - On a les fauchés avec du fric, les bourgeois avec des honneurs, les riches avec des menaces de déshonneur.
   
   - C'est une dame mûre mais que personne ne doit cueillir.
   
   - Sous sa robe de chambre elle porte un soutien Georges VI écossais et un cache-Sussex écossais. Va falloir que je me tienne à carreaux quoi.
   
   - La crèche est immense et plus gothique que le titre d'un journal allemand.
   
   - La cabane pue le hareng fumé, la lampe fumeuse, la pièce enfumée, la fumée du tabac, le noir de fumée et la chaussure des caoutchoucs surmenés.
   
   - J'éclate alors d'un rire qui serait homérique si j'étais grec mais qui n'est que rabelaisien.
   

   
   
   *Devise du clan des MacOCUS, dont les épouses étaient réputées être très accueillantes!
   ** Poème traduit par mes soins du gaélique écossais, langue dont je n'ai aucune connaissance.

critique par Eireann Yvon




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