Lecture / Ecriture
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Le cahier rouge de Michel Tremblay

Michel Tremblay
  Le cahier rouge
  C'ta ton tour Laura Cadieux
  Les belles sœurs
  Bonbons assortis
  Un ange cornu avec des ailes de tôle
  Quarante-quatre minutes Quarante-quatre secondes
  Chroniques du plateau Mont-Royal
  Le trou dans le mur
  La Traversée du continent
  La traversée de la ville
  La Traversée des sentiments
  Au hasard la chance

Michel Tremblay est un écrivain québécois, né en 1942.
Il écrit des romans et du théâtre.
Il a profondément marqué le monde littéraire canadien en utilisant le dialecte québécois (le joual), en exerçant une critique de la société sclérosée et en choisissant ses personnages principaux parmi les classes laborieuses ( des femmes, en particulier). Par delà même le monde littéraire, il a eu une réelle influence sur l'évolution des idées au Québec.
La qualité de son travail est reconnue et, depuis 30 ans, son oeuvre est couronnée de prix.

Le cahier rouge - Michel Tremblay

En hommage aux maisons closes ?
Note :

   Drôle d’histoire que ce « Cahier rouge », ni plus ni moins que l’histoire d’un bordel de travestis ouvert au moment de l’Exposition Universelle, en 1967, à Montréal. Et dans ce bordel de travestis évolue Céline, une naine sortie de son anonymat sans horizon de serveuse de bar, par Fine Dumas, la tenancière du bordel, pour jouer l’hôtesse d’accueil dudit bordel. On imagine bien que la galerie de personnages est des plus pittoresques, exclusivement féminin pourrait-on dire si l’on fait abstraction qu’à la base, les travestis …
   C’est écrit dans une langue châtiée, sans laisser-aller. Les péripéties ne manquent pas et les rebondissements se succèdent allègrement mais on ne peut s’enlever de l’idée qu’il s’agit plus d’un patchwork de morceaux de bravoure que d’un tissu de faits fondant une histoire.
   J’avoue avoir eu du mal à m’identifier à la psychologie de Mae East (tout le monde n’est pas à l’Ouest !), Nicole Odeon ou Jean-Le-Décollé, les travestis colocataires de notre Céline. On lit, oui, mais sans plus que cela s’impliquer, s’identifier. Voyeur plus que lecteur. Dommage car Michel Tremblay a plutôt une belle plume.
   « Les heures sont longues, c’est vrai, le milieu peut se montrer dur malgré sa superficialité, parfois même dangereux quand les clients ont trop bu ou perdent la tête. Le fait d’être sans cesse plongée dans un environnement où le sexe, une sexualité non orthodoxe en plus, tient la plus grande importance alors que je n’y participe jamais s’avère à l’occasion difficile à expliquer si j’y pense trop - j’y vis mais je n’en vis pas, j’en suis témoin mais je ne collabore pas -, comme si j’évoluais dans un monde auquel je n’avais pas accès parce que je n’en étais que la gardienne, le maître d’hôtel. Mais ce n’est jamais ennuyant et l’effort, le vrai, celui au bout duquel se trouve le précieux dollar, ce n’est pas moi qui ai à le faire, après tout, je ne suis que celle qui tient les comptes et tend le menu.…
   Il m’arrive bien sûr de me demander comment je réagirais si j’avais un jour à participer à ce qui se passe dans la chambre rose ou celle aux miroirs, à écarter mes courtes jambes pour gagner ma croûte, à feindre la jouissance en petits halètements courts ou en grands cris désespérés comme le font avec tant de talent les filles du Boudoir, mais je ne m’y attarde jamais très longtemps. »
   
   Du vrai dans tout cela, mais j’avoue avoir du mal à m’y attarder aussi très longtemps !

critique par Tistou




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