Lecture / Ecriture
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La septième vague de Daniel Glattauer

Daniel Glattauer
  Quand souffle le vent du Nord
  La septième vague

La septième vague - Daniel Glattauer

... et le deuxième tome
Note :

   "Il n'existe pas de mode d'emploi qui donne un plan pour situer le bonheur"
    "Je voulais ce qu'il y a de mieux pour toi. Malheureusement, il ne m'est pas venu à l'esprit que ce pourrait être moi. Dommage. Pas de chance. Raté. Je suis désolé. Je suis tellement désolé."

    
   Il y a tout juste un an, chers happy few, Leo et Emmi entamaient, avec "Quand souffle le vent du nord" , une correspondance qui allait faire vibrer les lecteurs de tous les pays et surtout votre serviteuse, emballée et émue par les réflexions amoureuses et les atermoiements de ces deux êtres que le hasard avait jetés l'un contre l'autre. Un an après, les voilà de retour avec " La septième vague" , qui les voit renouer le dialogue quelques mois après le retour de Leo (je spoile un peu, bien obligée, que celui qui n'a jamais révélé que John tombait amoureux d'Anne dans " Une étourdissante épouse" me jette élégamment le premier Harlequin, tiens).  
   Et? vous demandez-vous écartelés par l'insoutenable suspense.
   OMG.*
   OMFG même (je jure si je veux d'abord, je n'ai jamais dit que je n'étais que sophistiquitude et glamour non plus) que cette suite est bonne. Retrouver nos deux tourtereaux pas du tout roucoulants et les voir se débattre dans leurs sentiments et dans la vie m'a procuré un bonheur ineffable. J'ai tout aimé dans ce roman lu d'une traite: l'angoisse de Leo, qui écrit les plus belles choses du monde quand il est ivre et analyse ses sentiments avec plus ou moins de lucidité ("ressentir n'est pas tromper" écrit-il au détour d'un verre de Bordeaux, hum, cher Leo, permets-moi de douter un peu), la légèreté d'Emmi qui semble avoir profité des mois de silence et d'éloignement pour mettre ses sentiments au clair (la façon dont elle mène le jeu est particulièrement fine), l'humour et la profondeur de leurs échanges, la sincérité de leurs sentiments (j'ai pleuré dans le métro, je suis fol-le) (mais comme tout le monde le sait, no harm done), les réflexions sur l'amour et la maturité, les tops des hommes peu sexy ("Ils détiennent la première place sur ma table d'Eros: les fans de Formule 1, les passionnés de salons du tourisme, les hommes à sandales, ceux qui fréquentent les kiosques à bière, et les hommes vexés!") (j'ai du coup moi aussi fait ma liste, évidemment, comment résister?), les réactions d'Emmi à une certaine révélation (ah la la, le mail qu'elle lui envoie après m'a déchiré le cœur), l'analyse sous-jacente des relations épistolaires ("et avec les mails, on passe aussi ensemble le temps qui sépare deux messages"), j'ai même aimé la fin, que d'aucunes ont trouvé trop prévisible (mais je suis un petit cœur tout mou comme chacun le sait). Un roman qui donne envie de tomber amoureux, de manger italien, de porter l'autre au creux de sa main et de se laisser emporter par la septième vague, chers happy few. A lire, à relire, à chérir.
   
   
   Titre original : Alle sieben wellen
   
   
   * Oh My Gosh!
    ↓

critique par Fashion




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Suite... et fin?
Note :

   Après le phénoménal succès de "Quand souffle le vent du nord" que nous avions adoré, Daniel Glattauer remet cela avec " La septième vague". Il est souvent périlleux et hasardeux de surfer sur un premier succès pour publier une suite capable de conserver la fraicheur, le caractère propres à lui conférer une légitimité. C’est pourtant indéniablement le cas avec ce deuxième et, sans doute, dernier tome de notre saga amoureuse virtuelle.
   
   Nous avions quitté Leo et Emmi au moment où Leo, pour se sortir du piège d’un amour par courriel devenu intrusif et destructeur parce que ne menant nulle part, s’enfuyait à Boston pour y enseigner.
   
   Le voici de retour, un peu plus de neuf mois plus tard dans son Allemagne natale. A peine débarqué et parce qu’elle a remarqué la lumière dans son appartement, Emmi renoue le contact et le dialogue reprend presque instantanément avec la même intensité, la même communion d’esprit entre nos deux amants virtuels.
   
   Toutefois, Leo a mûri et surtout il a rencontré Pamela avec qui il planifie de faire sa vie. Alors, Emmi va devoir abattre ses cartes, prendre des risques, faire des ouvertures pour tenter de conserver son avantage et de faire comprendre à Leo qu’ils sont définitivement faits l’un pour l’autre.
   
   Le ton y est du coup moins léger, moins spirituel que dans le premier tome. C’est aussi parce que les personnages sont plus vrais, leurs sentiments plus terre-à-terre, leur vie plus ancrée dans le réel, moins dans la fantasmagorie. Prenant le risque de se rencontrer physiquement, de se revoir, ils acceptent tout ce que la confrontation au réel peut comporter de risque. Ils se mettent en situation de ce fait d’être emportés par cette septième vague, a priori identique à celles qui l’ont précédée mais qui par sa force sournoise balaiera tout sur son passage et portera ce dont elle se sera emparée très loin au large, vers les zones inconnues et potentiellement pleines de danger.
   
   C’est cette décomposition inéluctable que mettent en évidence ces nouveaux courriels avec un sentiment d’urgence et de vérité que ne comportait pas le roman précédent. En conséquence, le livre tient en soi, trouve une existence propre et complémentaire tant au plan stylistique que psychologique du tome qui l’a précédé d’un an. On y prend un réel plaisir, différent, mais toujours aussi grand. Bravo pour ce doublé éblouissant!

critique par Cetalir




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