Lecture / Ecriture
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Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part de Anna Gavalda

Anna Gavalda
  Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part
  Ensemble, c'est tout
  L'échappée belle
  La vie en mieux
  Fendre l’armure

Anna Gavalda est un auteur français né en 1970.

Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part - Anna Gavalda

Il faut bien du talent pour faire pleurer Orphée en do majeur
Note :

   Un des fondements des musiques baroques et classiques est le principe qui consiste à associer un "affect" (une émotion ou un mélange d'émotions: joie, mélancolie, profonde tristesse...) à une tonalité bien précise. Il s'agit là d'un véritable langage codé dont les plus grands compositeurs - Bach, Mozart, Gluck- maîtrisaient toutes les subtilités.
   
   Quel rapport avec Anna Gavalda et les nouvelles de "Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part", me direz-vous. Et bien, il me semble qu'Anna Gavalda écrit systématiquement en "do majeur". Ce qui n'est pas un problème en soi. A en croire Georges Bizet, "On peut encore écrire de très belles choses en do majeur", et j'en vois pour preuve son unique symphonie. Et cette tonalité de "do majeur" convient en effet très bien pour certaines des nouvelles de "Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part", je pense à "Permission" ou à "Clic-clac" et peut-être à "Ambre" (mais dans ce dernier cas, j'ai déjà un doute). Mais le "hic", c'est qu'Anna Gavalda écrit encore en "do majeur" quand, de toute évidence, il aurait fallu recourir à une autre tonalité... et le résultat sonne terriblement faux (surtout dans "I.I.G." ou "Le fait du jour"). Et puis, une suite de douze nouvelles dans la seule tonalité de "do majeur", c'est un peu monotone, si bien que les nouvelles pour lesquelles le choix de la tonalité ("Junior", "Petites pratiques germanopratines") pourrait paraître accessoire s'en trouvent aussi déforcées...
   
   Et le titre de ma critique? Une référence à l'"Orphée et Eurydice" de Gluck et au célèbre aria d'Orphée "Che faro senza Euridice" ("J'ai perdu mon Eurydice" dans la version française), l'aria où Orphée pleure son Eurydice perdue définitivement cette fois parce qu'il n'a pas pu résister à la tentation de se retourner vers elle sur le chemin qui les ramenait des enfers vers le monde des vivants, une lamentation écrite en "do majeur"... Mais voilà, Christoph Willibald Gluck possède - au moment où il écrit cet air - une maîtrise technique et dramatique de son métier de compositeur et de toutes les subtilités du choix des tonalités, qu'Anna Gavalda est à mon avis loin d'égaler dans ses nouvelles...
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critique par Fée Carabine




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Plouf !
Note :

   Amis lecteurs,
   
   Aujourd’hui je suis de fort mauvaise humeur… bien sûr, vous n’y êtes pour rien mais je ne me suis pas encore remise de mes émotions. Croyez-le ou non, mon ordi fait des siennes et, animé d’une volonté propre, il a catégoriquement refusé de publier la note présente… qui voit le jour uniquement parce que j’ai solidement ligoté mon ordi qui, désormais impuissant, assiste en ce moment même à la rédaction du billet le plus douloureux qu’il ait jamais publié.
   
   Pourquoi autant de rébellion, me direz-vous ? Quel livre insipide a bien pu susciter pareil outrage chez un ordinateur habituellement si obéissant ? Ne laissons plus le suspense planer, amis lecteurs, et révélons maintenant le titre qui fait l’objet d’un tel courroux : " Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part ", d’Anna Gavalda.
   
   A vrai dire, je suis d’accord avec mon ordi sur un point : il n’y a pas grand-chose à dire ou du moins, lui et moi n’avons pas été particulièrement inspirés par l’ouvrage en question. Je ferai donc vite.
   
   Je suis laborieusement parvenue à la page 58 avant de décider d’abandonner ce livre absolument assommant. J’ai bien tenté de feuilleter la suite… sans succès. Au passage, c’est bien la première fois que j’abandonne un livre définitivement depuis que j’ai mon blog. Les histoires sont d’une banalité affligeante, les personnages pour l’essentiel inintéressants, le tout arrosé par un style inexistant et un langage familier exaspérant. Ennui mortel, niveau roman de gare dans ses mauvais jours… assurément une perte de temps !
   
   Bon. Vous l’aurez remarqué, la sorcière Lou a sorti ses griffes et crache sa bile rancunière sur ce pauvre blog qui, comme vous, n’avait rien demandé ! Alors, parce qu’Anna Gavalda semble être quelqu’un de sympathique et qu’elle compte beaucoup de lecteurs admiratifs, je me sens obligée de tempérer cet avis explosif.
   
   Si je ne pense plus jamais ouvrir un livre de Gavalda, cet auteur a incontestablement le mérite d’écrire des scènes et de camper des personnages parfaitement appropriés à un court-métrage. Je ne suis pas étonnée de savoir qu’ " Ensemble c’est tout " a été adapté au cinéma (film gentillet et sympathique à mon avis) : les textes courts et les dialogues s’approchant plus du script que de la littérature s’y prêtent parfaitement et, pour le coup, pourrait faire de bons films ! Car au fond, Anna Gavalda est capable de raconter simplement l’histoire banale de personnages foncièrement crédibles. Attention aux livres donc, mais à quand un passage derrière la caméra ?
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critique par Lou




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12 nouvelles
Note :

   Ce recueil de nouvelles signait l’arrivée d’Anna Gavalda dans le monde de l’édition avec fracas. Un peu comme Philippe Delerm en son temps. Depuis, elle a eu beaucoup de succès. Elle est considérée comme auteur à succès et à ce titre facilement vilipendée. A tout le moins exposée. Si ce recueil n’aura probablement pas la carrière et la longévité des oeuvres de Proust, il est loin d’avoir l’indignité dont certains l’accablent.
   
   Les douze nouvelles ne sont pas d’un égal niveau. Certaines plutôt insipides, d’autres laissent une trace profonde.
   
   C’est notamment le cas de «Junior», une histoire … à la fois abracadabrante et toute plausible. Je m’en souvenais d’une lecture d’il y a plusieurs années sans pouvoir dire d’où elle sortait. Eh bien elle sortait de «Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part». Et cette nouvelle vous a un goût profond à la fois pleine de drôlerie et désespérante - juste malgré tout. - qui en dit plus qu’elle ne semble dans un premier abord. C’est l’histoire improbable d’un gosse de riche, inconscient des choses de la vie et sans consistance, qui est conduit à franchir de petits interdits progressivement et qui en arrive à commettre «l’acte sacrilège suprême» ; démolir la voiture de son père, symbole de puissance par excellence. Et la démolir dans de telles circonstances inénarrables que cette nouvelle m’était restée en tête. Et ce qui pourrait bien être la marque d’Anna Gavalda en fait. De gros symboles et de vraies questions derrière de petits faits anodins.
   
   De même la nouvelle d’où émane le titre du recueil vous a un petit côté poignant et d’amertume d’une grande justesse.
   
   L’écriture à proprement parler ne laisse pas une impression folle, c’est direct, court. C’est le fond qui présente plus d’intérêt et la vision des choses d’Anna Gavalda ; les grands problèmes par le petit bout de la lorgnette. Des choses pourtant dans l’ensemble plutôt banales, ordinaires mais dont Anna Gavalda fait grand profit. Quand cependant la «mayonnaise» ne prend pas, que le tout reste banal – et pour certaines d’entre de ces nouvelles, c’est le cas – alors évidemment …

critique par Tistou




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