Lecture / Ecriture
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Scintillation de John Burnside

John Burnside
  Une vie nulle part
  Les empreintes du diable
  La Maison muette
  Scintillation
  Un mensonge sur mon père
  L'été des noyés

John Burnside est un écrivain écossais né en 1955 à Dunfermline.

Scintillation - John Burnside

Excessivement noir
Note :

   Rentrée littéraire 2011
   
   
   "Dans un paysage dominé par une usine chimique abandonnée, au milieu de bois empoisonnés, l'Intraville, aux immeubles hantés de bandes d’enfants sauvages, aux adultes malades ou lâches, est devenue un modèle d’enfer contemporain.
   Année après année, dans l’indifférence générale, des écoliers disparaissent près de la vieille usine. Ils sont considérés par la police comme des fugueurs. Leonard et ses amis vivent là dans un état de terreur latente et de fascination pour la violence. Pourtant Leonard déclare que, si on veut rester en vie, ce qui est difficile dans l'Intraville, il faut aimer quelque chose. Il est plein d’espoir et de passion, il aime les livres et les filles." (4ème de couverture)

   
   
   Livre très étonnant, qui balance entre un thriller, un roman noir, un roman racontant la vie désœuvrée d'adolescents mal dans leurs peaux et vivant dans un environnement particulièrement désagréable et un roman initiatique. L'usine est là, présente. Même désactivée, elle rythme la vie, le quotidien des gens; les jeunes s'y retrouvent pour discuter, fumer, sniffer de la colle, boire et tout ce que vous pouvez imaginer. "On l'appelle l'usine chimique, parce qu'elle n'a jamais eu d'autre nom, même le terrain sur lequel elle se dresse n'est presque jamais nommé, une étendue de nulle part que les gens appellent parfois la presqu'île, bien que les adultes en parlent rarement, et quand ça leur arrive ils se contentent en général d'y faire allusion en disant là-bas." (p.77)
    Le gang local est lui aussi décrit, archétype du clan dans lequel il faut vouloir et pouvoir entrer. Seuls les jeunes sont en vie, leurs parents sont soit malades, soit totalement abrutis par le travail, la télévision. Et eux, bien sûr rêvent d'une vie meilleure, ne veulent pas faire la même chose que leurs parents qu'ils méprisent et haïssent. Dans ce monde excessivement noir, cinq garçons disparaissent sans que l'on sache qui les enlève et les tue et surtout pourquoi: "Cinq garçons de l'Intraville, un endroit dont tout le monde se fout, une ville polluée, décolorée, tout au bout d'une péninsule dont la plupart des gens ignorent (sic) l'existence sur les cartes. Cinq garçons: Mark Wilkinson, William Ash, Alex Slocombe, Stewart Riva..." (p.83)
   
   L'écriture de John Burnside est très belle -je l'avais déjà beaucoup aimée dans "Un mensonge sur mon père". Parfois, il se perd, où plutôt, je me suis perdu, dans des considérations, des digressions qui ont peu de rapport avec l'histoire. Parfois elles m'ont intéressé, parfois moins, alors, dans ce dernier cas, j'ai passé quelques paragraphes, sans scrupules.
   
   L'écriture est souvent crue, directe: elle décrit des gens pas bien du tout, parfois avec humour: "Quand John est arrivé à la bibliothèque, j'étais presque à court de trucs à lire, l'étape juste avant les sniffs de colle et la délinquance juvénile. Ou, pire encore, les mémoires de célébrités." (p101/102)
   
   Beaucoup de considérations philosophiques en lien avec la religion souvent, ce qui fait de ce livre un roman atypique:
   "Son père souffrait trop. Ce qui est une drôle de tournure, à bien y réfléchir, parce que, s'il est possible de souffrir trop, ça signifie qu'on pourrait souffrir juste assez, ou trop peu. Quoique, en fait, quand on y pense, c'est sans doute exactement ça. Il est sûrement possible de souffrir trop peu. On peut sûrement être condamné à souffrir juste assez." (p.174/175)

   Ou encore : "Quelqu'un comme Morrison ne peut avoir une âme à lui, car l'âme est intrinsèquement bonne, intrinsèquement propre, un bien emprunté à Dieu et à tous Ses anges, qui devra être restituée un jour, nacré, propre, intact. Cette idée met Morrison en colère et il a envie de dire à cet homme, ce garçon, qu'il se trompe, que l'âme est humide et sombre, une créature qui élit domicile dans le corps humain tel un parasite et s'en nourrit, une créature avide d'expérience et de pouvoir, possédée d'une joie inhumaine, qui n'a que faire de son hôte mais vit, comme elle doit vivre, dans une perpétuelle nostalgie défigurée." (p.263)
   
   Livre profond, qui, selon Irvine Welsh -écrivain écossais (comme J. Burnside) qui m'est totalement inconnu, mais son avis est sur la quatrième de couverture- "va au-delà d'une histoire déconcertante et troublante pour éclairer les possibilités infinies du roman." Bien vu! Bien dit! Je n'eus point dit mieux!
   
   Roman excessivement noir, sombre et angoissant dont il est difficile de sortir tellement l'ambiance décrite est pesante et prenante. Vous qui n'aimez que les romans légers, passez votre chemin; vous qui aimez les romans denses que vous n'oublierez pas de sitôt, arrêtez-vous un instant sur celui-ci!
   
   
    Prix Lire & Virgin Megastore 2011
   ↓

critique par Yv




* * *



Secouant !
Note :

   "Dans un paysage dominé par une usine chimique abandonnée, au milieu des bois empoisonnés, l'Intraville, aux immeubles hantés de bandes d'enfants sauvages, aux adultes malades et lâches, est devenue un modèle d'enfer contemporain. Année après année, dans l'indifférence générale, des écoliers disparaissent près de la vieille usine. Ils sont considérés par la police comme des fugueurs.
   Léonard et ses amis vivent là dans un état de terreur latente et de fascination pour la violence. Pourtant Léonard déclare que, si on veut rester en vie, ce qui est difficile dans l'Intraville, il faut aimer quelque chose. Il est plein d'espoir et de passion, il aime les livres et les filles". (4e de couverture)

   
   Le décor est planté. Une zone contaminée, oubliée de tous, une presqu'île où domine le squelette de l'usine désaffectée où vont rôder les bandes du coin. Si j'ai cru d'abord être embarquée dans un thriller, l'histoire prend ensuite des directions différentes, obligeant le lecteur à s'adapter à une nouvelle vue de la situation. Au final, je ne sais pas très bien ce que j'ai lu, si ce n'est que c'est une histoire fascinante, racontée à plusieurs voix.
   
   La plus attachante est sans conteste celle de Léonard, jeune garçon de quatorze ans, vivant seul avec son père dont il s'occupe. Comme tant d'autres sur la presqu'île, celui-ci est atteint d'une maladie inconnue dont l'issue est toujours la même. Léonard passe son temps à traîner dans l'ancienne usine, en explorant les moindres recoins.
   "En fait, je sais que tout le monde dit qu'elle est dangereuse, qu'elle nous rend tous malades, qu'on aurait dû la raser il y a des années et nettoyer tout l'est de la péninsule au lieu de la laisser pourrir sur place - et tout çà c'est vrai, je sais, mais il faut quand même admettre que c'est beau."

   
   Personne n'a la force ou même l'envie de quitter l'Intraville. Les jeunes rêvent à un ailleurs qu'ils ont peine à imaginer. Pourtant, pas loin d'eux il y a l'Extraville où vivent tranquillement les nantis, ceux qui couvrent les disparitions, avec la complicité tacite de Morrison, le flic corrompu.
   
   Tout cela est bien sombre me direz-vous. Oui, mais l'auteur est poète avant d'être romancier et l'écriture est splendide, les personnages remarquablement construits et il y a de nombreuses digressions qui font réfléchir longtemps après que le livre soit refermé. Une zone empoisonnée et ignorée, des pauvres qui y sont cantonnés sans alternative, des riches qui continuent à s'enrichir, voilà qui résonne très fort dans le monde actuel.
   
   Et puis Léonard est un passionné de lectures, il fait souvent référence à ses auteurs tout comme à ses films préférés, ce qui allège et enrichit l'histoire et nous fait retrouver quelques repères familiers dans cet univers très angoissant.
   "J'avais lu La Promenade au phare de Virginia Woolf, le seul titre de cet auteur qu'ils avaient réussi à acheter. Il ne s'y passait pas grand-chose, mais sa façon de voir me plaisait bien, et j'aurais aimé lire d'autres trucs d'elle. Cà m'aurait fait plaisir de connaître son opinion sur l'Intraville: çà aurait fait un bouquin incroyable. Après avoir lu Nostromo, Au cœur des ténèbres et Lord Jim, j'essayais d'imaginer quel effet çà pouvait faire d'avoir Joseph Conrad comme copain, ou peut-être comme oncle, quand on était gamin. J'avais lu Gatsby le magnifique de Francis Scott Fitzgerald et j'avais presque pleuré à la fin, à peu près au moment où le père de Gatsby se pointe. J'avais lu L'adieu aux armes de ce foutu Hemingway et je m'étais demandé pourquoi personne n'avait jamais acheté de dictionnaire à ce mec".
   
   J'ai été moins convaincue par l'aspect mystico-spirituel-new-âge ou autre qui baigne certains passages, ce n'est pas bien grave, tout le reste est très prenant et justifie largement la lecture. Ce ne serait pas charitable de dévoiler les développements de l'histoire, qui nous emmènent souvent là où nous ne pensions pas aller et l'auteur est assez habile pour nous laisser libres de notre interprétation.
   
   Un roman secouant, dans le sens positif du terme.
    ↓

critique par Aifelle




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Je rêvais d’un autre monde…
Note :

   L’Intraville est un endroit dont personne ne se préoccupe, une ville polluée par l’usine chimique désertée, un endroit où trainent des hordes d’enfants désœuvrés et fascinés par la violence. Y disparaissent dans l’indifférence générale de jeunes garçons d’une quinzaine d’années. Léonard, qui vit seul avec son père malade, était l’ami de Liam, l’un des disparus. La version officielle conclut à des fugues… Car tout le monde se moque bien de savoir ce qu’il se passe dans l’Intraville et les familles elle-même, au bout d’un moment, se résolvent à accepter ces disparitions énigmatiques.
   
   Pourtant l’un des jeunes garçons est retrouvé par Morrison, pendu à un arbre. Morrison, flic de son état, se garde bien d’ébruiter cette découverte ou du moins la confie, mais pas forcément à la bonne personne….
   
   Dans ce monde apocalyptique, l’usine est le seul vestige d’un monde autrefois vivant, d’un endroit qui était le gagne pain de la population et qui ne représente maintenant plus qu’un lieu au cœur de tous les dangers, où certains se retrouvent et d’autres se perdent, seul vestige du temps passé, d’un temps peut-être heureux?...
   
   Ce roman, aussi noir que le paysage qu’il décrit, est superbement écrit. Il nous entraine dans un récit difficile à lâcher, qui surfe avec la science fiction tout en se référant au monde d’aujourd’hui, nous invitant à nous interroger sur cet univers dont l’oxygène pourrait bien être la littérature. Car pour avoir le désir de vivre, encore faut il aimer quelque chose, est persuadé Léonard qui aime plus que tous les livres. Et il s’adonne à cette passion en fréquentant assidument la bibliothèque.
   
   Un grand moment de lecture qui donne envie de se plonger dans l’univers de cet auteur que je viens de découvrir. Il regorge de tant de passages somptueux qu’il faudrait plusieurs pages pour les citer! Le mieux est donc encore de découvrir ce livre, certes sombre mais grandiose!
   
   Un Prix Lire et Virgin Megastore 2011 amplement mérité!
    ↓

critique par Éléonore W.




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Points de vue glaçants
Note :

   Les points de vue successifs utilisés par Burnside constituent la richesse de ce récit. Il réussit à nous placer du côté le plus riche de la narration à chaque partie du texte. Talentueusement.
   
   D’abord nous suivons le flic peu consciencieux Morrison, qui, en ne remplissant pas sa mission de protection, nous donne à voir une société en perdition. Une ville à l’abandon, post-industrielle, perdue sur une presqu’île. Une sorte de fin fond d’un monde. Un monde de l’argent de quelques rois et de la pauvreté intellectuelle. Un monde où apprendre la disparition d’un adolescent serait à la limite acceptable.
   « Les professeurs, pour la plupart, savaient bien que ça n’auraient eu aucun effet, de toute façon. Comme bien souvent, le comportement de l’enfant n’était qu’un symptôme par trop flagrant de l’indifférence parentale.» P 46
   
   Puis vient le je narrateur d’un adolescent un peu différent, Léonard, abandonné par sa mère, ayant la charge d’un père malade. Lui ne ressemble pas à tous les autres parce qu’il aime lire. Lui, le muni d’une conscience, ne s’avère pas médiocre comme la masse. S’intéresse aux choses dignes d’intérêt, aux gens capables de réflexion mais aussi, âge oblige, aux filles. Malgré ce, il subit la masse et se laisse, de rares fois, embarquer, à son esprit défendant, par une bande au désœuvrement violent. Certainement parce que la fille du groupe lui plait…
   « Il m’arrive de tomber sur d’autres de temps en temps, et je sens alors quelque chose se rompre, pas seulement dans mon esprit, mais dans le leur aussi: la sensation de faire partie du silence, d’être hors du temps et, plus difficile à exprimer par des mots, impossible à transmettre à quelqu’un, un sentiment de déférence vis-à-vis de l’endroit, que ce soit pour les touffes de fleurs et d’herbes sauvages qui poussent au milieu des débris de verres et de gravats, ou pour le calme qui peut régner là les après-midi d’été- un tel calme qu’on dirait qu’il n’est jamais rien arrivé, ni là ni ailleurs, où que ce soit. Un tel calme qu’on dirait que nul n’a jamais existé et que le temps est sur le point de commencer.» P 82

   
   L’ambiance est prenante, sombre, admirablement restituée. De nouveaux points de vue nous obligent à la proximité d’une violence sourde et gratuite. A priori, peu joyeux, le livre nous berce de sa poésie noire. Je ne sais plus comment dire. C’était prenant.
    ↓

critique par OB1




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L'Intraville
Note :

   Sur une presqu'île, une ancienne usine chimique, une forêt empoisonnée, une ville où les gens meurent à petit feu et où des adolescents disparaissent sans que personne n'interroge la version officielle. Sauf Léonard, quinze ans qui n'y croit pas et dont l'existence partagée entre baise et littérature va prendre un tournant radical.
   
   Difficile de résister quand la rumeur parle d'un roman "totalement envoûtant"... et bien il ne reste plus qu'à céder.
   
   Sans aucun regret d'ailleurs vu la force de ce texte, sa noirceur sans concession, son humour glaçant. C'est que l'Intraville est un endroit empoisonné, une terre morte sur laquelle des hommes et des femmes agonisent à petit feu, abrutis par la télévision et ces maladies étranges qui se déclarent parmi la population, maintenus sous la coupe de ceux de l'Extraville, les riches, les puissants dont l'intérêt n'est certes pas que les choses changent. Pourtant ce n'est pas l'intelligence qui manque dans l'Intraville. Il y a Léonard par exemple, et les autres, chacun à leur manière. Mais il faut de la force pour en pas sombrer dans la violence ou la déraison, ne pas vivre comme un fantôme ou disparaître sans laisser de traces.
   
   Roman politique, "Scintillation" l'est à sa manière quand il parle des relations de domination, de la corruption, de la nature empoisonnée au sein de laquelle prolifèrent des monstres. L'Intraville est un de ces mouroirs dont on entend parfois parler au gré des scandales écologiques qui émaillent l'actualité: un monde pourri où l'exaltation du progrès a été remplacée par la pauvreté, la déliquescence, la violence ou l'abrutissement si tant est que l'un ne suive pas l'autre de près. On voit des adultes qui ont depuis longtemps perdu leur âme, la petite flamme qui les animait jeunes. On voit des adolescents qui tentent de vivre le plus intensément possible puisque le destin de ceux de l'Intraville est de mourir jeune. C'est poisseux, dérangeant, désespérant, et pourtant par moment d'une grande beauté, comme l'usine abandonnée, comme la nature telle que la voit et la décrit Léonard, drôle et amer à l'image du regard que porte Léonard sur le monde qui l'entoure.
   
   "Scintillation", ce sont aussi des pages merveilleuses sur les livres. Un pas de côté qui petit à petit brouille les frontières entre le réel et un monde dont on ne sait pas s'il est celui de la folie, de la drogue ou autre chose dans quoi se perd Léonard. Un beau personnage d'ailleurs, magnifique adolescent en révolte, bouillonnant des possibles d'un avenir qui lui est refusé et prêt à tout pour vivre, se sortir de ce marasme, lutter contre l'inéluctable puisque l'occasion lui en est donnée.
   
   Bref, incontestablement une de mes plus belles lectures de l'année.
    ↓

critique par Chiffonnette




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Des fleurs dans les ordures
Note :

    Plaisir de lecture. Je publie avec un peu de retard, mais emballé que j'avais été par trois autres romans de cet écrivain écossais j'ai un peu moins adhéré au propos, notamment dans le premier tiers. Pourtant à l'évidence la prose de Burnside est exceptionnelle bien que souvent brutale et inhospitalière. Dans cette Intraville, amalgame de décharge sauvage et de friche industrielle qui fait penser à une côte soviétique aux plus belles années de la pollution littorale et sous-marine, j'ai songé à ma chère Suzanne de Leonard Cohen qui nous montre où regarder "parmi les ordures et les fleurs, she shows you where to look, among the garbage and the flowers". Drolatique, Leonard est aussi le nom de l'ado, principal personnage de cette étrange et mortelle histoire. Peut-être la photo de couv. vous met-elle mal à l'aise, c'est normal et ce n'est pas de lire ce roman qui va arranger ça.
   
    Dans ce contexte déjà pas gai disparaissent plusieurs jeunes garçons. Il fait vous dire que l'Intraville est une entité bien mystérieuse et que de l'Extraville voisine on ne saura pas grand chose. "Une vie nulle part" était déjà un titre de John Burnside, remarquable mais tout cela sonne quand même inquiétant. Vous vous inquiétez, vous avez raison. Leonard n'est pas un parangon de vertu, ses fréquentations sont douteuses et si d'autres moins présents tirent les ficelles, il porte sa part de culpabilité. La fascination pour la violence est dans ce roman assez insoutenable, tout cela soutenu par une belle écriture aux méandres complexes et qui, au moins, nous épargne démagogie et simplisme. Mais quelle épreuve avec ce Leonard qui m'est tout de même resté étranger, heureusement peut-être, alors que j'avais ressenti une osmose bien plus forte dans "Un mensonge sur mon père" et plus encore "Une vie nulle part".
   
    Deux mystères au moins dans "Scintillation". Comment ce livre peut-il avoir cette grâce d'écriture splendide et intempestive dans un environnement qu'évoque si bien la couverture aux oiseaux morts? La scintillation-attraction-répulsion est extraordinairement bien rendue. La seconde énigme concerne la fin du livre, le basculement du livre dans le fantastique m'ayant depuis longtemps contraint à laisser au vestiaire mon rationalisme, acceptant, avec un peu de difficultés au début, ce voyage dans l'univers burnsidien, déjà quel patronyme infernal et marginal, brûler, côté.
   
    Persistant, je conseillerais plutôt "Une vie nulle part", bien plus proche de moi et du coup, il me semble, de vous qui vous intéressez à cet Ecossais aussi poète. Mais méfiez-vous de la lande de là-bas, on n'y a pas toujours un Sherlock Holmes à Baskerville pour résoudre la question.

critique par Eeguab




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