Lecture / Ecriture
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Sommeil de Haruki Murakami

Haruki Murakami
  Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil
  Les amants du spoutnik
  La course au mouton sauvage
  La fin des temps
  Chroniques de l'oiseau à ressort
  Kafka sur le rivage
  Le passage de la nuit
  La ballade de l'impossible
  Danse, danse, danse.
  L'éléphant s'évapore
  Autoportrait de l’auteur en coureur de fond
  Saules aveugles, femme endormie
  Après le tremblement de terre
  Sommeil
  1Q84 - Livre 1 - Avril -Juin
  1Q84 - Livre 2 - Juillet-septembre
  1Q84 - Livre 3 – Octobre-Décembre
  Underground
  L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage
  L’étrange bibliothèque
  Des hommes sans femmes

AUTEUR DU MOIS D'OCTOBRE 2005

Haruki Murakami est né au Japon en 1949. Il y a grandi et y a mené ses études jusqu'en 1974. A cet âge il se lance dans la vie active et gagne sa vie en faisant des traductions d'auteurs américains et en tenant un bar de jazz à Tokyo. Parallèlement, il écrit. C'est tout de suite le succès. Le talent de Murakami est reconnu et il obtient de nombreuses distinctions et prix littéraires.


Haruki Murakami se rendra ensuite aux Etats Unis où ils séjournera plusieurs années.
Revenu actuellement au Japon, il poursuit l'écriture de ses romans.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Sommeil - Haruki Murakami

Money maker
Note :

   On vous vend là fort cher une nouvelle que vous auriez pour 2 sous avec toutes ces sœurs si vous vous procuriez plutôt le recueil de nouvelles "L'éléphant s'évapore". Faites donc ça.
   
   Oui, me direz-vous peut-être, mais c'est qu'il s'agit là d'"une édition luxueuse, superbement illustrée pour restituer tout le mystère, la magie, la fantaisie de l'univers du maître" N'exagérons rien! M'empressé-je de vous répondre. L'édition luxueuse etc. c'est l'éditeur et vendeur qui vous le dit. Certes, le papier est très épais (ce qui est toujours préférable quand on veut faire passer moins de 40 feuilles pour un livre), mais justement pour moi les mots "édition luxueuse" évoquent plutôt l'infinie finesse du papier bible que le carton. Quant au côté "superbement illustré", le visage de la couverture de l'édition Belfond que je mets ici vous en donne une idée. Malgré son côté répétitif, le meilleur dessin est sans doute celui du sphinx (papillon) qui est repris en couverture pour le tirage format poche (preuve que je ne suis pas la seule à le penser). Les autres illustrations n'ont hélas pas cette finesse et pour ma part, je ne les ai pas appréciées. Du tout. Cela me gène de dénigrer comme cela le travail de l'artiste mais ils m'ont gênée plutôt. Je les ai trouvés "encombrants". J'aurais préféré ne pas les avoir dans mes pattes pages quand je lisais.
   
   Bref. Revenons-en au texte lui-même et pour ce faire, reprenons à nouveau notre malheureuse quatrième de couverture."Envoûtante, onirique, mystérieuse, une des nouvelles les plus énigmatiques de Haruki Murakami". Alors, qualifier d'onirique un texte qui parle principalement de la nuit, d'un rêve et du sommeil, texte de Murakami de plus, vous aurez compris que c'est de l'humour. Volontaire ou non, d'ailleurs, comme pour le sphinx au sujet duquel je ne vous ai pas tout dit. Quant à être énigmatique, c'est en effet l'impression que cette nouvelle donne, mais ce n'est pas ce qu'elle est. Quand vous arrivez au bout de votre lecture et que vous tournez la dernière page, vous vous sentez terriblement frustré et vous en voulez à Murakami de vous avoir livré cette histoire en cul de sac qui n'apporte rien. Et à ce moment là, si vous voulez quand même faire un commentaire flatteur, vous dites que cette nouvelle est "une des plus énigmatiques". Et dans le cas contraire, vous enragez en marmonnant dans votre barbe des commentaires désobligeants sur l'auteur et le travail mal fait. (Sauf si vous faites partie des lecteurs qui trouvent normal de ne pas comprendre, là, c'est un autre problème.)
   
   Une fois que vous avez laissé passer la vague de frustration, si vous prenez le temps de songer à nouveau à cette histoire sans queue ni tête, à ses impossibilités, si vous visualisez la dernière page et la rapprochez du titre... vous éprouvez soudain une intense satisfaction, un délice de gourmet comblé, car tout se met en place et rien, absolument, n'est plus dénué de sens et l'histoire ne se termine plus en cul de sac incompréhensible. Elle est au contraire complète et parfaite. Une jubilation! Un régal.
   
   Bien sûr, je n'en dirai pas plus car je pense que cela tuerait le plaisir.
   
   Bilan: A lire! mais pas forcément dans cette édition trop onéreuse même en format poche.
   Ma note partage l'écrivain et l'illustrateur. Pour le texte seul j'aurais mis 5 étoiles.
   
   
   Titre original: 眠り nemuri 
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critique par Sibylline




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Double lecture
Note :

   Une jeune femme de trente ans, mariée et mère d’un petit garçon, se trouve brutalement, à la suite d’un cauchemar, dans l’impossibilité totale de dormir. Il ne s’agit pas d’une insomnie : la jeune femme n’a tout simplement plus besoin de sommeil.
   
   Elle profite de ces longues heures de solitude nocturne pour relire plusieurs fois de suite Anna Karénine, pour boire du cognac, et pour manger des grandes quantités de chocolat – toutes choses qu’elle n’avait plus faites depuis sa jeunesse, avant son mariage.
   Parallèlement, elle s’aperçoit de tout ce qu’il y a de mécanique et de répétitif dans sa vie de femme au foyer, son désir pour son mari disparaît, son amour pour son fils s’émousse.
   L’absence de sommeil est donc, à proprement parler, un éveil de l’esprit, une prise de conscience.
   
   Cette longue nouvelle, présentée en quatrième de couverture comme “une des plus énigmatiques de Haruki Murakami” m’a semblé au contraire assez prosaïque et même banale dans sa thématique : rien de très original à montrer une femme au foyer lasse de son train-train quotidien, nostalgique de sa jeunesse et aspirant à découvrir “la vraie vie”.
   La seule chose véritablement énigmatique de cette nouvelle est sa fin en queue de poisson, qui permet deux interprétations possibles du texte, et qui lui donne de la profondeur.
   
   J’ai apprécié les illustrations de la dessinatrice Kat Menschik, déroutantes de prime abord, mais l’harmonie blanche, noire et argent est très réussie et j’ai aimé qu’elles rajoutent une atmosphère plus fantastique au livre.

critique par Etcetera




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