Lecture / Ecriture
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Dès 10 ans: Papa-Longues-Jambes de Jean Webster

Jean Webster
  Dès 10 ans: Papa-Longues-Jambes

Jean Webster est née en 1876 aux Etats-Unis. Elle s'est mariée à l'âge de 39 ans et est décédée un an plus tard, après la naissance de sa fille. Elle était la nièce de Mark Twain.

Dès 10 ans: Papa-Longues-Jambes - Jean Webster

Dans ma bibliothèque idéale
Note :

   Amis lecteurs,
   Vous arrive-t-il de repenser aux livres qui ont bercé votre enfance? De songer à refaire un bout de chemin en compagnie de Tom, Josephine, Laura et autre amis secrets avec qui vous partagiez des aventures dont seuls eux et vous avez connaissance?
   Récemment, j'ai repensé à un de mes romans préférés de petite fille, "Papa-Longues-Jambes". J'ai dû le lire entre huit et onze ans. Il figurait dans mon coffre à trésors lorsque je passais des vacances à Paris, je l'avais même dans deux éditions différentes et j'ai dû le lire environ une fois par an à cette époque (je l'aimais autant que les "Quatre Filles du Docteur March", et ce n'est pas peu dire!).
   
   Je me souviens aussi d'un dessin-animé tiré de ce livre et diffusé au début des années 1990. Je revois l'ombre démesurée de Papa Longues Jambes, mais serais bien en peine d'en dire plus, si ce n'est que je raffolais de cette adaptation!
   
   Toujours est-il que lorsque mes projets de sortie un week-end ont été anéantis par une averse, j'ai commencé à lire quelques pages de ce roman. Pour être sincère, amis lecteurs, j'osais à peine le lire car je craignais une déception: et si ce merveilleux souvenir d'enfance n'était rien d'autre qu'une bluette, un roman plein de bons sentiments et ennuyeux à mourir?
   
   Car l'histoire pourrait a priori faire pleurer dans les chaumières: Judie, orpheline, travaille sans relâche au foyer John Grier à faire les lits de petits orphelins, les moucher, repriser leurs affaires, sans la moindre perspective d'avenir bien entendu. Alors qu'elle devient trop âgée pour rester à l'orphelinat, un mystérieux bienfaiteur décide de l'envoyer à l'université, séduit par une de ses compositions en anglais, un texte irrespectueux sur les membres bienfaiteurs du foyer. Une seule condition: lui envoyer une lettre une fois par mois. Se faisant appeler John Smith, son mystérieux sauveur ne s'engage en revanche à répondre à aucune de ses missives. S'ensuivent quatre années de correspondance à sens unique, jusqu'à l'obtention du diplôme.
   
   Pour mon plus grand bonheur, j'ai de nouveau dévoré ce roman épistolaire plein de fraîcheur. Judie est une jeune femme attachante qui ne manque pas d'humour: qu'il s'agisse de ses péripéties ou de son amour pour la littérature, qu'elle découvre alors, Judie sait communiquer son enthousiasme au lecteur. Au point que j'avais presque l'impression de partager son appartement avec les autres pensionnaires! Judie est aussi une femme éclairée, engagée, qui aimerait faire une bonne citoyenne dans un pays où, comme elle le déplore, les femmes ne peuvent pas encore voter. Elle me rappelle un peu Josephine March par son impertinence: dans ses lettres, elle se montre irrévérencieuse à l'égard des membres du foyer, et parfois impertinente à l'égard de ce Papa Longues Jambes si silencieux!
   
   A noter sa passion pour Stevenson, qu'elle dévore et qui correspond à un nouvel engouement chez moi qui viens de lire cinq textes de lui en peu de temps!
   
   Bref, vous l'aurez compris, cette douce lecture est une délicieuse friandise aux arômes délicats et assez riches pour séduire la lectrice formidablement vieillie que je suis (vingt ans séparent cette nouvelle lecture de ma découverte de Webster). Pour mon plus grand bonheur, j'ai découvert que ce livre avait une suite et d'autres frères et sœurs... voilà de belles heures en perspective pour moi!

critique par Lou




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