Lecture / Ecriture
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Mémoire assassine de Thomas H. Cook

Thomas H. Cook
  Les rues de feu
  Les Feuilles mortes
  Mémoire assassine
  La Preuve de sang
  Les leçons du mal
  Les liens du sang
  Au lieu-dit Noir-Étang…
  L'Etrange destin de Katherine Carr
  Le dernier message de Sandrine Madison
  Le crime de Julian Wells
  Sur les hauteurs du mont Crève-Coeur

Thomas H. Cook est un écrivain américain né en 1947.

Mémoire assassine - Thomas H. Cook

Nouveau format, nouvelle lecture
Note :

   Rentrée littéraire 2011
   
   
   "C'est à cet instant que la destruction de ma famille m'apparut dans toute son horreur. En une illusion étrange et cauchemardesque, je me vis traverser sans effort les murs du 417 McDonald Drive comme s'ils n'étaient que des décors de scène, tantôt épais, tantôt d'une transparence de rêve, si bien que, d'un simple coup d’œil, je pouvais voir au travers de toute la maison, voir la mort d'un jour à l’œuvre sous mes yeux dans ses moindres détails, tous plus macabres et plus précis les uns que les autres, comme je n'avais jamais été capable de l'imaginer jusqu'alors".
   
   Stevie a 9 ans quand son père tue sa mère, son frère Jamie et sa sœur Laura à coups de fusil. S'il échappe au massacre, c'est qu'il n'est pas rentré directement de l'école ce jour-là, mais s'est attardé à jouer chez un copain. Son père l'a attendu un certain temps en vain, puis s'est enfui. Il n'a jamais été retrouvé. D'abord recueilli par tante Edna, puis par son oncle Quentin, Stevie va refouler toute cette histoire, tourné seulement vers l'avenir. Il devient architecte sans trop de conviction, épouse Marie et a un fils Peter. Une vie tranquille, où l'irruption de Rebecca va faire ressurgir le passé et son énigme.
   
   Rebecca écrit un livre sur les hommes qui ont massacré leur famille. Elle tente de décortiquer quels sont les ressorts qui les font soudain passer à l'acte. Stevie va accepter de collaborer avec elle, ce qui l'oblige à se poser les questions qu'il a toujours occultées sur ce qu'était véritablement sa famille avant le drame.
   
   Comme si ce n'était pas une remise en cause suffisamment perturbante, Stevie rencontre Rebecca à l'insu de sa femme. Il n'avait pas l'intention de lui mentir, il ne lui en a pas parlé, c'est tout. Ce fait, au départ anodin, va entraîner des réactions en chaîne de plus en plus gênantes, jusqu'à pulvériser sa vie bien réglée de quadragénaire.
   
   Il n'y a pas de grands évènements dans ce roman, hormis le massacre initial, mais une subtile analyse psychologique de chaque personnage de la famille, dont le portrait est affiné au fil des entretiens avec Rebecca et de la remontée des souvenirs. La mère, fragile, léthargique, de plus en plus évanescente. Le père, énigmatique, sachant se faire obéir d'un seul regard, coincé dans une situation sclérosante et désireux d'en sortir. Jamie, le fils aîné, fermé, antipathique, désagréable. Et Laura, la sœur tant aimée de Stevie, pleine de vie et d'espoir, prête à réaliser les rêves avortés du père.
   
   Je n'en dis pas plus, c'est une lecture addictive, je tournais les pages, pressée d'en savoir plus. Le retournement final est scotchant. Il fait réfléchir sur tout ce que l'on peut élaborer sur ses parents, leur personnalité, ce que l'on croit en avoir hérité, les décisions qui en découlent, et une réalité radicalement différente. Juste un pas de côté et le regard change du tout au tout.
   
   Un roman noir très réussi.
   
   Un mot sur l'objet livre. C'est ma première lecture dans la collection Point2, qui se lit verticalement et a un vrai format poche. L'encombrement est minimal, idéal en voyage. La lecture est aisée, les caractères agréables, je n'ai eu aucun problème à m'habituer au mode de lecture vertical. Le point noir c'est le prix, 11 euros, pour un poche c'est cher.
    ↓

critique par Aifelle




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Petit mais (prix) costaud
Note :

   Le 19 novembre 1959, la famille de Steve a explosé. On a retrouvé morts assassinés sa mère son frère et sa sœur aînés dans leur cottage du Connecticut. Leur père s’était enfui.
   Steve avait neuf ans. Etant parti jouer chez un camarade et tardant à rentrer, il n’a pas été tué ni vu le massacre. Mais il sait que son père l’a attendu… avant de s’enfuir.
   
   A quarante ans environ, il rencontre une femme, Rebecca, qui fait une thèse de criminologie sur les hommes ayant assassiné toute leur famille. Le père de Steve fait partie du corpus. Ce qui intéresse Rebecca, c’est que l’on n'a jamais retrouvé ce père, et que Steve est survivant, donc capable de relater la vie de la famille avant les meurtres (à neuf ans, on a des souvenirs).
   Steve croyait n’en avoir aucun mais sa mémoire se révèle très précise, et peu à peu les portraits des protagonistes se dessinent ; l'histoire de la famille se reconstitue. Steve est également mis au courant de certains détails qu’il ignorait concernant l’enquête de police.
   
   Le récit progresse, soulevant plus de questions qu’il n’apporte de réponses. On scrute des photos de famille dans leurs moindres détails, ainsi que celles des corps retrouvés, on relate plusieurs fois des scènes clé auxquelles le petit garçon a assisté, et qu’à présent il interprète à sa manière.
   
   Le lecteur devine plus ou moins bien ce qui s’est réellement passé, à mi-parcours. Rebecca aussi sans doute, mais il n’y a aucune preuve. Steve doit aller encore bien plus loin pour savoir. Dans cette quête, il prend des risques…
   
   J‘aime cette enquête très pointilleuse, malgré ses longueurs. Mais je trouve que certaines péripéties concernant la famille que Steve a fondée adulte ne s’imposaient pas, et n’apportent rien à ce livre.
   
   Dans l’ensemble, c’est intéressant à suivre.
   
   Le format du livre est pratique, si l’on doit partir en voyage et que l’on veut de la lecture! Cinq ou six livres comme celui-là ne prennent presque pas de place… il faut savoir que ce ne sont pas exactement des livres de poche. Cinq de ces livres coûteraient 55 euros.

critique par Jehanne




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