Lecture / Ecriture
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L'orange mécanique de Anthony Burgess

Anthony Burgess
  L'orange mécanique

L'orange mécanique - Anthony Burgess

La musique adoucit les mœurs, ô mes frères!
Note :

   Un livre ou un film qu'il (enfin je le pense) n'est pas nécessaire de présenter. En adaptant le chef-d’œuvre littéraire d'Anthony Burgess, Stanley Kubrick a créé un chef d’œuvre cinématographique. Encore un livre qui confirme ce que je pense depuis très longtemps, l'avenir vu par les écrivains n'est pas des plus optimistes, pour ne pas dire très inquiétant.
   
   Alex, l'Humble Narrateur et ses drougs Pierrot, Jo et Momo se demandent comment passer la soirée, après avoir absorbé quelques molokos gonflés. Il commence par tabasser un pauvre veck qui malheureusement pour lui passait par là, puis s'installent au "Duc de New-York", où se trouvent des vieilles babouchkas à qui ils offrent à boire. Après une agression et un retour au bar, une petite discussion avec les milichiens, la nuit d'hyper-violence peut commencer... Une tzaririble dratse contre un autre shaïka, ils volent une voiture et en avant la bidonske... Une maison retirée à la campagne , quelques tolchockes au mari , faire vred à la zhina et reprendre la route... Après une notché de spatcha mal au gulliver pour avoir trop drinké, il reste chez lui le matin, puis fait une partie de dedans-dehors avec des dévotchkas connues dans un discotic, et retrouve ses amis le soir lesquels semblent avoir des envies de rébellion... Parait-il que les meilleures choses ont un fin alors les pires...
   
   Dans la seconde partie de l'ouvrage, la société tente de rééduquer Alex (matricule 6655321) et tous les moyens semblent bon, il sert un peu de cobaye pour des expérimentations pour le moins révolutionnaires et devient le jouet du monde politique. Mais la violence appelle la violence et le monde tourne toujours...
   
   Alex et ses drougs Pierrot, Jo et Momo sont les principaux protagonistes de ce roman, qui avec le recul semble visionnaire. Alex, jeune et brave garçon pour son époque, vit chez pè et mè, il a eu quelques problèmes avec la justice, et est suivi par un conseiller post-correctionel le PR Deltoïde. La violence pour Alex est banale, mais elle se retournera contre lui, « Qui sème le vent récolte la tempête».
   
   En lisant ce livre j'éprouve deux sentiments apparemment contradictoires, lire en musique, et connaître l'histoire pratiquement par cœur. En effet, suivant les péripéties de l'histoire, je me rappelle de la bande originale du film, mais évidemment je n'ai pas grande surprise, car le scénario de l’œuvre cinématographique est relativement proche du livre sur le fond, bien que certains détails différent sensiblement surtout vers la fin du roman.
   
   La violence est condamnable mais laquelle est la pire? Celle d'Alex qui semble résulter d'un contexte social qui s'est aggravé depuis que ce livre a été écrit? Celle de l'État et du monde politique, plus sournoise et insidieuse protégeant à tous prix leurs castes et ses acquis qui a ruiné et a éliminé le monde ouvrier? Les informations sont hélas là tous les jours pour nous confirmer que malheureusement le monde futur sera sûrement très proche de celui décrit dans ce roman qui n'a pas pris une ride.
   
   A noter et cela n'est pas dans le film, ces quelques lignes qui m'ont beaucoup fait rire:
   "… de grèves et de joueurs de football paralysant tout le monde de peur en menaçant de ne pas jouer le samedi suivant s'ils n'obtenaient pas une augmentation de salaire les vilains maltchickicaïds. "
   Bien vu monsieur Burgess!
   
   N'ayez pas peur ô mes frères, un glossaire termine ce livre, mais avec un peu de réflexion la compréhension des termes pour le moins bizarres employés semble évidente. Mais ce n'est pas toujours un exercice facile, je le reconnais bien volontiers, ce qui fait que j'ai mis relativement longtemps à finir ce roman. C'est le seul petit reproche que je ferai à ce livre.
   
   Le bon sens voudrait d'avoir lu ce livre avant d'avoir vu le film, mais cette œuvre aurait-elle eu le même succès sans le film?
   
   
   Extraits :
   
   - On portait des cheveux pas trop longs et on avait des bottes branques tzarribles pour shooter.
   
   - Momo était très laid et ressemblait à son nom, mais c'était un battant vicieux tzarrible, très adroit de la botte.
   
   - Pour mériter qu'on vous donne une leçon, frère, j'ai dit. Pas d'erreur.
   
   - On a donc servi des doubles spoutnik aux viokchas copines terrifiées, qui ne savaient que faire ni dire.
   
   - Ce qu'on avait en tête maintenant, c'était le coup de la visite surprise des familles.
   
   - La dévotchka était là, cherchant à se faire toute petite; c'était un ravissant petit morceau de gironde avec des groudnés vraiment tzarribles en devanture...
   
   - Le veck écrivain et sa zhina n'étaient vraiment plus dans le coup; ils étaient en pièces et en sang et ils faisaient des bruits. Mais ils n'en mouraient pas.
   
   - Alors, frères, c'est venu. Ô félicité, félicité céleste.
   
   - Oh, c'étaient la splendeur et la splenditude faites chair.
   
   - La fin de tout, oui. Cette fois j'avais gagné. Et je n'avais pas encore passé quinze ans.
   
   - Cela marche à merveille, pas de raison de vous inquiéter. Ce voyou vicieux sera transformé au point que vous ne le reconnaîtrez pas.
   
   - C'est pas juste que ça me rende malade de sloucher le ravissant Ludwig van et GF Haendel et les autres.
   
   - Et en dessous de ma photo ça disait qu'on avait là le premier diplômé du nouvel Institut d’État pour la Récupération des Personnes Criminelles, guéri de ses instincts criminels...
   
   - Et il m'a balancé une bolchoïe toltchocke raide sur le kliouv, si bien que le krovvi pifeux rouge rouge s'est mis à dégouli dégouliner.
   
   

   Titre original : A Clockwork Orange (1962)

critique par Eireann Yvon




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