Lecture / Ecriture
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Nymphéas noir de Michel Bussi

Michel Bussi
  Nymphéas noir
  L'avion sans elle
  Ne lâche pas ma main
  Gravé dans le sable


Michel Bussi est un enseignant, écrivain et politologue français né en 1965 à Louviers.

Nymphéas noir - Michel Bussi

Trois femmes, un meurtre
Note :

   " Trois femmes vivaient dans un village. La première était méchante, la deuxième était menteuse, la troisième était égoïste. Leur village portait un joli nom de jardin. Giverny."
   
   Un médecin ophtalmologiste est retrouvé assassiné le crâne défoncé dans la rivière du village de Giverny, petite bourgade célèbre par le fait que Monet y a vécu. De la poche extérieure de la veste du cadavre le commissaire sort une carte postale qui représente les  Nymphéas de Monet avec derrière un texte court " onze ans bon anniversaire" et en dessous " le crime de rêver je consens qu’on l’instaure".
   
   Un accident ne semble pas envisageable, l’assassinat est la piste privilégiée mais qui a intérêt à tuer Jérôme Morval marié à Patricia, sans enfant? Le commissaire dépêché rapidement sur place part à la recherche d’un enfant de 11 ans, qui fêterait bientôt son anniversaire. Alors il se rend à l’école où il tombe sous le charme de l’unique institutrice de l’unique classe du village. Mais tout se complique lorsqu’il reçoit cinq photos envoyées anonymement, cinq photos où on voit Jérôme en compagnie de femmes… Un best of des maîtresses de Jérôme Morval, où se trouve sur l’une d’elle Stéphanie l’institutrice…
   
   Ce crime laisse présager une enquête compliquée. Nous allons suivre les 13 jours de cette investigation. Ce qui fait le charme de cette recherche, ce sont ces trois femmes qui parcourent le roman. La première a plus de 80 ans et c’est elle qui nous raconte cette histoire tout en passant son temps à épier, en compagnie de son chien Neptune. La seconde est l’institutrice du village. Quant à la troisième, c’est une enfant de 11 ans qui passe son temps à peindre et dont tous les garçons de la classe sont amoureux. Mais ces trois femmes, très différentes, ont un point commun: elles ont toutes les trois envie de quitter ce village, pourtant célèbre en raison de la présence du peintre Monet. D’autant que les infos sur Claude Monet qui figurent dans ce roman sont authentiques, tant au niveau de sa vie que de son œuvre.
   
   Un roman policier psychologique avec de très beaux portraits de personnages. Un roman policier d’autant plus étonnant et plaisant que seule la vieille femme détient la vérité! J’ai beaucoup aimé et je vous le recommande chaudement.
    ↓

critique par Éléonore W.




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Mystère à Giverny
Note :

   "Regardez ce parc, inspecteur, les roses, les serres, le bassin. Je vais vous révéler un autre secret. Giverny est un piège! Un merveilleux décor, c'est certain. Qui pourrait rêver de vivre ailleurs? Un si joli village. Mais je vais vous avouer: le décor est figé. Pétrifié. Interdiction de décorer autrement la moindre maison, de repeindre un mur, de cueillir la moindre fleur. Dix lois l'interdisent. Nous vivons dans un tableau ici. Nous sommes emmurés! On croit qu'on est au centre du monde, qu'on vaut le déplacement comme on dit. Mais c'est le paysage, le décor, qui finit par vous dégouliner dessus".
   
   Le célèbre village de Giverny est en émoi. On vient d'y trouver le cadavre de Jérôme Morval, la tête dans le ru de l'Epte, à quelques mètres du fameux jardin de Claude Monet. Tué trois fois en quelque sorte: un coup de poignard dans le cœur, la tête écrasée par une pierre et pour finir noyé.
   
   L'inspecteur Laurenç Serenac, nouvellement nommé au commissariat de Vernon va mener l'enquête, efficacement secondé par Silvio Bénavidès. Trois personnages féminins vont être au centre de l'intrigue: "la première était méchante. la deuxième était menteuse, la troisième était égoïste". Elles ont en commun de vouloir toutes les trois quitter le village qui les étouffe.
   
   Un polar qui se déroule à Giverny, je ne pouvais pas le rater. Plusieurs pistes vont se présenter, dont un éventuel trafic de tableaux, un enfant du pays qui a réussi à Paris et ne peut pas s'empêcher de cavaler après tout ce qui porte jupon, un mari jaloux...
   
   Le suspense est bien mené, l'auteur m'a baladée tout au long du livre, je n'ai pas vu venir la résolution du mystère. C'est le genre de récit où à la fin, vous avez envie de relire depuis le début pour voir s'il n'y a pas une faille quelque part, mais je pense que non, tout se tient et c'est très habile. 
   
   Jusqu'au bout je me suis demandée quel lien unissait les trois femmes, Fanette la fillette de 11 ans, Stéphanie, l'institutrice du village, et la vieille sorcière sans nom, celle qui observe tout ce qui se passe de son perchoir et qui a l'air d'en savoir très long sur ce qui se trame. Le meurtre de Jérôme Morval fait curieusement écho à une autre mort accidentelle survenue en 1937, exactement au même endroit.
   
   La particularité de ce polar est bien sûr de se dérouler dans ce village précis, où Monet est omniprésent. L'auteur n'hésite pas à égratigner l'image d'Epinal véhiculée à son propos et égratigne joyeusement les hordes de touristes qui l'envahissent en saison. Il prévient que "les informations sur Claude Monet sont authentiques, qu'elles concernent sa vie, ses oeuvres  ou ses héritiers. C'est aussi le cas pour celles qui évoquent d'autres peintres impressionnistes, notamment Théodore Robinson ou Eugène Murer". Connaissant un peu le village, cet aspect là m'a beaucoup plu, à ma prochaine visite je regarderai les lieux autrement, surtout un certain moulin!
   
   Il y a tout de même quelques faiblesses dans l'intrigue, par exemple, l'Inspecteur Serenac m'a paru bien inconséquent dans son emballement pour la jolie Stéphanie et peu courageux au moment où il aurait fallu qu'il le soit, sans parler de ses dérapages professionnels un peu trop voyants. Désolée, je ne peux pas être plus explicite.
   
   En conclusion, un roman à lire pour le suspense et l'histoire de Giverny.
    ↓

critique par Aifelle




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L'Art... et la manière
Note :

   "Les Nymphéas noirs" de Michel Bussi aux Presses de la cité commence par un prologue qui semble nous plonger dans l'univers du conte :
   
   "Trois femmes vivaient dans un village.
   La première était méchante, la deuxième était menteuse, la troisième était égoïste.
   Leur village portait un joli nom de jardin Giverny. (...)
   La première avait plus de quatre-vingts ans et était veuve. Ou presque... la deuxième avait trente six ans et n'avait jamais trompé son mari. Pour l'instant. La troisième avait onze bientôt et tous les garçons de son école voulaient d'elle pour amoureuse."

   
   Puis le roman débute par... la découverte d'un cadavre au crâne défoncé, celui de Jérome Merval, dont le corps est trouvé à l'endroit exact où a eu lieu le meurtre d'un petit garçon bien des années auparavant. L'inspecteur Laurenç Sérénac et son adjoint adjoint Sylvio Bénavides mènent l'enquête qui tourne autour de la très jolie institutrice du village que l'inspecteur Sérénac semble trouver à son goût. Vous vous doutez que les trois femmes vont jouer un rôle primordial dans cette histoire ainsi que le chien Neptune, et les fameux Nymphéas noirs qui donnent le titre au roman.
   
   Mais je ne vous en dis pas plus! car si vous êtes comme moi, vous allez vous faire avoir en beauté! Je me suis laissée mener (suis-je la seule? Suis-je particulièrement naïve?) par le bout du nez. Je n'ai pas soupçonné jusqu'à la fin... quel était le mystère! Pour une surprise, ce fut une surprise que j'ai particulièrement appréciée! Bravo à l'auteur qui a conçu ainsi une intrigue aussi bien menée!
   
   A cette réussite de l'intrigue policière s'ajoute le plaisir de vivre à Giverny l'espace d'un roman, un village qui nous livre ses beautés, ses secrets aussi, un Giverny que l'écrivain connaît bien et où il nous promène pour notre plus grand plaisir, nous permettant de découvrir Monet et les impressionnistes, chez eux, dans leur intimité. De plus l'écrivain, grâce à l'enquête policière, nous amène en balade jusqu'à Rouen. Nous admirons la cathédrale peinte vingt huit fois par Monet. Vingt huit fois, oui, de la même manière qu'il a peint toujours les mêmes nymphéas de Giverny pendant trente ans!
   "Les gens devaient le prendre pour un fou...
   Les gens, au fond, admirent les fous"

   
   Nous visitons le musée de Rouen mais aussi celui de Vernon avec son fameux tondo* de Nymphéas donné par Monet en 1925, un an avant sa mort. Il y a dans ces pages, un réel intérêt pour la peinture que j'ai amplement partagé avec l'écrivain!
   
   Un agréable roman policier donc qui a reçu le prix du polar au festival de Villeneuve-Lez-Avignon 2011.
   
   
   * toile circulaire
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critique par Claudialucia




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Giverny, Monet et meurtres…
Note :

   Qui ne connait pas Giverny, ce lieu magique où œuvra Monet, a tort. Michel Bussi, lui, est fan. Manifestement. Et de Giverny et de Claude Monet. Et il est parvenu à intégrer le cadre de l’un et l’œuvre de l’autre dans un polar de toute beauté. Electrique et mystérieux.
   Des références à l’œuvre de Monet, à un poème d’Aragon, entre autres, en fait un polar plus "élaboré" (j’ai failli dire plus intellectuel! Oh le gros mot!) que la norme.
   
   "Trois femmes vivaient dans un village.
   La première était méchante, la deuxième était menteuse, la troisième était égoïste.
   Leur village portait un joli nom de jardin. Giverny.
   La première habitait dans un grand moulin au bord d’un ruisseau, sur le chemin du Roy ; la deuxième occupait un appartement mansardé au-dessus de l’école, rue Blanche-Hoschedé-Monet ; la troisième vivait chez sa mère, une petite maison dont la peinture aux murs se décollait, rue du Château-d’Eau.
   …/…
   Cela dura treize jours. Le temps d’une évasion.
   Trois femmes vivaient dans un village.
   La troisième était la plus douée, la deuxième était la plus rusée, la première était la plus déterminée.
   A votre avis, laquelle parvint à s’échapper?
   La troisième, la plus jeune, s’appelait Fanette Morelle ; la deuxième s’appelait Stéphanie Dupain ; la plus vieille, c’était moi."
   

   Ça commence comme une chansonnette. Ça devient rapidement un polar très prenant, avec des personnages très crédibles, une intrigue très masquée qu’on ne voit vraiment se décanter qu’à la toute fin.
   
   Trois femmes, impliquées chacune à leur manière dans la vie et l’histoire de Giverny. De Giverny et donc de Monet. Forcément. Deux vont être assassinées, mais pas qu’elles, et l’enquête est habilement mêlée à la vie telle qu’elle se déroule à Giverny. Pas d’esbroufe, juste un grand amour pour Giverny et Claude Monet de la part de Michel Bussi!

critique par Tistou




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