Lecture / Ecriture
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Elantris de Brandon Sanderson

Brandon Sanderson
  L'empire ultime
  Elantris

Brandon Sanderson est un auteur américain de fantasy né en 1975. (et il ressemble à Harry Potter)

Elantris - Brandon Sanderson

Un poil too long
Note :

   La semaine dernière, chers happy few, j'ai décidé qu'il fallait ab-so-lu-ment (traduction: tout de suite là maintenant sinon je retiens ma respiration) que je lise "Fils-des-Brumes" de Brandon Sanderson, auteur dont je n'avais évidemment jamais entendu parler jusqu'à ce jour (non, je ne suis pas une femme à lubies, la preuve, je n'ai mangé que trois fois du gâteau à la myrtille ces cinq derniers jours, avouez que tant de maîtrise de soi vous laisse rêveurs, hein?). Bon, comme le monde est imparfait, hélas (sinon, il y a longtemps que je me serais réveillée avec le corps de Jennifer Garner) (mais pas dans le lit de Ben Affleck non, non, non, ouh la, je sais que j'ai un bad karma mais pas à ce point), je n'ai pas trouvé cette trilogie en librairie (en fait, si, mais uniquement les tomes 2 et 3 et je voulais, de manière tûtafètement étrange, je vous le concède, commencer par le tome 1, une de mes tendances psychorigides, certainement). Je me suis donc rabattue sur un autre roman de Brandon Sanderson, qui traînait là, seul et abandonné et criant mon nom: Elantris.
    
   La couv' n'est pas vilaine, le résumé assez alléchant et Orson Scott Card (love sur lui pour huit générations trois quarts) s'est fendu des incontournables praises (auxquels je ne crois jamais mais la chair est faible, hélas, et la PAL minuscule): j'ai donc, dans un accès de pitié, emporté avec moi ce petit roman (de presque 800 pages quand même), que je vais résumer pour vous, car je ne vis que pour votre bonheur et votre kulture, happy few de mon cœur.
     
   Il y a dix ans, la sublime cité d'Elantris, habitée par des demi-dieux à la beauté surhumaine et aux talents aussi divers que variés, s'est effondrée, frappée par une malédiction, le Réod: ses habitants sont devenus des cadavres ambulants et la ville a été recouverte d'une épaisse couche de vase, qui engloutit tout sur son passage. Cette catastrophe a touché toute la région, l'Arélon, car les habitants des villes environnantes vivaient de la magie des Elantriens, qui fournissaient à tout le monde nourriture, soins et confort. Après une période d'émeutes, Iadon, un riche commerçant, a pris le pouvoir et mis en place un système de gouvernement féodal avec nobles et serfs. Son fils, Raoden, doit épouser Sarène, fille du roi du royaume voisin, le Téod. Mais quand cette dernière arrive en Arélon, on lui annonce la mort subite de son promis: ce qu'elle ne sait pas, c'est que Raoden a été victime du Shaod, qui, au hasard, transforme certains Arélois en Elantriens. La jeune femme décide de rester quand même en Arélon et se mêle de politique, afin de déjouer les plans de Hrathen, un prêtre dérethi envoyé par le Wyrn, Empereur du royaume Fjordell pour convertir et soumettre l'Arélon...
    
   Il y avait là matière à un bon roman de fantasy, chers happy few, si Sanderson n'était pas tombé dans quelques travers que son éditeur aurait facilement pu lui éviter. "Elantris" est clairement trop long d'au moins 300 pages, à cause d'informations et d'actions inutiles qui conduisent au délayage narratif: il y a par exemple trop d'allées et venues des personnages, trop de dialogues inutiles et trop de révélations inutilement retardées (quand le lecteur sait quelque chose que les personnages répugnent à avouer sans aucune raison valable pendant cent quarante pages, c'est juste insupportable). La construction est maladroite (le point de vue des chapitres alterne de manière systématique entre Raoden, Sarène et Hrathen, avec une mauvaise maîtrise du découpage chronologique; les actions sont parfois concomitantes, parfois espacées de quelques heures ou de quelques jours) et le style très plat, parfois même répétitif. Les personnages sont manichéens en diable, le couple formé par Sarène et Raoden semblant tout droit sortie d'un roman à l'eau de rose («oh, je ne suis pas à ma place, j'en ai assez de ne pas être aimée parce que je suis supérieurement intelligente et que je suis grande et belle dans cette société machiste, je finirai vieille fille bouhouhouhouhou» «et moi, je suis grand, fort, beau, intelligent, optimiste, généreux, populaire et chevelu et je ne me laisse jamais abattre et je vous trouve belle, merveilleuse femme intelligente que vous êtes, nous formons un couple tellement bien assorti, venez chabadabader sous la lune avec moi»). C'est bien dommage, parce que certaines idées, correctement développées, étaient intéressantes, notamment cette maîtrise de l'AonDor, ces espèces de runes, qui utilisées correctement transforment la matière et la guerre de religion à laquelle se livre le Wyrn avec férocité (mais là encore, le personnage de Hrathen, qui avait tout pour être un personnage complexe et torturé, perd de sa force à cause du manque de densité dans l'écriture). Et dire qu'apparemment Sanderson prépare une suite... Il a intérêt à se munir d'une paire de ciseaux.

critique par Fashion




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