Lecture / Ecriture
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Ados: Delirium de Lauren Oliver

Lauren Oliver
  Ados: Delirium
  Dès 08 ans: Lily et Po - 1 - Rencontres et rendez-vous
  Ados: Replica
  Dès 12 ans: Le Musée des monstres - T1 La tête réduite

Ados: Delirium - Lauren Oliver

Dites à vos parents que vous révisez vos poètes anglais
Note :

   La dystopie est à la mode dans la littérature adulescente en ce moment, peut-être grâce au succès de la trilogie des "Hunger Games" (je ne veux cependant pas croire que certains y voient un bon filon, non, je sais que les éditeurs sont purs de toute arrière-pensée). Toujours est-il que sont sortis à quelques mois d'intervalle "Promise" d'Ally Condie et "Delirium" de Lauren Oliver, qui explorent, chacune à leur manière, les conséquences de la mise en place d'un état totalitaire qui, non seulement dénie toute liberté à des citoyens élevés dans la manipulation et le mensonge, mais leur refuse aussi le droit à l'amour, thème ô combien important pour les lecteurs adolescents qui ne sont, comme chacun le sait, qu'émois et hormones. Et vice-versa. Bref, je vais comparer les deux romans.
   
   Un peu comme la Cassia (non, pas l'accacia) de "Promise", Lena, personnage principal de "Delirium", attend impatiemment son Protocole, qui doit, par une opération du cerveau, lui ôter la capacité à aimer, considérée comme une maladie mortelle pouvant devenir un fléau. La rencontre d'un jeune homme qui n'a pas été opéré va lui ouvrir les yeux sur la société qui l'entoure et lui permettre de réviser ce qu'elle sait de son passé à l'aune de ces découvertes.
   
   "Delirium", mieux écrit et mieux construit, peint un monde beaucoup plus riche que celui de "Promise" et dans lequel évoluent des personnages plus denses et plus crédibles. L'exemple le plus frappant est certainement le traitement réservé à l'idée vieille comme Platon de la suppression de la culture sous toutes ses formes et notamment de la poésie: dans "Promise", Ally Condie utilise maladroitement un poème de Dylan Thomas, sans arriver à en restituer toute l'émotion sans doute parce qu'elle abuse de la répétition et de la paraphrase, alors que les quelques vers de Shakespeare, Dickinson ou Cummings cités dans "Delirium", habilement intégrés à l'histoire, prennent une véritable ampleur et ne peuvent qu'inciter à la Résistance. La littérature sauvera le monde. Qui en doutait?

critique par Fashion Victim




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