Lecture / Ecriture
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Nouvelles irlandaises de Mary Lavin

Mary Lavin
  Nouvelles irlandaises

Nouvelles irlandaises - Mary Lavin

Convenances & obligations
Note :

   Née au États-Unis en 1912 de parents irlandais, Mary revient vivre en Irlande alors qu'elle est âgée de 12 ans environ. C'était une des plus grandes écrivains irlandaises, qui publia plusieurs recueils de nouvelles, ainsi que quelques romans. A la mort de son mari, elle continua de s'occuper de la ferme familiale tout en poursuivant sa carrière. Elle est décédée en 1996.
   
   Ce livre comporte 10 nouvelles et a été édité en 1985.
   
   La première histoire concerne une veuve et un jeune voisin de passage, ce dernier la guette, puis la rencontre. Elle passe le voir à Dublin, mais entre la différence d'âge, la timidité de l'un et la retenue de l'autre, peut-être un jour le regretteront-ils?
   
   Dans "les dames Becker", j'ai l'impression d'écouter le chanson de Jacques Brel "Chez ces gens là", où le narrateur serait Theobald, cadet d'une famille nombreuse. N'ayant pas la mentalité petit commerçant bourgeois, il semble dépareiller dans cette fratrie pour qui seul l'argent compte. Et quand il présente Flora, sa future épouse, la joie de vivre de celle-ci fait merveille. Une histoire ambiguë sur les relations familiales, qui laisse une impression contradictoire, qui est réellement Flora! Et que veut nous expliquer Mary Lavin dans ce récit bien long pour une nouvelle?
   
   Un camionneur bavard va livrer du gravier pour un cimetière, la vue d'un enfant malade et certains problèmes de la mère vis à vis de l'église catholique le perturbe!
   
   Dans "Réceptacle fragile", deux sœurs à la mort de leur mère se marient dans la même année, l'aînée fait un mariage de raison, la plus jeune un mariage d'amour. L'aînée a une vie monotone, la cadette qui s'est mariée avec un personnage peu recommandable est abandonnée par son mari. Pourtant, elle fût, un moment heureuse!
   
   Des êtres ordinaires, comme cette veuve qui s'interroge, comme cette famille bourgeoise qui assimile tellement les belles-filles et gendres qu'on les croirait sortis du même moule.
   
   Un chauffeur de camion qui touché par la grâce ou la détresse, de perroquet devient carpe!
   
   Un catholique, une protestante dans l'Irlande profonde; le mariage est-il possible?
   
   La campagne irlandaise des années 1950/1970, avec ses mesquineries et sa bigoterie triomphante. Mary Lavin est moins virulente qu'Edna O'Brien, mais elles dénoncent toutes les deux dans leurs nouvelles, un monde étriqué où les femmes, parfois veuves,sont trop souvent les victimes.
   
   La mort et les cimetières de campagne sont également très présents.
   
   Une écriture ciselée et précise, mais pleine de nostalgie au service d'histoires banales de gens ordinaires, qui ressortent tous meurtris, par le petit grain de sable qui dérange leurs vies monotones.
   
   Des dialogues pleins de retenue et de pudeur, mais je ne suis pas entièrement convaincu. Une écriture, qui me semble t-il, a un peu vieilli.
   
   
   Extraits :
   
   - N'y aurait-il pas toujours quelque chose d'inutile dans de tels attachements?
   
   - Elle le suivit du regard. Pourquoi avait-elle tant aimé cet instant? C'était là la question?
   
   - Je me souviens d'avoir lu quelque part qu'il n'y avait que deux relations valables-le sang et la passion.
   
   - "Theobald! Est-ce celui que vous détestez tant?"
   
   - Séduisant était le terme. Tous les Becker étaient séduits.
   
   - L'acquisition de Flora par Theobald était la meilleure chose qui fût arrivée aux Becker depuis longtemps.
   
   - Je me demande combien de temps il aura fallu pour que cette flamme s'éteigne. Je ne le saurai jamais.
   
   - Échéance! Avance! Te voilà bien à l'aise avec les termes de la finance, il me semble.

critique par Eireann Yvon




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