Lecture / Ecriture
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Agnès de Peter Stamm

Peter Stamm
  Un jour comme celui-ci
  Comme un cuivre qui résonne
  Agnès
  Paysages aléatoires
  Tous les jours sont des nuits
  Sept ans
  Au-delà du lac
  L'un l’autre

Peter Stamm est un écrivain suisse né en 1963.

Agnès - Peter Stamm

La vie n’est pas une fiction
Note :

   Présentation de l'éditeur :
   
   « Dans la salle de lecture surchauffée de la bibliothèque municipale, ils ont échangé leurs premiers regards. Puis, autour d'un café, leurs premiers mots. Il est suisse et fait des recherches sur les wagons de luxe américains. Elle est américaine, étudiante en physique, et rédige sa thèse de Doctorat. Ils dînent ensemble, partent en excursion dans les forêts environnantes, visitent les musées.
   Un jour, Agnès lui demande d'écrire un portrait d'elle. Soir après soir, il se prête à ce qui n'est au début qu'un jeu. Mais, peu à peu, leur vie se conforme aux aléas du récit, au risque que celui-ci prenne le pas sur la réalité... »

   
   
   Premier roman de cet auteur. C’est également une première pour moi. Je ne suis pas spécialement emballé; une incursion dans la littérature de langue allemande pas réellement réussie. Je lirai "Verglas" pour ne pas rester sur une mauvaise opinion.
   
   Il est suisse, écrivain et vit à Chicago, elle, Agnès est américaine et étudiante, ce n’est pas le coup de foudre, mais ils s’installent ensemble. Elle lui demande d’écrire leur histoire, mais la narration s’éloigne de la vie quotidienne. Agnès est enceinte, lui ne voulant pas d’enfant, ils se séparent. Cette enfant ne naîtra pas, mais elle deviendra Margaret dans les écrits familiaux, brouillant la perception du couple qui revit ensemble.
   
   Agnès est une américaine moyenne, plutôt naïve. Mais une femme incompréhensive, d’une méticulosité souvent maladive. L’homme est aussi banal, il écrit sur les cigares ou sur les trains de luxe. Cela l’amènera à faire la connaissance de la fille de la famille Pullmann, avec qui il aura une aventure, seule chose de non-conventionnelle de sa vie. Une histoire banale, sans rebondissement, des personnages pour lesquels je n’ai éprouvé aucune sympathie ni émotion.
   
   C’est bien écrit, c’est court, donc vite lu et sûrement vite oublié.
    ↓

critique par Eireann Yvon




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Envoûtant pouvoir de la fiction
Note :

   Le narrateur est écrivain, vit d' écrits de commande, des documentaires sur divers sujets : en ce moment, il doit écrire sur l’histoire des chemins de fer, l’ingénieur Pullman, et ça l’intéresse moyen. Il se passionne pour une grève de cheminots, et reste un peu coincé là, peu enclin à achever son livre. A la bibliothèque, il rencontre Agnès, qui finit une thèse de physique sur les cristaux et leur symétrie.
   
   Ils se plaisent, et débutent une liaison. Tout de suite, des obstacles se mettent entre eux. Agnès est hantée par la mort. Lui voudrait écrire de la fiction. Il commence à rédiger son "histoire avec Agnès" et elle l’encourage à continuer un peu comme si la durée de leur liaison et sa réussite dépendait de leur histoire écrite par lui, donc d’un ouvrage de fiction ; Agnès se retrouve enceinte, le narrateur ne veut pas d’enfant...
   
   C'est un roman d'introspection, et aussi d'atmosphère. Une atmosphère lourde de sous-entendus qu'on peut comprendre diversement. Ce récit ressemble un peu au Portrait Ovale d’Edgar Poe : la jeune femme ne supporte pas bien la mise en fiction de la relation par son compagnon. Et pourtant, c’est elle qui l’y a encouragé. Elle croit au pouvoir suggestif de la création littéraire ; si le jeune homme écrit une histoire qui tourne bien, la réalité devrait suivre. Mais le conjoint écrit selon sa conviction profonde…
   
   Attachants, complexes, les personnages gardent leur part de mystère, l'ensemble du texte est plein d'une poésie retenue. Après avoir tourné la dernière page vous y penserez encore longtemps.

critique par Jehanne




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