Lecture / Ecriture
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Dès 09 ans: L’homme qui plantait des arbres de Jean Giono

Jean Giono
  Le chant du monde
  Solitude de la pitié
  Un de Baumugnes
  Colline
  Un roi sans divertissement
  Regain
  Le hussard sur le toit
  Fragments d’un paradis
  Dès 09 ans: L’homme qui plantait des arbres
  L'homme qui plantait des arbres
  Le grand troupeau
  Jean le Bleu
  Les Âmes fortes
  Que ma joie demeure
  L’Iris de Suse
  Le déserteur

Jean Giono est un écrivain et scénariste français né à Manosque en 1895 et décédé en 1970.

Vous trouverez sur ce site la fiche "Jean Giono, le grand western", brillant essai qu' Olympia Alberti a consacré à cet auteur et les rencontres que Pierre Magnan a eues avec lui
Vous trouverez également celle de la biographie que sa fille cadette Sylvie Giono a rédigée.
Et vous pourrez faire des "Balades littéraires à la rencontre de Jean Giono" avec Jean-Louis Carribou.
Sans oublier Jean Carrière et Annick Stevenson

Dès 09 ans: L’homme qui plantait des arbres - Jean Giono

La Nature au pouvoir
Note :

   « Le pays n’avait pas changé. Toutefois, au-delà du village mort, j’aperçus dans le lointain une sorte de brouillard gris qui recouvrait les hauteurs comme un tapis. Depuis la veille, je m’étais mis à penser à ce berger planteur d’arbres. "Dix mille chênes, me disais-je, occupent vraiment un très large espace." [...]
   Les chênes de 1910 avaient alors dix ans et étaient plus hauts que moi et que lui. Le spectacle était impressionnant. J’étais littéralement privé de paroles et, comme lui ne parlait pas, nous passâmes tout le jour en silence à nous promener dans sa forêt. Elle avait, en trois tronçons, onze kilomètres dans sa plus grande largeur. Quand on se souvenait que tout était sorti des mains et de l’âme de cet homme, sans moyens techniques, on comprenait que les hommes pourraient être aussi efficaces que Dieu dans d’autres domaines que la destruction. Il avait suivi son idée, et les hêtres qui m’arrivaient aux épaules, répandus à perte de vue en témoignaient. Les chênes étaient drus et avaient passé l’âge où ils étaient à la merci des rongeurs ; quant aux desseins de la Providence elle-même pour détruire l’oeuvre créée, il lui faudrait avoir désormais recours aux cyclones. Il me montra d’admirables bosquets de bouleaux qui dataient de cinq ans, c’est-à-dire de 1915, de l’époque où je combattais à Verdun. »

   
   
   Etrange chose que cet «Homme qui plantait des arbres». Conte écologiste avant l’heure? Hymne humaniste? «L’homme qui plantait des arbres» après «Fragments d’un paradis» brouille l’image stéréotypée qu’on peut avoir de Jean Giono. Ecrivain de et sur la Provence, les Alpes de Provence? Pas si sûr, pas si simple même si ici nous nous situons dans ce contexte géographique des Alpes de Provence.
   
   D’histoire, il n’y a pas. Ou peu. Elzéard Bouffier (??) vit seul, croit aux vertus de l’effort et au moteur de la détermination. Sa détermination à lui, c’est de boiser une région des Basses Alpes désertique et désolée. Lui seul croit en le pouvoir d’un homme déterminé à mener à bien cette tâche et Jean Giono nous raconte ce destin – qui n’est absolument pas une histoire vraie. Chênes, hêtres, bouleaux vont être plantés en quantité invraisemblable de ses mains. La forêt va pousser et avec elle, évidemment, tout ce qu’une nouvelle richesse peut engendrer de comportements chez les hommes. Mais ce n’est pas ça manifestement le propos de Giono. Non, son propos c’est l’œuvre d’un homme seul et déterminé, ce que ses efforts peuvent générer.
   
   Peut-être une leçon de vie?

critique par Tistou




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