Lecture / Ecriture
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Pays de neige de Yasunari Kawabata

Yasunari Kawabata
  Les belles endormies
  Le maître ou le tournoi de Go
  Tristesse et beauté
  kyôtô
  Le Grondement de la montagne
  Le lac
  Nuée d’oiseaux blancs
  Pays de neige
  Les pissenlits

Yasunari Kawabata (川端 康成) est un écrivain japonais né en 1899 et décédé en 1972.
Le Prix Nobel de Littérature lui a été attribué en 1968.

Pays de neige - Yasunari Kawabata

Subtilité nippone
Note :

   (textes originaux parus de 1935 à 1948)
    
   En dépit d'une préface décourageante parlant d'écriture poétique et de difficulté de traduire et de transmettre (oh que oui!), je me suis lancée dans ce Pays de neige... Fort heureusement l'écriture de Kawabata - même si l'on doit hélas passer à côté de sa beauté complète - est d'une splendeur et d'une pureté telles que l'inévitable traduction la laisse transparaître.
    
   L'histoire:

   
   Shimamura est un oisif fortuné qui se rend à diverses reprises dans une station thermale de montagne. Il y fait connaissance de Komako, une jeune geisha, et est fasciné par la mystérieuse Yôko et sa voix mélodieuse. Pour un lecteur occidental ou un japonais avide de connaître un Japon d'autrefois, ce roman, au travers de la relation entre Shimamura et Komako, évoque finement la vie et les occupations d'une geisha, ainsi que la vie rude d'une station de montagne isolée par la neige.
    
   Il peut s'écouler des mois avant que Shimamura -qui par ailleurs a une femme à la ville- ne séjourne une nouvelle fois au village, et les sentiments de Komako transparaissent, mais tout n'est pas dit. A la fin du roman il reste beaucoup de questions en suspens, surtout en ce qui concerne Yôko et Komako.
    
   
   Mes impressions :

   
   J'ai surtout considéré cette lecture comme une découverte d'un grand auteur japonais, mais je ne sais pas si j'ai réussi à pénétrer dans son monde. Demeurent cependant de magnifiques passages et des descriptions de montagnes et de forêts enneigées absolument superbes.
   
   Très très subtil, trop peut-être. Un grand auteur, c'est sûr, mais que la barrière de la langue et de la culture m'empêche d'apprécier à fond.
    
   La fin déconcertante et magnifique reste ouverte!
   
   "Il [Shimamura] fit un pas pour se reprendre, et, à l'instant qu'il se penchait en arrière, la Voie lactée, dans une sorte de rugissement formidable, se coula en lui."
    

   
   Un passage que j'ai particulièrement aimé:
   
   La Voie Lactée
   « Oh ! la Voie lactée… elle est splendide » s’exclama Komako, courant toujours devant lui, les yeux levés vers le ciel.
   La Voie lactée… En la regardant lui aussi, Shimamura eu l’impression d’y nager, tant sa phosphorescence lui parut proche, comme si elle l’eût aspiré jusque-là. Le poète Bashô en voyage, était-ce sous l’impression de cette immensité resplendissante, éblouissante, qu’il l’avait décrite comme une arche de paix sur la mer déchaînée ? Car c’était juste au-dessus de lui qu’elle inclinait sa voûte, enserrant la terre nocturne de son étreinte pure, indéchiffrable, sans émoi. Image pure et proche d’une volupté terrible, sous laquelle Shimamura, un bref instant, se représenta sa propre silhouette découpée en une ombre aussi multiple qu’il y avait d’étoiles, aussi innombrablement multipliées qu’il y avait là-haut de particules d’argent dans la lumière laiteuse et jusque dans le reflet miroitant des nuages, dont chaque gouttelette infime et rayonnante de lumière se confondait avec son infinité, tant le ciel était clair, d’une limpidité et d’une transparence inimaginables. Cette écharpe sans fin, ce voile infiniment subtil, subtilement tissé dans l’infini, Shimamura ne pouvait en détacher son regard.»

critique par Keisha




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