Lecture / Ecriture
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Qu'elle était verte ma vallée de Richard Llewellyn

Richard Llewellyn
  Qu'elle était verte ma vallée

R. Llewellyn est né à Hendon, Londres, en 1906. La plupart de ses romans ont pour cadre le Pays de Galles ; le plus célèbre, Qu'elle était verte ma vallée (How Green Was My Valley) de 1939, lui donna une renommée internationale et fit l'objet d'un film de John Ford.
Il vécut une vie pleine de péripéties, voyageant beaucoup. Avant la Seconde Guerre mondiale, il travailla dans des hôtels, écrivit une pièce, travailla comme mineur et écrivit son roman le plus connu. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il devint Capitaine dans la "Welsh Guard" (garde galloise).
Après la guerre, il travailla comme journaliste pour le procès de Nuremberg, et écrivit des scénarios pour MGM. Plus tard, il s'installa à Eilat (Israel). (source wikipédia)

Qu'elle était verte ma vallée - Richard Llewellyn

Le Pays de Galles, ses terrils, ses mines et ses chants
Note :

    Une fois n’est pas coutume c’est un film qui m’a décidée à lire ce livre, le film est superbe et le livre magnifique. J’ai vu le film de nombreuses fois et lu ce livre à plusieurs reprises ma première lecture remonte à 1995 ...hier ...
   Il vous faudra fouiller dans les bibliothèques car ce livre est aujourd’hui indisponible, j’espère que vous tomberez sous son charme si ce n’est pas déjà fait.
   
   Le Pays de Galles quand la reine Victoria règne encore, quand les paysans se transforment en mineurs, quand le village ne craint pas d’être enseveli par une montagne de scories, le Pays de Galles quand la famille Morgan entre en scène.
   
   Entrons chez Huw Morgan le héros du livre, entrons dans sa maison pour y être accueillis par sa mère qui comme chaque jour est aux fourneaux. Ils sont assis autour de la table, le père qui va découper la volaille, les cinq frères dont Ivor est l’aîné, tous mineurs, les deux sœurs de Huw. Bientôt s’ajoutera à la famille Bronwen la femme d’Ivor.
   Les femmes de mineurs le samedi "s’installaient sur une chaise, devant leur porte, et attendaient le retour des hommes, gravissant la colline."
    
   Les tabliers des femmes s’emplissaient de pièces d’or durement gagnées au fond de la mine. Le dimanche était réservé au temple, à la lecture de la Bible. Parfois le père et ses garçons allaient assister à un match de rugby et Huw lui courait acheter du toffee avec son argent de la semaine.
   La vie était belle et les conflits avec la direction de la mine finissaient par s’arranger, alors s’élevaient les chants des villageois "voix sonores, s’envolant en multiples harmonies".
   
   Huw Morgan se souvient des images et des sons de son enfance, de son amour pour la femme d’Ivor son frère aîné, amour d’enfant oui mais ne riez pas de lui car "prétendre qu’un enfant puisse être amoureux peut sembler absurde. Mais que vous le croyez ou non, j’ai été cet enfant et personne sinon moi n’a su ce que j’éprouvais".
   Huw est un enfant sage, qui craint et admire son père et ses frères, regardez-le vivre au quotidien dans ce village qui est en train de changer. Le travail se fait plus rare, les salaires baissent, le mot grève est prononcé. Fini le temps où l’on s’inclinait devant la direction, l’idée de syndicat flotte dans l’air même si le mot est tabou à la table des Morgan.
   
   Vous allez vivre le temps d’un livre au cœur de cette famille, voir Huw grandir, voir son amour des livres s’épanouir, le voir entrer à l’école. Mais vous allez aussi accompagner les mineurs dans leurs revendications, leur révolte pour une vie plus juste.
   Huw grandit au rythme des difficultés du village que tente de lui expliquer le pasteur Mr Gruffydd. A t-on le droit de se servir de ses poings pour se faire respecter? Est-il normal que seule la fille soit montrée du doigt quand elle met un enfant au monde sans être mariée? La bataille contre les injustices n’est-elle pas légitime?
   C’est douloureux de grandir, de voir mourir les uns, partir les autres. Et arriver à l’âge adulte il est difficile de se retourner sur ce passé empreint de beauté, de chaleur et de regrets.
   "Qu'elle était verte, alors, ma vallée, la vallée de ceux qui ne sont plus !"
   
   Aux sons des chants gallois laissez vous séduire par ce roman initiatique, roman de formation au plus beau sens du terme.
   Vous allez vibrer et je serais très étonnée que quelques larmes ne viennent pas.
   On aime tout ici : les descriptions de cette vie simple, le récit réaliste où Zola n’est pas loin, un récit où des mots comme entraide, solidarité, équité, justice, vous rendent témoins et complices des combats de ses hommes pour une vie meilleure.
   
   L’écriture est simple, émouvante parfois lyrique, toujours on y entend la sincérité.
   Il n’est pas étonnant que John Ford se soit emparé de ce récit pour en faire un superbe film qui reçu l’Oscar du meilleur film.
   Livre avant film, film puis livre, peu importe, les deux sont des œuvres émouvantes trouvent une place dans le cœur du lecteur et du spectateur.

critique par Dominique




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