Lecture / Ecriture
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Laure au bout du monde de Pierre Magnan

Pierre Magnan
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  L'Arbre
  Le parme convient à Laviolette
  La maison assassinée
  Les charbonniers de la mort
  La naine
  Chronique d’un château hanté
  Les secrets de Laviolette
  Laure au bout du monde
  Elégie pour Laviolette
  Pour saluer Giono
  Ados: L'enfant qui tuait le temps

* Interview dans la rubrique "Rencontres"

Laure au bout du monde - Pierre Magnan

La sortie par les études
Note :

   Laure est institutrice, dans le village dans lequel elle a grandi. Un village de la Drôme provençale, Eourres, dans lequel son enfance a été marquée par les difficultés de la vie paysanne et sa découverte du monde de l'école. Le collège a été pour elle une véritable révélation, et sa plongée dans les livres lui a permis de sortir par le haut de sa situation miséreuse. Tout ceci à la surprise de ses parents qui ne comprenaient pas l'intérêt de se plonger dans le travail scolaire, quand Laure était attendue pour mener les troupeaux.
    
   Laure est une enfant volontaire. Dès sa naissance, sa vie était fragile : sa mère a eu du mal à allaiter, et il a fallu recourir à l'ânesse du village pour nourrir la petite. Ce sont ensuite les marques d'un travail éprouvant qui marquent Laure, comme ce coup de faux qu'elle se donne à la jambe en récoltant la lavande. Ou cette cheville tordue pour échapper à une harde de sangliers en forêt. Malgré cela, elle tient plus que tout à continuer à aller à l'école, malgré les brimades d'un de ses camarades. Elle fait ce qui est en son pouvoir pour obtenir l'argent nécessaire et obligatoire à la poursuite de ses études.
    
   Mais à travers le personnage de Laure, Pierre Magnan a surtout l'intention de d'écrire le mode de vie des paysans de la Drôme provençale, dans les années 50-60. On y découvre les querelles de voisinage séculaires, dont personne ne connaît plus les raisons et qui empoisonnent la vie quotidienne. On y voit la détresse des producteurs de lavande lorsqu'ils découvrent que les produits importés coûtent moins chers, et que leur production ne vaut plus grand-chose. Ou la difficulté à rembourser les traites du tracteur, engin merveilleux pour ces paysans. On découvre enfin ces paysages, forêts et cols et les troupeaux et chemins, qui font l'attrait de ces paysages.
    
   Mais, car il y a un mais, je suis resté un peu à côté de cette histoire. Une affaire d'écriture, que j'ai parfois trouvée artificielle, pas très fluide. J'y ai en fait ressenti le travail de l'auteur, et je l'ai vu en train de construire son roman et de fignoler ses phrases. Je pense aussi que j'ai trop lu dernièrement des romans sur l'enfance. Après les romans autobiographiques de Daniel Hébrard et Alain Foix, j'avoue que je suis un peu lassé du genre, et ceci a contribué à ne pas m'enthousiasmer pour cette lecture. Elle reste plaisante et agréable, mais ce n'est vraisemblablement pas un ouvrage qui restera dans mes annales.

critique par Yohan




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