Lecture / Ecriture
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Tout piller, tout brûler de Wells Tower

Wells Tower
  Tout piller, tout brûler

Tout piller, tout brûler - Wells Tower

Destruction!
Note :

   Premier recueil de neuf nouvelles de ce jeune auteur américain né à Vancouver au Canada. Comme le titre l'indique, ces récits ne font pas dans la dentelle, ni dans l'eau de rose!
   
   "La côte de Brun" c'est l'histoire d'un homme, de ses voisins et d'un aquarium d'eau de mer! Mais attention de ne pas faire rentrer le loup (de mer) dans la bergerie...
   
   Quand deux frères sont à l’opposé l'un de l'autre et que certaines jalousies remontent à loin, très loin et sont très tenaces, une partie de chasse n'est pas forcément un bon moyen d'aplanir les rancunes.
   
   Une belle-mère, ce n'est pas toujours évident pour un fils, surtout quand la différence d'âge n'est pas très grande, mais les années passent, tout le monde vieillit et les santés se dégradent, surtout celle du père.
   
   "En bas dans la vallée" met en scène un mari dont l'épouse est partie avec leur fille pour une sorte de gourou professeur de méditation. Mais lorsque celui-ci est blessé, l'époux délaissé sert de chauffeur pour l'homme et l'enfant. Mais le voyage n'est pas un long cheminement tranquille.
   
   Un "Léopard" échappé, c'est dangereux, mais si par chance l'animal venait me débarrasser de mon beau-père, espère un enfant...
   
   "L’Amérique sauvage", il n 'est pas réellement question d'animaux, à part un chat, mais de jeunes filles, cousines de surcroît pour qui la vie familiale est pour le moins étrange.
   
   "La fête foraine" n'est pas un endroit pour laisser un jeune garçon seul, une histoire où les personnages se croisent et s'entrecroisent sur plusieurs niveaux. Visiteurs, badauds et employés ou forains, pour un récit glauque et malsain.
   
   La nouvelle qui donne son titre à l'ouvrage et qui le clôt se passe dans un pays nordique au temps des vikings! Et c'est vraiment la politique de la terre brulée, des pillages, razzias et massacres en série. Triste époque où parfois un de ces hommes, la paternité venant, éprouve une sorte de repentir quand il se rend compte que ce sort pourrait aussi être le sien!
   
   Beaucoup de problèmes de famille, un homme qui retape la maison où son père et son oncle habitaient, deux frères diamétralement différents qui, bien sûr, s’opposent sur tout, un autre qui assiste à la déchéance physique de son père, un mari dont l'épouse est partie, un enfant de onze ans et un homme de quatre-vingt trois ans sont quelques-uns des personnages de ces nouvelles. Des êtres très ordinaires et pas spécialement attachants ou terriblement compliqués comme dans "Un lien fraternel" qui est à mon avis le meilleurs texte de ce recueil.
   
   La quatrième de couverture parle de "Territoire littéraire de la masculinité" et cite par exemple John Cheever, je pense que ce jeune auteur a du travail devant lui pour atteindre ce niveau.
   
   Un peu d'humour dans certaines descriptions des personnages (très souvent féminins d'ailleurs, comme si les hommes étaient exempts de défauts!)
   
   Les fins de ces histoires sont très énigmatiques et guère convaincantes. Je suis toujours surpris de trouver des critiques dithyrambiques sur ces mêmes quatrièmes de couvertures. Sur le lot de commentaires écrits, il est toujours possible d'en trouver de très bonnes!
   
   
   Extraits :
   
   - Elle était jolie, mais elle avait passé trop de temps au soleil. Elle était fripée comme un pruneau, le teint presque aussi foncé, pareil à des plumes de dinde.
   
   - Je sais pourquoi. Et lui aussi : tel qu'il conçoit les choses, ne doit rien goûter d'agréable avant qu'il n'ait d'abord exercé ses droits dessus.
   
   - Il me disait que l'amour était comme la varicelle, une maladie qu'il valait mieux attraper tôt, parce que ensuite, elle pouvait être mortelle.
   
   - Elle fondait entre mes bras, mais elle souffrait aussi de dépression qu'elle se plaisait à entretenir.
   
   - Des dents blanches et si régulières qu'elles paraissaient fausses, des yeux larges et humides comme ceux d'une mule sous des cheveux noirs savamment décoiffés et raides de sel.
   
   - On ne sous-estime pas un étalon parce qu'il connaît mal sa géographie.
   
   - C'est un géant, la tête pareille à une bouche d'incendie et les mains pareilles à de grandes assiettes.
   
   - Ce n'est pas le désir qui le pousse, plutôt une sorte de sorte de tourbillon de tendresse.
   
   - C'était un méchant celui-là, une allure de vautour, sa joue était davantage couverte de furoncles que de barbe. Je l'avais déjà croisé plusieurs fois au village. Trois pouces tranchés et noircis pendaient à sa ceinture.
   

   
   Titre original : Everything Ravaged, Everything Burned (2009)

critique par Eireann Yvon




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