Lecture / Ecriture
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Elégie pour Laviolette de Pierre Magnan

Pierre Magnan
  Le sang des Atrides
  L'Arbre
  Le parme convient à Laviolette
  La maison assassinée
  Les charbonniers de la mort
  La naine
  Chronique d’un château hanté
  Les secrets de Laviolette
  Laure au bout du monde
  Elégie pour Laviolette
  Pour saluer Giono
  Ados: L'enfant qui tuait le temps

* Interview dans la rubrique "Rencontres"

Elégie pour Laviolette - Pierre Magnan

Ressuscité d’entre les morts
Note :

   Ah, le commissaire Laviolette! Parenthèses de polar enchantées dans l’arrière-pays provençal. Que nous a-t-il enchantés dans des épisodes bucoliques et ensoleillés. Digne ou Sisteron, ce n’est pas Paris ou New York. Mais des commissaires il en faut aussi là-bas. Et donc Laviolette. Magnan comme un Jim Harrison provençal qui aurait décidé de faire dans le polar.
   
   Nous avions laissé le commissaire Laviolette pour mort dans "Le parme convient à Laviolette". L’intemporel et débonnaire commissaire avait reçu une décharge de chevrotines en travers du corps … Basta!
   
   Et puis … des années après … cette "Elégie pour Laviolette". Non, il avait été laissé pour mort mais découvert à temps, soigné, guéri et revenu, même si diminué, dans le monde des vivants, et des actifs de la police. Et voilà qu’on a besoin de ses services atypiques à Gap, plutôt qu’à Digne. On a besoin de son sens de l’introspection lente, seule capable de déchiffrer les mystères qui se cachent chez les "taiseux" des Alpes de Haute Provence ou des Hautes-Alpes.
   
   Le problème ici, c’est que Pierre Magnan m’a donné l’impression de faire l’épisode de trop. Décousu à la diable, mal fagoté. J’ai voulu y croire à mon Laviolette, à Gap… Mais non, un ressort s’était grippé dans la mécanique du polar mode provençale. Ou c’est moi qui ait mal vieilli? Pierre Magnan sollicite pourtant des classiques du Laviolette d’avant, notamment du "Sang des Atrides", comme s’il revisitait son œuvre, mais le "liant" manque pour que les morceaux fassent un plat.
   
   Celui-ci m’a déçu, hélas. Non pas qu’il soit mauvais à l’aune des romans lambda. Non, il y a toujours de la grâce de Pierre Magnan pour éclairer les paysages provençaux et ses autochtones les plus endurcis du même soleil affectueux qui, le matin, à son lever, projette tout à coup de l’or sur les sommets des montagnes et les fait passer de tas de cailloux gris à monde merveilleux. Mais il n’y a pas la maestria dont il faisait preuve dans le Laviolette d’avant. Avant les coups de chevrotine.
   
   A noter une très intéressante préface de Pierre Magnan lui-même qui revient sur le début de sa carrière, la naissance du personnage Laviolette et le Prix du Quai des Orfèvres, en 1978, pour "Le sang des Atrides", justement. Un éclairage rétro passionnant qui nous donne à voir sur l’intimité d’un écrivain, dans l’acte d’écrire, dans le fait d’accéder à une notoriété.

critique par Tistou




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