Lecture / Ecriture
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Les invités de Pierre Assouline

Pierre Assouline
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Pierre Assouline, né le 17 avril 1953 à Casablanca (Protectorat français du Maroc), est un journaliste, chroniqueur de radio, romancier et biographe français, ancien responsable du magazine Lire et membre du comité de rédaction de la revue L'Histoire.
(Wikipedia)

Les invités - Pierre Assouline

Non, merci
Note :

   Cette histoire commence par un banal dîner dans la haute bourgeoisie parisienne. Banal? Non, car l'hôtesse, la très raffinée Sophie du Vivier (ça ne s'invente pas!), a tout prévu, tout millimétré, tout orchestré dans les moindres détails, comme à chaque fois, pour que ce dîner soit absolument parfait. Du choix des invités au plan de table en passant par le menu et la décoration, rien n'a été laissé au hasard, car l'enjeu du dîner est primordial : permettre à M. du Vivier de conclure une affaire avec un célèbre homme d'affaires étranger, invité d'honneur de la soirée. Mais au dernier moment, alors que la maîtresse de maison pensait avoir paré à la moindre éventualité, un invité se décommande, et c'est le drame : au moment de passer à table, il n'y a plus que treize convives, dont l'une, ultra superstitieuse, refuse de commencer le dîner dans ces conditions. La situation est désespérée, mais aux grands maux, les grands remèdes. Une nouvelle "invitée" est choisie au mépris de toutes les règles de la bienséance : il s'agit de la bonne de la maison, Sonia. Mais l'on n'abolit pas si facilement les convenances et les préjugés de caste, et la pauvre Sonia apprend à ses dépens que l'on ne pénètre pas ainsi le cénacle du gratin parisien, surtout lorsqu'on s'appelle en réalité Oumelkheir Ben Saïd, que l'on est d'origine maghrébine, et que l'on prépare un doctorat d'Histoire de l'Art. Une soubrette arabe (enfin, berbère) et intelligente de surcroît, c'est plus qu'il n'en faut pour faire déraper la soirée et révéler les vraies natures de chacun...
   
    Disons-le franchement : ce roman est complètement raté. L'intrigue tient sur un post-it et a dû être rédigée entre Châtelet et République, les personnages sont stéréotypés et prévisibles (en plus d'être tous excessivement odieux et déplaisants, enfermés dans leurs préjugés ou au contraire pétris de bonnes intentions), les dialogues d'une banalité et d'une stupidité effrayantes (florilège de thèmes abordés lors des conversations mondaines du dîner : l'immigration, la religion, l'excision, les rapports entre le Proche-Orient et l'Occident...), sans parler du style, horripilant. Oui, Pierre Assouline a visiblement dévoré le Littré, et il adore nous montrer l'étendue de son vocabulaire et sa maîtrise de la syntaxe en allongeant délibérément ses phrases ou au contraire en les hachant à la Duras, s'imaginant sans doute que c'est là ce qu'on appelle "avoir du style". De même, répéter les bons mots de Churchill ou de Guitry donne certainement l'air brillant en société, mais les recopier dans son roman ne donne pas plus d'esprit à ses personnages, qui en sont cruellement dépourvus, malgré leur brillante carte de visite, puisqu'ils sont pour la plupart issus de Sciences Po ou de l'ENS (enfin, entre gens de la "haute", on dit visiblement "la rue d'Ulm", ça fait plus chic). En bref, si l'on s'attend à de l'humour caustique ou à une satire virulente de l'élite parisienne, on est immanquablement déçu, sans doute parce que Pierre Assouline est lui-même trop proche de ce genre de cercles prétendument intellectuels pour en brosser un portrait décapant. Quel dommage!
    ↓

critique par Elizabeth Bennet




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Comme du théâtre
Note :

    L'histoire prend place dans un grand appartement bourgeois où Madamedu - comme la surnomme sa bonne à tout faire - reçoit pas moins de 14 invités, tous triés sur le volet. L'enjeu est de taille, car son mari invite un gros client qu'il veut impressionner. Philosophes, écrivains, avocats, journalistes... tout le gratin se presse à sa porte. Rien ne doit être laissé au hasard, et le plan de table doit être absolument maîtrisé pour garantir une soirée réussie. Une fois les invités introduits dans l'appartement et généreusement servis en champagne, on passe à table. Et là, coup de massue pour la maîtresse de maison... ils sont 13, et une de leurs hôtes, pourtant discrète jusque là, refuse de s'asseoir. Il faut trouver un 14e invité... c'est là que l'équilibre précaire mis en place par la célébrissime Madamedu commence à vaciller...
   
   C'est une histoire en huis clos qui trouverait bien sa place au théâtre car tout repose sur le dialogue et les relations entre les personnages. Pierre Assouline reproduit très bien les idées reçues, les faux-semblants et l'hypocrisie qui peuvent régner dans ce type de mondanités. L'idée est très bien trouvée d'introduire parmi eux un "grain de sable" qui met en péril le rouage de cette petite société bien sous tous rapports. C'est bien vu, les personnages sonnent juste, il faut simplement s'accrocher au début pour bien intégrer qui sont les différents personnages... ça permet une lecture plus fluide et donc plus riche!

critique par La Dame




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