Lecture / Ecriture
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La Dernière Conquête du Major Pettigrew de Helen Simonson

Helen Simonson
  La Dernière Conquête du Major Pettigrew

La Dernière Conquête du Major Pettigrew - Helen Simonson

Ah, ce major Pettigrew!
Note :

    Je viens de lire avec grand plaisir "La Dernière Conquête du Major Pettigrew" d'Helen Simonson.
   
   Un peu dans l'esprit cosy et doudou du "Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" – mais à mon avis plus intéressant, ce roman a pour personnage le major Pettigrew, retraité vivant dans une charmante maison à Edgecombe St Mary. Lorsque le récit débute, le major vient de perdre son frère ; à la suite de ce décès, une première contrariété vient perturber le pauvre major, qui apprend que contrairement à ce qu'il avait imaginé, son frère ne lui a pas légué dans des termes explicites le fusil qu'il avait reçu à la mort de leur père, fusil jumeau de celui que possède le major. Fils aîné, le major n'a jamais complètement accepté cette séparation des fusils paternels qui dépare son étui, et voilà que les commentaires hargneux de sa nièce lui font voir que ses relations avec son frère était finalement bien plus compliquées qu'il ne l'imaginait. A côté de ça, on voit débarquer son fils, stéréotype du loup de la City, arriviste, matérialiste, imbu de soi-même, obsédé par le choix de ses relations sociales, à l'antipode des valeurs du major Pettrigrew, un brin conservateur mais intègre, très humain et surtout délicieusement pince-sans-rire. Heureusement pour lui, le major est amené à faire plus ample connaissance avec Mme Ali, qui tient la petite boutique du village. Veuve, d'origine pakistanaise, Mme Ali fait partie de ces invisibles auxquels personne ne prête trop attention. Et pourtant, tout comme le major, Mme Ali apprécie la littérature, en particulier Kipling, une première raison de sympathiser. Mais les âmes charitables du coin ne voient pas d'un bon œil cette nouvelle relation : entre le major, membre du club local, et Mme Ali, épicière d'origine pakistanaise, il existe un fossé infranchissable à leurs yeux généreux.
   
   Ce roman est un vrai régal, certes léger mais dense malgré tout ; un page-turner plein de rebondissements, parfois triste, souvent amusant, qui traite aussi de mixité sociale, pour reprendre un terme en vogue. Entre les origines de Mme Ali (née en Angleterre pourtant) ou son métier d'épicière, les bonnes gens du village ont du mal à déterminer quelle est la pire des tares. Lorsqu'un médecin d'origine pakistanaise cherche à faire partie du club local, on lui explique que malheureusement la profession est trop représentée et que le club prône une plus grande mixité...
   
   Bref, si vous aimez la littérature britannique, ne passez pas à côté du major Pettigrew... une fois que vous l'aurez invité à partager une tasse de thé chez vous, vous aurez bien du mal à le laisser repartir, à moins d'avoir reçu une invitation à passer vos prochaines vacances à Edgecombe St Mary.
    ↓

critique par Lou




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Une société de classes
Note :

   Titre original : Major's Pettigrew Last Stand
   
   
   (S'il est bien un roman à lire en VO, c'est celui-ci.)
   
   Veuf, père d'un fils aux dents longues, le Major Pettigrew est vraiment le pukka sahib plus vrai que vrai. Il coule à Edgecombe St Mary des jours assez plats où coule à flots le thé. Suite au décès de son frère, des liens se créent avec Mrs Ali, veuve d'originaire Pakistanaise, gérante de la boutique du village.
   
   Passons sur les péripéties de l'histoire dont l'intérêt n'est pas de connaître la fin prévisible que tout lecteur sensible anticipe avec bonheur. Le charme de ce roman, qui tient parfaitement ses promesses si on n'en attend qu'une jolie détente et pas des thèses fouillées sur les contrastes culturels ou générationnels, c'est de découvrir comment Helen Simonson narre délicatement les premiers pas puis l'évolution de cette love affair.
   
   En prime l'humour affleure toujours subtilement et le lecteur ressent sans problème les mêmes émotions que le Major, un peu raide de prime abord, mais qui gagne à être connu.
   
   Autour des héros gravite une multitude de personnages croqués avec gentillesse et ironie. Un tel village aussi coincé dans le passé existe-t-il? Peu importe, j'ai vraiment aimé cette plongée dans ce monde si british, avec une pointe d'épices indiens.
    ↓

critique par Keisha




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Un peu de tendresse...
Note :

   Je sais que certains d’entre vous me ressemblent, prêts à s’accrocher à un livre difficile, dur, long, parce que le sujet ou l’art de l’auteur est tellement excellent qu’il n’est pas question de lâcher. Je suis prête à explorer de nouveaux territoires, à faire l’effort du livre scientifique, philosophique mais... de temps en temps je suis prise d’une envie tenace de lire léger, de lire du romanesque bon teint, celui qui fait vibrer quand on a quinze ans. J'ai entassé dans un coin de ma bibliothèque des livres à ouvrir les jours de morosité totale où ils remplacent avantageusement le Prozac
   
   Si vous avez aimé par exemple dans ce genre : "La Reine des lectrices" ou les fameux "amateurs d’épluchures de patates" alors ce livre va vous combler.
   
   Je vous avait promis l’Angleterre, la voilà : Un petit village anglais du Sussex, ses maisons très "cosy", ses jardins bien entretenus, bref une sérénité toute bucolique. C’est la retraite du Major Pettigrew, un gentleman pur jus qui coule des jours calmes mais un peu tristounets à Edgecomb St Mary.
   
   Une épouse aimée mais qui a quitté ce monde depuis plusieurs années, un fils que vous allez détester et que vous ne souhaiteriez pas à votre pire ennemi, quelques amis pour le golf, et ses chers livres parmi lesquels vous ne serez pas étonné de trouver Kipling.
    Vous parlez d’un séisme, d’un quasi tsunami lorsque Mme Ali qui tient l’épicerie pakistanaise locale, sonne à sa porte et le découvre en perdition car il vient d’apprendre le décès de son frère.
    De fil en aiguille, de tasse de thé en balades en voiture, ces deux personnages vont se découvrir bien des points communs et pas seulement leur âge.
    Mme Ali prisonnière des traditions familiales et d’un neveu irascible n’a rien à envier au Major qui doit supporter l’envahissement de sa maison et de sa tranquillité par une possible belle-fille américaine et qui voit lui échapper le fusil tant convoité que son frère a oublié de mettre dans son testament.
   
   Est-il possible d’envoyer par dessus les moulins nos bonnes vieilles habitudes, de faire fi de la mesquinerie des uns, des manœuvres des autres? Plongez dans ce roman charmant, drôle, léger, savoureux. Il y a des scènes croquignolettes, des visites de cottage, des parties de golf et de chasse, et même un grand bal (juste un peu trop long à mon goût mais pffft je chasse ça d’un revers de main)
   
   J’ai souri tout au long de cette lecture, devant ces deux mondes si opposés, ces deux personnages avec qui l’on passe un excellent et tendre moment.

critique par Dominique




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