Lecture / Ecriture
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La langue maternelle de Vassilis Alexakis

Vassilis Alexakis
  Je t’oublierai tous les jours
  Le premier mot
  La langue maternelle
  L'enfant grec
  Paris-Athènes

Vassilis Alexakis est un écrivain né à Athènes en 1943 et vivant à Paris depuis 1968.
Il a reçu le Prix Médicis en 1995), le Grand Prix du Roman de l’Académie française en 2007 et le Prix de la langue française en 2012.

La langue maternelle - Vassilis Alexakis

Carrément raté, je trouve
Note :

   Ou bien les romans confiés à la sagacité du jury Médicis étaient d’une bien piètre pauvreté, ou bien les membres de cette auguste assemblée ont obéi à un schéma qui, je l’avoue, m’échappe. Toujours est-il que ce prix Médicis 1995 est un roman raté.
   
   Raté par un style ampoulé, alambiqué à souhait et qui se veut souvent érudit mais dont le résultat n’est que d’endormir un peu plus un lecteur qui se demande quand ce périple assommant va bien prendre fin.
   
   Raté par l’incapacité à servir une bien haute ambition dans le thème abordé. Allons donc au fait.
   
   Un émigré grec, dessinateur humoristique pour le compte de grands journaux parisiens, revient au pays après la chute du régime des colonels.
   
   Il y redécouvre sa famille, ses racines, ses souvenirs d’enfance grâce à un frère malheureux en amour et un père, conteur d’histoires pour le gynécée qui l’entoure et malgré tout en proie à des phobies annonciatrices d’un gâtisme avancé. Jusque là, tout va bien.
   
   Là où le roman se met à déraper, c’est lorsque notre émigré, dont le nom (comme celui de l’auteur), ne contient aucun E se met en quête de vouloir comprendre la signification de l’Epsilon qui trônait au-dessus de l’entrée du temple de la pythie à Delphes.
   
   Un mystère non éclairci et qui va conduire notre émigré en mal de pays à un périple désordonné, hasardeux, fait de rencontres plus ou moins cocasses afin d’élaborer une théorie qui en vaudra une autre.
   
   Il y a du bon dans le roman comme l’idée de jeter dans un carnet de voyage un mot, glané au fil du périple, par page commençant par Epsilon et de voir quelle histoire va en sortir. Du bon encore dans l’ambiance des soirées rythmées par l’ouzo, le plaisir de la drague qui sont assez bien rendus.
   
   Mais le récit dérape le plus souvent dans d’ineffables langueurs, une somme de conjectures où l’on se perd sans tarder. Les références à l’antiquité sont difficilement maîtrisées et surtout injectées sans talents, brutes de fonderie et finissent d’assommer le lecteur pourtant docile que je fus.
   
   Au total, je n’avais qu’une hâte, celle d’en finir avec ce roman disons-le, carrément raté. A éviter donc!

critique par Cetalir




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