Lecture / Ecriture
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Jean Giono à Manosque de Sylvie Giono

Sylvie Giono
  Jean Giono à Manosque

Jean Giono à Manosque - Sylvie Giono

Le paraïs, la maison d’un rêveur
Note :

   Vie, lumières et ombres des créateurs… de tous les biographes, ceux qui parlent avec tendresse sont les meilleurs témoins. C’est avec l’intelligence du cœur et sa bienveillance filiale que Sylvie Giono a entrepris la rédaction de ce petit ouvrage, en choisissant pour fil conducteur la visite de la maison que l’écrivain acquit dès 1930. C’est là qu’il s’est éteint paisiblement le 8 octobre 1970, après une soirée paisible en tête-à-tête avec sa fille cadette. Lui qui se définissait comme un voyageur immobile n’a guère quitté son havre, son phare, même si, comme le souligne malicieusement sa fille, il a peiné à y trouver la pièce idéale pour travailler.
   
   La maison a suivi l’évolution de la famille, et d’une manière quasiment chronologique, Sylvie Giono s’appuie sur les différentes étapes pour relater anecdotes et secrets de l’écrivain. Jean Giono était un homme de rituel, un travailleur méthodique, à sa manière, un grand rêveur qui concevait son œuvre par une maturation intérieure. Pour sa famille, dont la présence silencieuse lui était indispensable, les règles de vie étaient toutes dévolues au confort moral de l’écrivain. Mais à travers son témoignage, Sylvie Giono montre un père aimant et attentif, à sa manière…
   
   L’homme a été généreux avec ses amis, mais son œuvre a été sans conteste son unique moteur. Connu pour ses étourderies et ses rêveries créatrices, il n’a peut-être pas trouvé en ses contemporains l’indulgence et la compréhension qu’il aurait méritées. Sa fille s’emploie donc ici à rectifier quelques mauvais procès faits à son père. Mais le propos n’est guère polémique. L’homme était naturellement bienveillant, et sa fille semble cultiver la même ouverture d’esprit.
   
   Cet ouvrage d’abord simple convie d’abord à musarder en haute Provence, là où se situe la pureté, loin des côtes, selon l’écrivain. Gageons que connaître son cadre de vie donnera envie aux visiteurs de se plonger à nouveau dans l’œuvre du romancier, pour sa vision personnelle des paysages et sa clairvoyance de l’âme humaine.
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critique par Gouttesdo




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Côté face...
Note :

   Voilà la lumière
   
   Il y a des livres pour entrer dans l’intimité de cet auteur qui comme tout un chacun eut sa part de lumière mais aussi une part d’ombre ignorée longtemps sur laquelle pèse le silence de ses proches, de ses amis et de ses principaux biographes.
   
   Commençons par le connu, le simple, le lumineux destin d’un homme à travers sa maison, son lieu de vie. Dans une collection tournée vers les maisons d’écrivains sa fille Sylvie Giono évoque de jolie façon la maison familiale : le Paraïs "ni forteresse, ni tour d’ivoire".
   
   Elle s’efface avec beaucoup de simplicité devant son père car "C’est lui, l’enchanteur, qui est l’âme de cet endroit"
   
   Elle nous ouvre grand les portes de cette maison où Giono écrivit tous ses romans, où son ombre rôde encore aujourd’hui.
   
   Elle a de belles expressions pour nous dire à quel point ce lieu a compté pour l’écrivain "C’est sa fenêtre sur l’imaginaire par laquelle il s’échappe du réel".
   
   Son père est bien vivant à travers des objets comme ce tableau de peinture chinoise "qui représente des chevaux mongols, aux allures fines et déliées en même temps" ou ses pipes Dunhill ou un fin porte plume en bambou.
   
   La vie de la maison tournait autour de Giono, le rythme des activités, l’organisation des pièces, les aménagements tout était fait en vue de lui plaire et de lui donner le confort nécessaire à la création.
   
   "C’est une maison vivante, une maison qui a une âme. Elle réunit le réel et le merveilleux."
   

   C’est une image lumineuse qui est tracée par Sylvie Giono. Un peu trop lumineuse ?

critique par Dominique




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