Lecture / Ecriture
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Ados: Simple de Marie-Aude Murail

Marie-Aude Murail
  Ados: Simple
  dès 06 ans: 22!
  Dès 12 ans: Miss Charity
  Charles Dickens
  Ados: Oh Boy!
  Dès 10 ans: Malo de Lange, fils de voleur
  Ados: Papa et maman sont dans un bateau
  Ados: Amour, vampire et loup-garou
  Dès 09 ans: Nonpareil
  Dès 12 ans: Le tueur à la cravate
  Sauveur & Fils
  Ados: De grandes espérances

Ados: Simple - Marie-Aude Murail

“Simple = i-di-ot… oh, oh, vilain mot !”
Note :

   À partir de 13-14 ans.
   
   “Vous êtes un frère formidable. Votre dévouement est au-dessus de ce qu’on peut attendre de quelqu’un d’aussi jeune…”
   Telle est la déclaration des services sociaux faite à Kléber (17 ans) qui après le décès de sa mère s’est engagé à s’occuper de Simple (22 ans mais 3 ans d’âge mental).
   “Avoir un frère débile n’était pas un atout pour draguer les filles, mais Kléber ne se sentait pas menacé pour autant.”
   
   Les deux frères emménagent dans un appartement en colocation avec quatre jeunes étudiants. À vrai dire, ils ne sont pas uniquement deux à s’installer car ce serait compter sans Monsieur Pinpin, l’inséparable et incontournable compagnon-peluche de Simple qui occupe une place primordiale dans leur vie. Puis, n’oublions pas non plus ses inséparables Playmobil qui lui permettent de s’inventer un monde parallèle.
   
   Évidemment, dans ces conditions, le quotidien de ces colocataires s’embrouille et devient plutôt complexe. Des quiproquos s’installent, toutefois sans excès. L’auteur n’en utilise qu’une juste dose, ce qui rend le livre drôle et touchant à la fois. La présence de Simple dans cette petite communauté, va révéler lentement la personnalité réelle et profonde de chaque protagoniste qui se dissimulait jusqu'alors derrière certains masques sociaux. À lui seul, il crée l’harmonie en toute simplicité.
   
   Un livre d'une douceur débordante, empli d'émotions pures, saines et si justes.
   Bien qu’il soit édité dans la collection “Médium” de l’École de loisirs, réservé généralement aux adolescents, ce magnifique ouvrage s’adresse à un public bien plus large par son authentique tendresse communicative et la force des liens qui unit ces deux frères (qui ne sont pas sans rappeler, selon moi, ceux du film “Rain man” de Barry Levinson avec Dustin Hoffman et Tom Cruise).
   
   Un bonheur à découvrir.
    ↓

critique par Véro




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Le cœur content, la dernière page tournée
Note :

   Monsieur Pinpin, c’est la star de ce roman, c’est donc bien normal qu’il figure seul sur la couverture. «Simple sans monsieur Pinpin, c’était comme monsieur Pinpin sans Simple : la fin de tout». Ce n’est pas que monsieur Pinpin soit le seul ami de Simple, non, mais c’est quand même bien pratique d’avoir une peluche prête à endosser toutes les bêtises qui vous passent par la tête. Mais surtout, monsieur Pinpin, il pète la gueule à Malicroix, et ça, c’est quelque chose.
   
   Kléber, 17 ans, doit trouver sa place entre Simple, dont le quotidien se résume à jouer avec ses playmobil et échafauder mille bêtises avec son lapin en peluche, et son père, appuyé par les services sociaux qui souhaiteraient que Simple retourne à Malicroix, l’institution où ce pauvre garçon a l’impression de mourir chaque fois qu’il y retourne. C’est que Simple, 22 ans, a en fait 3 ans d’âge mental, «3 ans et demi dans ses bons jours» comme dit Kléber. ça ne facilite pas les choses.
   
   L’histoire aurait pu sombrer dans un épouvantable pathos mais ce serait mal connaître Marie-Aude Murail. Au moment où la tragédie pointe le bout de son nez, Kléber a l’idée lumineuse de trouver un logement pour lui et son frère, en colocation. Les voilà partis chambouler la petite vie tranquille et égoïste de Corentin, Emmanuel, Aria et Enzo, tous étudiants à la fac. La cohabitation est parfois épique, les péripéties sont nombreuses, et puis en plus des études, il y a l’Amour, les filles et tout ça. Mais Simple n’est pas parfois pas si différent des autres colocs, c’est quand même pas facile de grandir, même si on a atteint la vingtaine.
   
   Entre rires et émotions, Marie-Aude Murail nous concocte une belle histoire, comme à son habitude, qui parle d’un problème grave sur un ton léger, qui déborde de bons sentiments et qui vous laisse la larme à l’œil mais le cœur content, la dernière page tournée.

critique par Folfaerie




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