Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Les heures silencieuses de Gaëlle Josse

Gaëlle Josse
  Les heures silencieuses
  Noces de neige
  Le dernier gardien d'Ellis Island
  L'ombre de nos nuits
  Un été à quatre mains
  Une longue impatience

Gaëlle Josse est une écrivaine française née en 1960.

Les heures silencieuses - Gaëlle Josse

Scène en miroir
Note :

   Fin 1667, Magdalena van Beyeren confie au papier ce qu'elle ne peut dire: le secret qui l'étouffe, ses frustrations de femme et d'épouse, ses peurs de mère.
   
   Merveilleux tableau que cette scène d'intérieur toute en détails, en nuance et en mystère. Ces mystères, Gaëlle Josse s'en empare pour donner une voix à cette femme dont on ne connaîtra jamais le visage: Magdalena van Beyeren, épouse de l'administrateur de la Compagnie des Indes orientale dont elle n'a pu prendre la direction, mère et sœur.
   
   Exutoires de ses peines et de ses regrets, les pages de son journal dévoilent la vie foisonnante d'un port des Pays-Bas et le monde des armateurs. Mais si le tableau de cet univers est vivant, ce n'est rien à côté de celui que Magdalena peint d'elle-même, elle qui se sent tout doucement basculer du côté de la vieillesse et qui regarde sa vie présente au miroir des peurs et des espoirs de sa jeunesse. Il y a de la mélancolie, de la solitude, des frustrations, de la joie et de l'amour.
   
   C'est un texte tout en finesse, qui offre de beaux moments de poésie et dont la construction à partir de ce tableau est, à mon sens particulièrement intéressante. On est loin de l'histoire de l'art et des interprétations qui ont pu être données de cette œuvre de de Witte, mais par le jeu du journal, Gaëlle Josse rappelle ce miroir, le mystère présent sous l'apparente tranquillité domestique tout en s'appuyant sur chaque détail pour donner corps à son récit. L'exercice est merveilleusement réussi.
   
   "Mais la vie est ainsi, elle recèle quantité de portes secrètes dont on ne soupçonne point l'existence, tant que nul événement ne vient y frapper. On se découvre alors un visage bien surprenant que l'on peine à accepter comme sien, tant il diffère de celui que l'on montre d'ordinaire, auquel chacun est accoutumé."

    ↓

critique par Chiffonnette




* * *



Intérieurs hollandais
Note :

   Entre novembre et décembre 1667, à Delft, une femme de la grande bourgeoisie tient son journal, se souvenant des événements les plus marquants de sa vie.
   
   Tout part d’abord d’un tableau : Intérieur avec une femme à l’épinette d’Emmanuel De Witte : cette femme à l’épinette – mystérieusement représentée de dos, le front réfléchi par un miroir - c’est elle, la narratrice, Magdalena Van Beyeren. Pourquoi a-t-elle choisi d’être ainsi représentée de dos, c’est le suspense de ce livre, et nous n’en connaîtrons la raison que dans les dernières pages.
   
   Fille de l’administrateur de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, elle se montre, dès l’enfance, aussi fascinée par les navires quittant le port de Rotterdam qu’habile et consciencieuse dans l’étude des livres de compte.
   
   Elle fait un mariage d’amour et la charge de son père revient alors à son époux, qui développe le négoce d’autres marchandises et qui s’engage même dans la traite des esclaves – ce que Magdalena réprouve pour des raisons religieuses – et qui tourne d’ailleurs à l’échec.
   
   Suivent les naissances successives de leurs enfants, dont plusieurs meurent en bas âge, mais cinq d’entre eux survivent et leurs caractères – extrêmement différents les uns des autres – sont dépeints par cette mère avec beaucoup de finesse et d’acuité.
   
   
   Mon avis :
   
   C’est un livre très joliment écrit, la narration est faite avec délicatesse et chaque phrase est minutieusement pesée et ciselée pour n’en dire ni trop ni trop peu.
   
   La vie de cette femme, Magdalena, est intéressante et m’a semblé représentative de ce que pouvait être la vie d’une bourgeoise hollandaise du 17è siècle, confinée à l’intérieur de sa maison et vouée aux soins de sa famille et à ceux du commerce de son père, puis de son mari.
   
   La psychologie de cette femme, marquée par un souci de moralité mais habitée en même temps par des désirs secrets, m’a semblé également en accord avec l’idée que l’on peut se faire de cette époque et de cette société.
   
   J’ai apprécié que le tableau de De Witte (l’illustration de couverture) soit posé comme une sorte d’énigme dès le début du livre car, au fur et à mesure des pages, texte et image se donnent mutuellement du sens et de la profondeur.
   
   Il est facile et très agréable de rentrer dans ce roman, et je n’ai pas été étonnée d’apprendre que Gaëlle Josse était poète avant de devenir romancière, cela se devine facilement d’après son style.
   ↓

critique par Etcetera




* * *



Peinture flamande
Note :

   Gaêlle JOSSE a pour l'instant publié quatre romans :"Le dernier gardien d’Ellis Island" paru à la rentrée littéraire 2014, "Les heures silencieuses" (2011), "Nos vies désaccordées" (2012), "Noces de neige" (2013).
   
   Delft 1667 pour "Les heures silencieuses", Saint Petersbourg 1881 pour "Noces de neige" Ellis Island 1954 pour "Le dernier gardien d’Ellis Island", lieux et temps différents que Gaëlle Josse convoque pour raconter avec délicatesse ces vies anodines traversées de fractures et de silences.
   
   L'histoire:
   
    Magdalena Van Beyeren, en ce mois de novembre 1667, se confie aux pages de son journal. Dans sa maison de Delft, un tableau commandé par son mari à Emmanuel de Witte la montre de dos penchée sur son épinette. C’était son vœu à l’époque d’être représentée de dos et son mari n’en avait pas compris les motifs.
   
    L’auteure inspirée par la peinture d’Emmanuel De Witte "Intérieur avec femme à l’épinette" a imaginé la vie de cette femme, femme de l’ombre, de l’intérieur et du silence.
   
   Un roman feutré empreint de tendresse et de nostalgie.

critique par Michelle




* * *