Lecture / Ecriture
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Cet été-là de William Trevor

William Trevor
  Ma maison en Ombrie
  Le voyage de Félicia
  Mauvaises nouvelles
  Les anges dînent au Ritz
  Péchés de famille
  En lisant Tourgueniev
  Hôtel de la Lune Oisive
  Les splendeurs de l'Alexandra
  Secrets intimes
  Cet été-là
  Très mauvaises nouvelles
  Mourir l’été
  Lucy
  Les Enfants de Dynmouth

Sir William Trevor (de son vrai nom William Trevor Cox), né le 24 mai 1928 à Mitchelstown dans le comté de Cork en Irlande, est romancier, nouvelliste, dramaturge et scénariste. Lauréat de nombreux prix littéraires aussi bien en Irlande qu'en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, membre de l'Académie irlandaise, anobli par la reine Élisabeth II d'Angleterre, Sir William Trevor a connu une consécration relativement tardive dans les pays francophones. Il est mort en 2016.
Wikipedia

Cet été-là - William Trevor

Irlande, quand tu nous tiens!
Note :

    "Cet été-là" met en scène l'Irlande rurale, entre un petit village et les fermes et maisons plus isolées qui l'entourent. Le roman s'ouvre sur l'enterrement de la femme la plus aisée du village, connue de tous. Ses funérailles attirent ainsi beaucoup de monde, dont quelques personnes qui remarquent un photographe inconnu. Ce jeune homme s'apprête à vendre sa maison pour refaire sa vie ailleurs avec l'argent de la vente. Mais, alors que quelques mois seulement le séparent de son départ, il rencontre Ellie, jeune femme mariée à un fermier. L'attirance est immédiate, mais l'enjeu n'est pas le même pour les deux amoureux. D'un côté Florian y voit une jolie amourette, de l'autre Ellie, orpheline, ancienne employée de son mari, veuf à l'époque, risque bien de perdre sa respectabilité et une situation sûre lorsqu'elle tombe amoureuse pour la première fois. Leur relation est observée et commentée par Miss Connulty, la fille de la respectable défunte évoquée au début du roman : interviendra-t-elle pour tenter de mettre un terme à cette relation?
   
   Merveilleusement écrit, "Cet été-là" est un roman au rythme lent, qui prend le temps d'instaurer une certaine ambiance, de donner à découvrir ses personnages, pour finalement les abandonner dans une situation ambiguë, en quelque sorte inachevée : un roman que l'on ne lit par pour avoir des certitudes mais pour partager les interrogations troubles de personnages réalistes, peu romanesques ou idéalisés – même si Florian est assez bohème.
    ↓

critique par Lou




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Et ça continue encore et encore...
Note :

   Dans un village d’Irlande, Rathmoye, se déroulent les obsèques d’une femme âgée Mrs Connulty, qui tenait une pension de famille pour hommes. L’enterrement a été photographié par un jeune homme que nul ne connaît. Quelques personnes s’en offusquent, notamment la fille de la défunte. Ellie Dillahan, jeune épouse d’un fermier des environs, a remarqué ce jeune homme. Et réciproquement.
   
   Florian Kilderry cherchait le cinéma en ruine, autrefois détruit par un incendie. Dans la grande maison délabrée de Shellanahg où il vit et qu’il doit vendre, pour régler des dettes, il a découvert parmi le fouillis des objets un appareil photo, et espéré s’exprimer artistiquement par ce média.
   
   Orphelin depuis peu, il envisage de quitter l’Irlande, commencer ailleurs une vie où il s’inventerait un avenir.
   
   Ellie est également orpheline, mais depuis toujours. Elle a quitté un pensionnat de religieuses pour travailler à la ferme de Dillahan, devenu veuf après avoir tué accidentellement sa femme et son enfant. Il l’a ensuite épousée. Ellie s’estime heureuse, son mari, hanté par la tragédie qu’il a vécue, ne boit pourtant pas, et n’est pas caractériel.
   Malgré tout elle s’ennuie beaucoup et Florian est le premier homme qui lui plaise.
   
   La relation qu’elle vivra quelques semaines avec Florian est devinée par Miss Connulty fille de la défunte, célibataire au passé douloureux, qui fantasme sur les deux jeunes gens.
   
   D’autres personnages jouent un rôle dans le récit, voire dans l’intrigue, tel ce pensionnaire de la maison de retraite, ancien bibliothécaire, qui vit dans le passé et se promène en racontant la vie de gens disparus depuis longtemps et dont il refuse la disparition. Ses longs monologues, on y répond distraitement « oui, bien sûr » pour ne pas le contrarier. Mais ne va-t-il pas un jour troubler quelqu’un avec son délire ?
   
   Voilà un roman au rythme bien lent comme on vit à la campagne. Les mêmes gestes se répètent tous les jours, les mêmes travaux domestiques, ou agricoles. A travers tout cela s’éprouvent des sentiments forts et des conflits.
   
   Après la lecture, on aura pourtant l’impression que rien ne s’est passé d’essentiel dans le récit.
    La vie reprend comme auparavant, excepté pour Florian...

critique par Jehanne




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