Lecture / Ecriture
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La Mort s'invite à Pemberley de Phyllis Dorothy James

Phyllis Dorothy James
  Péché originel
  La salle des meurtres
  Le phare
  A visage couvert
  Une mort esthétique
  La Meurtrière
  La Mort s'invite à Pemberley
  Meurtre dans un fauteuil
  Une folie meurtrière
  Meurtres en blouse blanche

Ecrivaine de romans policiers née en 1920 à Oxford.
D'abord femme au foyer puis, son mari étant gravement malade, obligée de travailler pour élever ses enfants, elle ne présente son 1er roman qu'après 40 ans.
Sacrée nouvelle reine du crime, elle est aujourd'hui lauréate du Silver Dagar Award, ainsi que, en France, du grand prix de littérature policière (en 1988).
P.D.James est devenue baronne (elle a été anoblie par la reine en 1990), membre éminent des auteurs britanniques et de la chambre des Lords.
Elle est décédée à Oxford le 27 novembre 2014. Elle avait 94 ans.

La Mort s'invite à Pemberley - Phyllis Dorothy James

Mais James n'est pas Austen
Note :

   Sachez que le capitaine Denny ("Orgueil et préjugés") n'est plus. Eh oui, lors d'une promenade ma foi fort agréable sous la pluie et le vent en compagnie du colonel Fitzwilliam, nous avons découvert le fringant militaire à terre, le visage ensanglanté. Denny avait rendu l'âme (ceux qui espéraient le voir déclarer sa flamme à Mary Bennet en seront donc pour leur compte).
   
   Comme Darcy n'a jamais eu de chance à ce sujet, il fallait que le coupable tout désigné fut Wickam, ce beau-frère également persona non grata à Pemberley. Et parce que Darcy est un chic type (un homme grand et très anglais – dixit sa fille dans "Les Filles de Mr Darcy", vous l'aurez donc compris c'est quelqu'un de bien), le voilà obligé de contribuer financièrement au bien-être de Wickam en prison, tandis que, fort heureusement pour lui et sa chère Elizabeth, Lydia Wickam est invitée à séjourner chez les Bingley (déjà un problème en moins). C'est aussi une menace qui pèse sur la respectabilité de la famille et, querelles ou pas, il n'est jamais très agréable de savoir son beau-frère en mauvaise posture dans un procès pour meurtre (surtout en Angleterre au début du XIXe).
   
   Heureusement, grâce à mes capacités de déductions hors du commun, j'ai deviné bien vite que Wickam n'était pour rien dans ce vil assassinat. Que le comportement de Fitzwilliam, soudain pris d'une envie d'aller faire un tour dehors un soir de tempête, n'avait rien de normal. Qu'il se passait quelque chose de fort suspect dans la maison du bois. Et que le fantôme aperçu par deux domestiques dans la forêt cachait lui aussi quelque chose de louche.
   
   Je ne vous dirai point comment est résolue cette palpitante affaire, sachez seulement que, si l'envie vous prenait d'ouvrir "La Mort s'invite à Pemberley", vous passeriez un charmant moment en compagnie de gentlemen fort respectables, dont la culpabilité serait écartée de suite par le magistrat en charge de l'affaire. Entre quelques tasses de thé et conversations viriles au coin du feu, vous auriez certes peu l'impression de découvrir un polar classique et plein d'hypothèses, mais le charme de Pemberley et de l'Angleterre de ce début de XIXe risquerait fort de vous séduire une fois de plus. Bien sûr on ne retrouve ni l'humour ni l'ironie de Jane Austen, et l'intrigue policière n'est sans doute pas ce qui intéressait P.D. James mais, sans être éblouissant, ce livre se classe parmi les suites honnêtes de "Pride and Prejudice" : pour ma part j'ai passé un très agréable moment, une tasse de thé à la main (du moins lorsque je le pouvais). Une lecture qui correspondait tout à fait à mon état d'esprit du moment!
   
   Une balade austenienne... et puisque je ne parvenais plus à quitter les Darcy, j'ai commencé à lire "Les Filles de Mr Darcy", dont je vous parlerai donc bientôt.
   
   
   PS : Et si Mr Darcy avait quelque chose à se reprocher?
   ↓

critique par Lou




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Lénifiant
Note :

   C'est sans déplaisir, mais parfois un peu en diagonale je l'avoue, que j'ai lu cet hommage de PD James à son aïeule putative, Jane Austen. L'on y retrouve l'écho de cette société victorienne tellement figée dans ses rôles imposés par tous à tous et où chacun essaie pourtant de s'aménager un petit accommodement pas trop inconfortable.
   
   Je pense qu'on peut lire ce roman sans avoir lu "Orgueil et Préjugés", mais que cela doit tout de même être un peu fumeux. Par contre, si vous l'avez lu mais un peu oublié, pas de problème, les rappels sont assez clairs pour que vous raccrochiez rapidement les wagons.
   
   PD James ne s'est pas mal sortie du tout de la peinture de société. Elle a même su très bien faire ressentir les liens qui unissaient une aristocratie indiscutée mais responsable et la large sphère de la population lige. De sacrifices symboliques en sacrifices réels, chacun majoritaire sur un des plateaux de la balance sociale, mais l'époque n'est pas à la contestation, pas plus pour PD James que pour J. Austen, pas plus pour les personnages que pour le lecteur. L'aristocrate gère son domaine comme s'il était roi d'un petit royaume, et notre britannique aristocratie guigne du coin de l’œil ces révolutionnaires de Français si agités aux frontières, tout en se persuadant que, si les Nobles continentaux avaient su s'acquitter de leurs charges, la situation n'aurait pas dégénéré au point qu'on leur coupe la tête.
   "La paix et la sécurité de l'Angleterre dépendent de l’existence de gentlemen vivant dans leurs demeures en bons propriétaires fonciers et en bons maître, attentionnés à l'égard de leurs domestiques, faisant la charité aux pauvres, et prêts, en qualité de juges de paix, à jouer un rôle actif en assurant la paix et l'ordre au sein de leur communauté. Si les aristocrates français avaient mené pareille existence, il n'y aurait jamais eu de révolution."
   C'est du moins ainsi que les Darcy voient les choses et vous avez du même coup leur portrait brossé.
   Beaucoup de tasses de thé, de phrases à coulisse, de préoccupations protocolaires, de façons différentes de ne surtout pas dire ce que l'on veut laisser entendre et nous voilà aux premières années du 19ème siècle, dans la belle société.
   
   Mais le capitaine Denny a tout de même été assassiné et le beau-frère de Darcy a toutes les chances d'être pendu pour ce crime, ce qui fait tache dans un tableau de famille. Comment savoir ce qui s'est vraiment passé? Là, c'est le versant "intrigue policière" de ce roman et il est beaucoup moins satisfaisant, pour ne pas dire fort médiocre. Il n'y a pas d’enquêteur, il n'y a d'ailleurs pas d’enquête, ni aucune forme de recherche, les événements se contentent de s'enchainer jusqu'aux aveux inespérés du coupable sans lesquels on en serait encore à tout ignorer du pourquoi du comment. Cela se termine par des pages et des pages d’explications compliquées où l'auteur ne craint pas de se répéter abondamment, et assez souvent en réutilisant les mêmes formules. Les explications vont même jusqu'à éclairer ce qui s'est passé dans "Orgueil et Préjugés" et non plus seulement dans "La Mort s'invite à Pemberley" et si ce n'était la douceur lénifiante de la bonne société victorienne, qui insinue sa torpeur jusque dans son esprit, le lecteur pourrait s'en agacer.
   
   Bref, c'est lisible, surtout si vous aimez Austen, mais ce n'est pas du tout indispensable (et il s'en faut de beaucoup!).
   ↓

critique par Sibylline




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Faire un flop à Pemberley
Note :

   Quelle idée séduisante de nous transporter au temps de Jane Austen! Nous voilà dans le somptueux domaine de Pemberley où vivent Elizabeth et Mr Darcy et leurs deux enfants.
    Nous voilà renouant avec Bingley et Jane, avec Mr Benett qui squatte la bibliothèque du château et Georgiana qui s’est trouvée un soupirant.
    Nous sommes un sombre soir d’octobre, la tempête souffle, tout ce beau monde se prépare pour le grand bal annuel qui doit avoir lieu le lendemain quand un meurtre est commis dans les bois entourant Pemberley et devinez qui est suspecté du meurtre? Mais oui , lui, l’affreux, l’infâme Wickam. Tout le passé resurgit...
   
   On arpente les bois de Pemberley, toute la famille se met à la disposition de la justice pour faire la lumière sur cette étrange mort. On boit du thé comme il se doit, on réconforte la pauvre Lydia, toute la famille se met à la disposition de la justice pour faire la lumière sur cette étrange mort.
   
   Tout ça ne fait pas un roman
   
   Si ce polar n’avait pas été écrit par Phyllis Dorothy James je serais moins triste, j’ai comme l’impression que Mme PD James devrait prendre une retraite bien méritée, la reine du crime a 90 ans passés et il est l’heure de passer la main.
   
   Les fans de Jane Austen dont je suis ne retrouveront pas l’atmosphère si particulière qui s’attache à ses romans et les amateurs de polars (dont je suis aussi) trouveront l’intrigue d’une lenteur désespérante et d’un convenu affligeant.
    ↓

critique par Dominique




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Une PD James moins à l'aise que d'habitude
Note :

   Titre original : Death Comes to Pemberley
   
   Pemberley House. Octobre 1803. Tandis que les préparatifs du bal annuel de Lady Anne s'organisent chez Elizabeth et Darcy, d'étranges transactions ont lieu non loin de là, autour du cottage où vit la famille Bidwell dont la famille du père est au service des Darcy depuis des générations. L'arrivée inopinée de Lydia et Wickam accompagnés du meilleur ami de ce dernier depuis le temps de leur vie militaire va précipiter un drame : le pauvre capitaine Denny est en effet retrouvé mort d'un coup mortel porté à la tête dans le bois de Darcy. Très vite Wickam est accusé de ce crime en l'absence d'autre coupable et sans indice contradictoire bien que celui-ci clame son innocence. Les Darcy n'en n'ont pas encore fini avec le scandale qu'apporte Wickam à cause de son penchant immodéré envers la gent féminine !
   
   "La veille du bal, le diner fut servi à dix-huit heures trente, comme il était de mise dans la haute société, mais lorsque les convives étaient peu nombreux, on dressait généralement le couvert dans la petite pièce contigüe à la grande salle à manger, où huit personnes pouvaient prendre confortablement place autour de la table ronde."(p.68)
   

   PD James prend la liberté d'inventer une vie à certains personnages des romans de Jane Austen et c'est vers un roman légèrement "policier" que son intrigue nous entraîne.
   
    Lizzie et Darcy d'Orgueils et Préjugés ont deux garçons et vivent non loin des Bingley (la famille de la sœur Jane). Nous sommes 6 ans après les faits du roman austenien et l'on apprend avec beaucoup d'humour ce que sont devenus les protagonistes, et, plus insolite encore, l'auteur nous fait l'honneur de la visite sympathique quoique indirecte car leurs noms sont évoqués au détour de passages anecdotiques d'Emma et son mari Knightley (roman "Emma") ou encore d'Anne Eliot et son cher Capitaine Wentworth devenu amiral ! sans oublier Harriet Smith, Sir Walter Elliot (roman "Persuasion").
   
    L'intrigue policière en elle-même est maigre car il n'y a pas d'enquête avec un policier en bonne et due forme, il est plutôt question d'une première justice rendue par un magistrat local, puis d'un autre procès londonien dans l'illustre tribunal du Old Bailey. Le lecteur intéressé aura peut-être envie de (re)lire Jane Austen, de voir l'adaptation télévisée (assez bien tournée ma foi) de ce roman ou encore de découvrir une excellente série Garrow's law qui se situe à la même époque au Old Bailey.
   
    Une lecture plaisante malgré un style qui ne me permet de m'exclamer sur le bonheur de lire certains passages, une impression sans doute due au fait que les personnages n'appartiennent pas vraiment à PD James... ni l'époque, j'avais par certains endroits l'impression de lire un article sur Wikipedia ou en tout cas j'ai trouvé certains passages un peu trop artificiels comme s'il avait fallu les raboter pour qu'ils s'adaptent à un roman d'époque mais écrit par une contemporaine.

critique par Wictoria Wentworth




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