Lecture / Ecriture
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Les anges de New York de Roger Jon Ellory

Roger Jon Ellory
  Seul le silence
  Vendetta
  Les Anonymes
  Les anges de New York
  Les neuf cercles

Roger Jon Ellory, est un écrivain britannique de romans policiers et de thrillers, né en 1965. Il est par ailleurs membre très actif de l'église de scientologie depuis une trentaine d'année.
Il s'est fait remarquer en 2012 en postant sous pseudonyme, sur le net, des commentaires élogieux de ses propres livres... (mais pas ici:-), du moins, je crois )

Les anges de New York - Roger Jon Ellory

Un personnage de flic comme on les aime!
Note :

   "Pour ce qui était des homicides, les douze premières heures étaient cruciales. Après ça, les morts cessaient de parler"
   
   Frank Parrish découvre Danny Lange, abattu à bout portant d’une balle de 22 long rifle dans la tête. Junkie connu des services de police, Frank n’est pas vraiment surpris par cet assassinat. Là où les choses se compliquent, c’est quand il retrouve la sœur de Danny, Rebecca, jeune adolescente de 16 ans, étranglée. L’autopsie révèle qu’elle a eu des rapports sexuels avant le crime sans être violée. Chose étonnante : elle était en sous vêtements quand on l’a découverte, avec du rouge sur les ongles, ce qui n’est pas dans ses habitudes. De plus, ses cheveux sont coupés courts, alors qu’elle les porte longs.
   
   Frank prend l’affaire très à cœur. Affublé d’un nouvel équipier qui vient de la brigade des stups, il commence à enquêter et découvre que Rebecca a été adoptée, une femme l’ayant en effet élevé à la mort de ses parents. En se rendant à l’école où elle était scolarisée, il apprend qu’un homme se faisant passer pour son père –sans doute l’assassin- a téléphoné pour prévenir de son absence. Il apprend aussi qu’une autre jeune fille, Karen, a été retrouvée étranglée, avec des similitudes dans les deux décès : l’âge des adolescentes, la façon de procéder pour tuer, mais aussi le fait de retrouver Karen avec des vêtements qu’elle n’aurait normalement jamais portés, à savoir une jupe courte et des chaussures à talons hauts . Du coup Frank s’intéresse aux autres filles disparues récemment.
   
   Fils de John Parrish, l’un des officiers les plus décorés de sa génération, il raconte l’histoire de ce père à la psy qu’il est obligé de voir, ce père aujourd’hui décédé que les gens considèrent comme un héros pour avoir fait partie des "Anges de New York", dont la mission était d’éradiquer la Mafia, alors que lui le déteste et le pense corrompu.
   
   Du rythme, un personnage complexe et attachant, porté sur la boisson, héros malgré lui qui a perdu son coéquipier de façon particulièrement dramatique, la scène inaugurale est à ce titre particulièrement impressionnante, fréquentant une prostituée suite à son divorce et passant par obligation de longs moments chez une psychologue, qui cherche à en savoir plus sur ses rapports avec son père. Stéréotype du flic de roman noir, fâché avec sa famille, Frank a tout du policier qu’on aime malgré ses travers!
   
   Quatrième roman de Ellory, ce récit nous offre un nouveau personnage de flic. En effet, pas de héros récurrent chez cet auteur de polar mais toujours en toile de fond l’Amérique, et une intrigue autour d’un tueur en série. La construction est habile même si on perçoit quelques ficelles, les personnages sont spécialement bien campés avec ce père et ce flic à la fois anges et démons et les dialogues avec la psy sont particulièrement savoureux. Bref, un polar consistant, qu’on déguste avec plaisir.
    ↓

critique par Éléonore W.




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Déception totale
Note :

   L’auteur me déçoit, son premier roman "Seul le silence" m’avait vraiment accrochée et depuis...
   
   J’ai fait l’impasse sur "Vendetta" car le sujet ne m’attirait pas vraiment, "Les Anonymes" m’est tombé des mains et malgré tout un peu maso j’ai récidivé.
   
   Je suis paresseuse aujourd’hui donc je vous livre la 4ème de couverture :
    "Frank Parish, inspecteur au NYPD, a des difficultés relationnelles. Avec sa femme, avec sa fille, avec sa hiérarchie. C’est un homme perdu, qui n’a jamais vraiment résolu ses problèmes avec son père, mort assassiné en 1992 après avoir été une figure légendaire des Anges de New York, ces flics d’élite qui, dans les années quatre-vingt, ont nettoyé Manhattan de la pègre et des gangs. Alors qu’il vient de perdre son partenaire et qu’il est l’objet d’une enquête des affaires internes, Frank s’obstine, au prix de sa carrière et de son équilibre mental, à creuser une affaire apparemment banale, la mort d’une adolescente. Persuadé que celle-ci a été la victime d’un tueur en série qui sévit dans l’ombre depuis longtemps, il essaie obstinément de trouver un lien entre plusieurs meurtres irrésolus. Mais, ayant perdu la confiance de tous, son entêtement ne fait qu’ajouter à un passif déjà lourd. Contraint de consulter une psychothérapeute, Frank va lui livrer l’histoire de son père et des Anges de New York, une histoire bien différente de la légende communément admise. Mais il y a des secrets qui, pour le bien de tous, gagneraient à rester enterrés."
   
   Un héros qui pourrait être attachant, oui mais on l’a vu partout le flic alcoolo, violent, borderline mais tellement sympa, et d’autres auteurs ( Ken Bruen, Burke et surtout Lawrence Block) l’ont fait avec beaucoup plus de talent.
   
   L’histoire est convenue au possible, on ne croit pas une seconde à sa confession chez le psy, ce qui sauve le roman c’est qu’on s’attache à l’enquête qui est bien menée, dommage que Ellory ne s’en soit pas tenu à ça et qu’il ait fait dans le polar psycho machin, les grands mots sont lancés : culpabilité, rédemption! mais ils tombent à plat.
   ↓

critique par Dominique




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Une saga, encore …
Note :

   R.J. Ellory reprend ici une technique similaire à celle observée dans "Vendetta". Il fait l’historique d’une section mafieuse - à New York dans ce cas précis - au cours du récit d’une enquête sur un tueur en série. En réalité, Frank Parrish, inspecteur dont la carrière ne tient plus qu’à un fil, principalement du fait de son comportement "borderline" et de son alcoolisme invétéré, voit son salaire suspendu pour 3 mois et se voit dans l’obligation de rencontrer quotidiennement une psychothérapeute pour pouvoir prétendre continuer sa carrière d’inspecteur .
   
   Conjointement il continue son job d’enquêteur, associé à un nouveau binôme, un jeune frais émoulu ; ça, c’est pour la partie enquête sur le meurtrier en série et pour faire bon poids pédophile. Et tous les deux ou trois chapitres, nous avons rendez-vous en compagnie de Frank Parrish avec la psychothérapeute. Et là, outre le classique traitement d’un névrosé avec son soignant, ça va être l’occasion pour R.J. Ellory de faire raconter par Frank Parrish l’histoire de son père, flic-monument tué dans l’exercice de ses fonctions et tenu par Frank pour un flic pourri, corrompu : un des "Anges de New York". Puisque "Les Anges de New York", c’était l’appellation des flics corrompus qui couvraient la Mafia de l’intérieur lors du développement de la ville dans les années cinquante – soixante.
   
   Frank Parrish est persuadé que son père, considéré comme un quasi héros par New York, était un des "Anges de New York". Qu’il a couvert des infractions, des crimes, voire en a commis, pour la Mafia. Il en fait le récit complet lors de sa thérapie.
   
   Parallèlement, il finit par sortir définitivement de la voie légale une fois identifié le tueur pédophile en série de jeunes filles, préférant voir sa carrière ruinée plutôt qu’avoir à supporter une énième mort imminente.
   
   Le procédé est très similaire à celui employé dans "Vendetta" mais plus boiteux. Comme un canard qui marcherait avec une patte plus courte que l’autre. C’est que l’histoire des "Anges de New York" relatée par Frank Parrish à sa psychothérapeute se finit beaucoup plus tôt que la fin de l’enquête. Seule la fin permet un rétablissement in extremis, mais la partie enquête est très convaincante et on se laisse volontiers mener par les méandres de l’imagination de R.J. Ellory.
   Moins réussi que "Vendetta" mais très bon néanmoins.
   
   "Il se demanda quand le monde avait changé. Mais le monde avait-il vraiment changé, ou était-ce simplement sa perception?"

   Une bonne question, non?

critique par Tistou




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