Lecture / Ecriture
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Carnets d'un jardin de Anne-Marie Koenig

Anne-Marie Koenig
  Carnets d'un jardin

Carnets d'un jardin - Anne-Marie Koenig

«Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin.»
Note :

   Après les discours avec les oiseaux, les trilles et les modulations du rossignol j’ai décidé de descendre dans mon jardin, enfin quand je dis mon jardin... il s’agit plutôt de celui d’Anne-Marie Koenig.
   
   Ce livre est dans ma bibliothèque depuis 17 années et je ne laisse jamais passer une année sans l’ouvrir. Je l’ai rangé entre Sue Hubbell* et l’Herbier de Colette.
   
   Un journal tout entier composé comme un bouquet multicolore de fleurs champêtres. Des textes courts sur le jardin qu’elle estime tout juste sorti de l’enfance alors qu’elle le pratique depuis pas mal d’années «une décennie d’orages, de révoltes et de réconciliations.»
   La voilà armée de sa binette qui fait le tour des ses plates-bandes de fraises, ses bordures d’oseille ou de thym. Elle est dans son jardin dès potron-minet quand «la nature ne se méfie pas encore» et jusqu’aux dernières heures de la nuit.
   Elle nous convie à une leçon de jardinage. Elle nous fait avec modestie cadeau de ses conversations avec des plantes qu’elle a choisies non seulement pour leur agrément mais parfois juste pour leur nom : désespoir des peintres et autre amour en cage.
   
   Un coup de projecteur sur les hôtes du jardin : taupes et autres campagnols «une bande d’hypocrites» qui font «les pâtissons rares et anémiques».
   Un crapaud un peu culotté qui grignote sans vergogne les plants de fraisiers, les insectes ne sont pas absents tels ces hannetons volant en escadrille bien rangée, véritables fous volants.
   Mais son préféré c’est le hérisson, surtout celui qui entreprit un jour de faire le tour de la piscine gonflable suivi par le chat de la maison, le hérisson distança le chat et se retrouva bientôt derrière lui pour lui donner une peur bleue!
   
   Les plantations maintenant : doux méli-mélo de légumes. Certains sont magnifiques comme ses potirons «individualistes» toutes les bonnes herbes aromatiques qui embaument dès qu’on les presse un peu, d’autres sont plus récalcitrants comme son oseille qui n’est qu’ «une vielle fille stérile» ses tomates qui refusent de virer au rouge ou font maladie sur maladie!
   
   Les fleurs maintenant, un lilas bien malade et des buis, alors là j’attendais l’auteur au tournant, parce que des buis moi j’ai essayé eh bien fiasco total! Elle les traite de "lympathiques et introvertis" ... je me sens vengée.
   Lavande et lavandin dont ni le gel ni la sécheresse ne sont venus à bout, des coriaces!
   
   Pourtant parfois le ciel n’est pas clément et «A la tempête succède un curieux silence, encore bourdonnant de colère et de fatigue.» il faut se remettre au travail, réparer les dégâts «il va falloir scier, redresser, tuteurer, amarrer.» sans perdre courage.
   
   « Mon jardin me plaît pour les surprises que me font les plantes»
mais certains jours un peu de découragement peut poindre et c’est décidé, l’an prochain «à l’emplacement du potager, je sèmerai des fleurs sauvages» mais demain la trouvera encore à l’aube le nez dans la rosée.
   
   J’ai aimé cette lecture qui a des vertus apaisantes, dont le parfum s’exhale page après page et dont j’ai très envie de profiter longtemps encore.
   
   
   * « Une année à la campagne »

critique par Dominique




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