Lecture / Ecriture
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Viviane Elisabeth Fauville de Julia Deck

Julia Deck
  Viviane Elisabeth Fauville

Julia Deck est une auteur français née en 1974.

Viviane Elisabeth Fauville - Julia Deck

L’histoire d’un femme qui déraille…
Note :

   Rentrée littéraire 2012
   
   Un premier roman édité par les prestigieuses Editions de Minuit… toute la presse en parle, et inévitablement, on en attend beaucoup, les exigences se hissent à la hauteur de l’événement… C’est dommage, car sans l’effet d’annonce, j’aurais certainement trouvé ce premier roman très bien. Mais grâce aux éloges qui m’ont incitée à l’acheter le jour même de sa sortie, je me retrouve un peu déçue…
   
   L’histoire n’est pas nouvelle : c’est celle d’une femme qui déraille à un moment donné de sa vie, qui ne supporte plus son quotidien ; qui ne veut plus être une toute petite roue dans un grand engrenage ; qui refuse de ne pas avoir le choix, d’être "esclave de la nécessité".
   
   Viviane Elisabeth Fauville, 42 ans, a fait des études, une belle carrière professionnelle. En revanche, elle n’a trouvé l’âme sœur que sur le tard. Au début du roman, son mari vient de la quitter pour une autre femme après un mariage de deux ans dont elle avoue qu’il a été désastreux. Pourtant, ils ont une petite fille de trois mois, Valentine (il me semble que son nom n’est cité qu’une fois… en général, il est question de l’"enfant") que Viviane a prise avec elle et qu’elle refuse de partager avec son mari.
   
   Viviane est en perdition. Depuis une crise d’angoisse avec perte de connaissance dans le métro parisien il y a quelques années, elle est suivie par un psychiatre-psychanalyste qui l’agace prodigieusement, car elle n’a nullement l’impression que sa santé le préoccupe. Après un nouveau "black-out" et un ultime appel à l’aide qui finit comme d’habitude en dialogue de sourds, elle poignarde son psy. Puis, elle retourne à son enfant, son nouvel appartement, ses occupations quotidiennes… Et elle commence à élaborer avec une extrême froideur des plans pour ne pas être suspectée du meurtre. Elle passe en revue tous les scénarios possibles et cherche à parer à toutes les accusations. Chacun de ses gestes est rapporté avec une précision maniaque : horaires, rues, stations de métro, trajets dans Paris… Elle suit avec minutie la progression de l’enquête policière et ne peut s’empêcher d’entrer en contact avec les suspects successifs, n’hésitant pas à donner des somnifères à son bébé pour ensuite le laisser seul à la maison.
   
   Certes, le lecteur est d’entrée de jeu au courant des "problèmes" de Viviane, mais ce n’est que progressivement qu’il se rend compte que son état mental est très gravement dérangé et que les choses ne se présentent pas forcément comme Viviane les voit. Car c’est elle qui nous raconte son histoire, utilisant de préférence la 2ème personne du pluriel, ce qui induit une grande familiarité entre narrateur et lecteur en même temps qu’une certaine distance. On a l’impression de vivre l’histoire de l’intérieur tout en restant un observateur extérieur. Mais ne serait-ce pas exactement ce que ressent Viviane elle-même? Elle agit, et parallèlement elle se voit agir comme si elle était étrangère à ses propres actes. C’est peut-être ce qu’elle veut nous faire comprendre lorsqu’elle dit habiter son corps "par si brèves intermittences" (p. 101). Elle perd la notion du réel…
   
   Le personnage de Viviane et la construction de l’intrigue sont intéressants et à creuser, c’est hors de doute ; le roman se lit très vite ; mais rien ne m’a touchée, je n’ai ni adhéré émotionnellement (ce que j’aime bien tout de même) ni trouvé mon compte de surprise ou d’originalité. En fait, j’ai attendu jusqu’au bout qu’enfin quelque chose d’inattendu se produise… et non, tant pis pour moi et ma faim de sensationnalisme!
   
   Donc voilà, je l’ai mentionné plus haut: à trop vanter certains "produits", les "promoteurs" finissent par leur causer des torts!
   ↓

critique par Alianna




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Crime, enquête et blablabla
Note :

   Viviane et son mari se séparent. Julien a fui «l’horreur conjugale» et sort avec une jeunesse. Viviane et lui n’étaient mariés que depuis trois ans, et ont dépassé la quarantaine. Que s’est-il passé? Viviane a eu un enfant sur le tard, elle ne croyait plus à la conjoncture mari-enfant la concernant, elle planait tellement qu’elle n’a pas bien évalué le potentiel de son conjoint.
   Maintenant la voilà seule avec l’enfant le bébé, ou «la petite», douze semaines.
   
   Douze semaines? Pourquoi pas trois mois? On dit «une grossesse de x semaines», surtout dans le langage médical, mais dès que l’enfant est né et a dépassé un mois de vie, c’est rare que l’on compte en semaines.
   
   Le narrateur parle à la deuxième personne du pluriel : Vous. Vous êtes Viviane… c’est dur d’être Viviane quand on vous le commande si expressément. Par chance, cet artifice qui pourrait vous bloquer, ne vous dérange pas trop. La narration fluide et alerte, vous y aide.
   
   La situation aussi : Julien est un vrai salaud, vous n’avez aucune peine à le haïr ; vous voulez bien reprendre le jeu de couteaux, cadeau de mariage auquel il n’a pas touché, et vous ressentez le malaise de Julia, pardon Elisabeth, non Viviane, au moment de quitter ce qu’elle avait cru un foyer conjugal. Vous non elle, enfonce la touche «Psy» sur son portable. Vous n’auriez pas eu de mention «Psy» sur votre portable, mais simplement le nom du praticien. Non seulement c’est un «psy» mais en plus, on lui dit «docteur», il prescrit des médicaments, et malgré tout cela il voudrait vous psychanalyser. On ne peut pas tout faire!
   
   Donc, Viviane a tué cet imposteur. Crime de sang. C’est aller un peu loin mais «il n’a jamais vu en vous qu’une bourgeoise, une pâle carriériste, une névrosée de base qu’on domestique à coups de pilules blanches ou bleues» . La jeune femme ne lui a jamais fait aucune impression, c’est une patiente lambda, il est comme son Julien, et elle le tue à la place de son mari…
   
   Comme dans «l’Assassin à la pomme verte», il y a donc crime, et enquête, et cette intrigue on la vit rapidement comme le prétexte à dérouler des phrases. Le fond semble se séparer de la forme, si vous voulez.
   
   Le criminel en herbe fait des choses de plus en plus bizarres, et on ne voit pas très bien à quoi cela rime. La narration est élégante, aussi, les déambulations dans Paris précises, rigoureuses, bien balisées. Rue du Pot de Fer, du Roi de Sicile, rue de la Clef, Vocabulaire parfois original : «Oui, Jean-Paul, stridules-tu d’un air homicide» ( le patron aussi, elle voudrait bien le tuer). Viviane est aussi un peu jalouse de cette rouquine enceinte qu'elle suit et entreprend de faire parler.
   
   A la fin Mme Hermant, Viviane, oui au fait quand s’appelle-t-elle Fauville?, j’ai oublié… n’est guère plus avancée qu’au début.
   
   Ce que j'ai ressenti moi, tout de même, c'est qu'elle voudrait bien tuer plein de gens. Elle a la haine, c'est cela le message, il est tout simple, et vous le comprenez.
   
   Et la petite a peut-être bien treize semaines, maintenant, avec un peu de chance, ou douze et demie?
    ↓

critique par Jehanne




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Faisons connaissance
Note :

   "Vous êtes Viviane Élisabeth Fauville. Vous avez quarante-deux ans, une enfant, un mari, mais il vient de vous quitter. Et puis hier, vous avez tué votre psychanalyste. Vous auriez sans doute mieux fait de vous abstenir. Heureusement, je suis là pour reprendre la situation en main." (4ème de couverture)
   
   Rien de mieux que cette quatrième de couverture pour donner le ton du bouquin. C'est extrêmement rare que je dise du bien de cette page, trop souvent explicite, mais là, elle emplit idéalement son rôle: celui de donner envie (ou pas) de dévoiler le ton et l'ambiance du livre. Car il est formidable ce roman. Ce qui m'a surpris de prime abord, c'est le vouvoiement, le livre commence comme cela : "L'enfant a douze semaines, et son souffle vous berce au rythme calme et régulier d'un métronome. Vous êtes assises toutes les deux dans un rocking-chair au milieu d'une pièce entièrement vide." (p.9)
   Et puis je m'y suis fait. Mais à peine le temps d'avoir intégré ce narrateur qui voussoie que le voilà maintenant, narrateur omniscient qui parle à la troisième personne, alternant les "Viviane" et les "elle". Et puis, non content de m'avoir déstabilisé, il en rajoute une couche, en se faisant oublier au profit de Viviane qui parle avec un "je". J'ai même lu des phrases commençant par "nous". Mais diantre, qui ose ainsi déranger ma tranquillité de lecteur? Julia Deck, vous avez dit? Connaît pas...
   
   Bon sang, mais c'est bien sûr, j'ai souvenance d'avoir déjà lu des billets sur son roman...
   
   Voilà, vous savez tout de mes réflexions à la lecture des premières pages de ce roman. Je me suis régalé, j'ai jubilé à cette lecture tout sauf reposante. D'abord pour le style certes, mais aussi pour l'histoire et ce personnage de femme totalement perdue. Julia Deck nous promène, j'ai échafaudé des hypothèses sur l'éventuelle folie de Viviane, sur la réalité de son bébé, sur les raisons de son geste envers son analyste, sur divers points tout au long du bouquin. Rien ne s'est avéré. L'auteure nous embrouille volontairement pour mieux nous retenir.
   
   Son personnage ne va pas bien, c'est le moins qu'on puisse dire. Elle est dans une mauvaise passe, larguée la quarantaine juste passé pour une plus jeune, seule avec un bébé dans les bras pour lequel, elle craint de n'avoir pas de sentiment maternel : "Au milieu de la pièce désespérément vide, nous réfléchissons à ce que nous pourrions faire pour mériter tant d'amour. [...] Nous ne faisons rien, immobiles comme nous avons toujours été. L'enfant n'a jamais un pleur plus haut que l'autre, paraît incroyablement satisfaite de son sort, et ce formidable prodige nous effraie avant de nous réjouir, si bien que nous n'avons d'autre choix que suivre notre habitude, obéir aux lignes de la nécéssité. Nourrir, s'apprêter, sortir, rentrer, dormir : c'est le corps seul qui avance lorsque nous sommes redevenues muettes." (p.55)
   
   Pour être tout à fait complet, j'ai ressenti un "p'tit coup d'mou" au début de la seconde partie, une vingtaine de pages moins captivantes, un peu fatigantes, avant de repartir sur une fin tout aussi enthousiasmante que le début. Dans ma grande bonté, j'ai déjà pardonné à Julia Deck ce passage (que je suis peut-être le seul à avoir ressenti), car son roman est vraiment frais et original. Il paraît difficile d'inventer des histoires, des manières de les raconter aujourd'hui, tellement il a été publié de livres en tous genres. Julia Deck relève le défi, joliment. Franchement, passer à côte de Viviane Élisabeth Fauville sans faire sa connaissance serait de la goujaterie, une faute de goût, un manque de savoir-vivre.
    ↓

critique par Yv




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Vif et drôle
Note :

   "Il vous semble que, quatre ou cinq heures plus tôt, vous avez fait quelque chose que vous n’auriez pas dû"
   …
   Mais qu’avez-vous donc fait pour que votre mémoire se refuse à faire émerger ce souvenir?
   
   A la vue de ce couteau ensanglanté à la lame aiguisée que vous avez subtilisé chez votre ex-mari, il vous semble que vous avez tué votre psychanalyste à la séance d’aujourd’hui, Psy qui entre nous vous a agacée et n’a rien compris à votre désir de mettre fin à ces rencontres.
   
    Coincée entre le bébé, le divorce et la certitude qu’elle est une meurtrière, Elisabeth qui n’a aucun souvenir de son acte, va essayer de reconstituer l’événement, tout en faisant face aux soupçons de la police et à une veuve peu éplorée.
   
    Un premier roman speed, drôle et réconfortant.
    ↓

critique par Michelle




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Sous un humour subtil
Note :

   À l’ouverture d’un livre, rien ne peut séduire davantage que le sentiment de s’y retrouver, de reprendre, par les mots de l’auteur, le fil d’une conversation personnelle, avec la simplicité et l’aisance d’une relation amicale. Dès lors, l’écriture de Julia Deck prend le lecteur par la main et l’invite à... entrer dans la tête de son héroïne. Eh oui, elle est maligne, cette jeune écrivaine qui a publié en 2012 son premier livre. Mais à l’inverse du procédé inventé dans les années 60-70 par les écrivains du "nouveau roman", Julia Deck ne se cantonne pas dans une structure définie. À mesure qu’évoluent son personnage et les éléments de l’intrigue, le rapport auteur- personnage- lecteur se modifie : du voussoiement initial qui établit une distance, la narration emprunte successivement un glissement subtil à la première puis à la troisième personne, sans rompre pour autant le réseau empathique qui oblige le lecteur à s’inquiéter des manœuvres de Viviane Élisabeth. À quel moment devient-elle surtout Élisabeth, s’engluant dans un brouillard intérieur, livrée fiévreusement à ses démons?
   
   Le roman est à deux doigts de se loger dans la catégorie "polar", ce qui oblige à donner peu d’indices concernant l’intrigue. Cependant, la culpabilité avérée du personnage, la description du crime, les circonstances et l’absence de mobile au sens policier du terme détournent rapidement le suspense. Ce n’est plus la recherche de la coupable, l’habileté des enquêteurs qui intéresse l’auteure. Tout au contraire, le jeu de chat et de souris s’inverse. Là où les enquêteurs multiplient les pistes à la recherche du ou de la coupable plausible, Élisabeth emploie tous ses talents à mettre sa situation en péril. Et l’on frémit de ses maladresses. Tel est le ressort du fonctionnement de notre intérêt, puisque nous sommes au cœur des raisonnements de la jeune femme.
   
   Reçue chez François Busnel (La Grande Librairie France 5) à la sortie du roman, Julia Deck reconnaissait s’être beaucoup documentée au sujet des pathologies mentales, de manière à mieux cerner le comportement vraisemblable de son personnage. Les Parisiens (ou les expatriés de la capitale) seront bluffés par la précision des trajets en métro, que l’on suit aux couloirs près. L’écriture est précise et presque sèche comme celle d’un reportage, alors que nous plongeons directement dans le désarroi de cette jeune femme :
   "… Les autres clients s’impatientaient. Ils perdaient du temps alors qu’ils étaient pressés de se rendre à leur travail, et c’est tout de même un monde de ne pas savoir ce qu’on veut dans une croissanterie à 9 h le matin, une dame derrière vous l’a laissé entendre très clairement. Vous l’avez regardée dans l’espoir d’un combat de femmes qui ranimerait votre instinct de survie mais vous ne l’avez pas vue, il n’y avait dans vos yeux que du carrelage." ( Page 48)

   
   Le glissement mental de Viviane se traduit justement très judicieusement par le passage du vous au elle quand la tournure des événements déséquilibre sa propre construction. " Tout cela suppose des choix. Une infinité de microdécisions dont chacune présente des implications supérieures. Vous n’êtes pas en mesure de faire des choix. Vous êtes l’esclave de la nécessité, c’est une position qui vous convient très bien, vous n’en avez jamais réclamé d’autres.
   En face se présente un modeste square où l’on aère les enfants pauvres et les revendeurs de toxiques. Vous poussez la grille, prenez place sur un banc au soleil et, sortant les chaussons de leur sac, vous y glissez les mains. Elles s’y réchauffent tranquillement." (Page 46) 

   
   Évidemment, les enquêteurs, pas si stupides, sont intrigués par quelques incohérences immédiatement décelables, et voilà notre jeune mère de famille convoquée pour la seconde fois dans les locaux de la police :
   "Viviane observe attentivement les traits du commissaire, les paupières lourdes, la bouche lippue, le menton double et les plis de concentration qui architecturent l’ensemble. Elle juge qu’il n’y croit pas.
   Je n’ai pas tué le docteur, soupire-t-elle. Je ne vais tout de même pas l’inventer. J’étais chez moi avec ma fille, je n’ai pas tué le commissaire.
   Vous voulez dire le docteur.
   Je veux dire le docteur.
   Pourquoi avez-vous suggéré d’appeler votre mère?
   Je ne sais pas, c’est venu tout seul. C’est ce que le docteur m’a appris, à parler sans réfléchir." (Page 61)

   
   Aperçu du ton d’humour subtil qui confère à ce court roman une vivacité soutenue par des rebondissements évidemment inattendus.
   ↓

critique par Gouttesdo




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Aux franges de la folie
Note :

   Viviane Elisabeth Fauville, femme de 42 ans, vit une période difficile : une petite fille de 12 semaines et un mari qui vient de la larguer. Elle suit d’ailleurs une analyse avec le Docteur Jacques Sergent.
   "Vous êtes Viviane Elisabeth Fauville, épouse Hermant. Vous avez quarante-deux ans et, le 23 août, vous avez donné naissance à votre premier enfant, qui restera sans doute l’unique. Vous êtes responsable de la communication des Bétons Biron. L’entreprise Biron gagne beaucoup d’argent, elle occupe un immeuble de huit étages rue de Ponthieu, à deux pas des Champs-Elysées. Dans le hall, des hôtesses d’accueil souples et collantes comme les lanières en plastique des anciens rideaux de cuisine font patienter les visiteurs avec des trivialités équivoques.
   Votre mari, Julien Antoine Hermant, ingénieur des Ponts et Chaussées, est né il y a quarante-trois ans à Nevers. Le 30 septembre, il a mis fin à deux ans d’horreur conjugale. Il a dit Viviane, rentré à pas d’heure de son soi-disant bureau d’études, Viviane je te quitte, il n’y a pas d’autre solution, de toute façon tu sais que je te trompe et que ce n’est même pas par amour mais par désespoir."
   

   (vous aurez remarqué au passage le "vous". C’est vous qui êtes Viviane Elisabeth Fauville.)
   Elle suit d’ailleurs une analyse avec le Docteur Jacques Sergent, écrivai-je. Non. Elle suivait, puisque dès le départ, nous comprenons que nous avons tué le Docteur en question. Avec un couteau de cuisine, après avoir laissé seule la petite fille dans son berceau.
   
   Viviane n’est pas une meurtrière "professionnelle", elle n’a conçu son geste que dans l’urgence et n’a pas vraiment pris de précautions. D’ailleurs elle est très vite convoquée par la police – à titre de patiente. Et la situation commence réellement à devenir bizarre, à échapper au lecteur. Comme un napperon mal centré sur un guéridon qui commencerait lentement à glisser et dont on comprend bien qu’il va finir par tomber.
   
   C’est qu’elle va s’acharner à rencontrer celles et ceux qui sont concernés par l’enquête ; intimes, autres patients, comme si elle avait besoin de faire le point sur ce qu’ils ont dit à la police. C’est que manifestement, elle déraille par moments…
   
   Viviane Elisabeth Fauville va tomber. Enfin, pas vraiment… ou un peu…
   
   En dire plus serait trahir le texte. Texte qui est court par ailleurs : 155 pages, c’est vite lu. Et c’est plutôt du genre à être dévoré!

critique par Tistou




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