Lecture / Ecriture
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Le gardien du verger de Cormac McCarthy

Cormac McCarthy
  Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme
  La route
  Un enfant de Dieu
  L'obscurité du dehors
  Méridien de sang
  Le gardien du verger

Cormac McCarthy est un écrivain américain né en 1933 à Providence (Rhode Island).

Le gardien du verger - Cormac McCarthy

Verger touffu
Note :

   Si vous n’êtes pas passé par "la route", faites le détour. Et puis après, vous pourrez faire un tour au verger, si l’écriture vous a emporté. Alors que le père et le fils étaient suivis facilement par le lecteur angoissé par leur situation précaire et apocalyptique, les personnages tournant autour de ce verger sont bien plus difficiles à suivre.
   
   Première œuvre d’un auteur aux futurs succès, écrite en 1965, on sent l’intention, le peintre d’atmosphère à la palette de mots aux largesses généreuses. Mais on a aussi le fouillis, la difficulté de suivre une intrigue et même d’identifier les personnages. Tel vieil homme, désigné ainsi, est-il le même vieil homme rencontré plus tard?
   
   Pour le lieu et l’époque, l’Amérique de la prohibition version campagnarde, la nature est omniprésente, oppressante parfois. Pour l’histoire, des hommes qui vivent de petits trafics, des enfants champions d’une vie buissonnière et des mystères qu’on aura du mal à élucider. Où vont ces personnages, de quoi sont constituées leurs vies?
   "La route de montagne rouge brique sous la poussière avec la dentelle des empreintes de lézards monte à travers le clos des pêchers, brûlante, sans un souffle, monacale dans un silence sans oiseaux sauf un unique vautour qui plane dans le vide gris-bleu de la pente sans soleil et se balance sur l’air ascendant, et la route serpente enserrée entre les buissons de ronces lustrées et vertes, et il y a le sourire grimaçant du cadavre vert scellé dans les eaux fangeuses de la fosse du verger, le crâne vert de vase avec des salamandres lovées dans les orbites et une perruque de mousse." P 262

   
   Il faut donc aimer la littérature d’ambiance pour se régaler de telles longues phrases, descriptives, captant le moindre indice pour restituer une atmosphère sauvage et vagabonde. Car ces hommes ne cherchent rien, ne vivent qu’une suite de jours qu’ils savent proche de la fin. Ils donnent l’impression de n’avoir peur de rien. Voilà le tableau qu’il faudra aimer observer.

critique par OB1




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