Lecture / Ecriture
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La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis de Francis Dannemark

Francis Dannemark
  L'homme de septembre
  La longue promenade avec un cheval mort
  Choses qu'on dit la nuit entre deux villes
  Du train où vont les choses à la fin d'un long hiver
  Les petites voix
  La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis
  Histoire d'Alice qui ne pensait jamais à rien (et de tous ses maris, plus un)
  Aux Anges

Francis Dannemark est un écrivain belge francophone né en 1955.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis - Francis Dannemark

Un livre coup de cœur !
Note :

   Rentrée littéraire 2012
   
   Une bande de cinquantenaires (la fourchette va de 75 à à peine 40 ans, avec une grosse majorité aux alentours de 50 ans) se retrouve tous les mercredis soirs dans une grande maison bruxelloise pour un ciné-club. Deux hommes, Max, psychologue qui habite la maison et Jean-François, le cinéphile. Les autres, huit femmes (Judith, Muriel, Felisa, Sarah, Marie-Louise, Annick, Kate, Catherine). Tous sont amis, se connaissent bien ou apprennent à se connaître et s'entendent merveilleusement bien. Oui, mais la maison craque, cette maison qui recueille les confidences, les doutes pourrait disparaître; chacun fait alors un peu le point sur sa vie, sur ses amours. C'est une année entière qui commence par un hiver rigoureux qui sera propice aux changements, aux prises de résolutions.
   
   Quel charmant roman! Un moment de félicité dans ce monde de brutes. L'ambiance est joyeuse du début à la fin, c'est un roman qu'on lit le sourire aux lèvres. Jamais mièvre pourtant, plutôt positif! Alors, on se prend à rêver de vivre dans une telle maison, où rien n'est source de conflit, où tout est débattu en groupe ou en simple tête-à-tête.
   
   Sous couvert de légèreté, Francis Dannemark (qui, comme son nom l'indique est... belge), aborde des thèmes sérieux : l'amour, la mort, la solitude, la peur de vieillir, celle de finir seul(e), l'amitié (entre hommes et femmes notamment). Ces hommes et ces femmes sont à un tournant de leur vie et décident de s'arrêter un instant pour en faire un bilan, pour savoir s'ils continuent de la même manière ou s'ils changent un peu ou totalement.
   
   Deux passages résument parfaitement ce livre :
    "Il songea à ce qu'un vieux libraire lui avait un jour expliqué : la poésie, ce sont des répétitions -des mots qui reviennent, des sons- et quelques variations ; une vie poétique, c'est la même chose : des rites, des habitudes, des gens et des saisons qui reviennent, avec quelques variations, bien sûr et des surprises..." (p.134/135)

   et
   "La solution n'est pas dans les objets." (p.183)

   Discours totalement à l'opposé des standards actuels : aujourd'hui où il est de bon ton de tout tester, de faire des expériences, de posséder. L'avoir plus que l'être! Ce livre est celui sur l'amitié qui dure, que rien n'use. Sur les relations entre des personnes.
   
   Et puisqu'il y est beaucoup question de cinéma, de la même manière qu'on parle de film choral, je pourrais dire que c'est un roman choral, un roman de copains. Un film -ou plutôt deux- pourrait venir à l'esprit immédiatement -l'auteur en parle d'ailleurs-, mis à part qu'il y est question d'hommes plus que de femmes : ce sont "Un éléphant ça trompe énormément" et "Nous irons tous au paradis" de Yves Robert. Même atmosphère, même sourire en voyant les personnages, même plaisir à les voir et même serrement à les quitter.
   
   Parlons maintenant de la forme. Construit en petits chapitres, ce roman peut se prendre et se poser rapidement : on lit un chapitre, on rit, on repose et on refait cela un petit moment plus tard. L'écriture est humoristique, simple et accessible. Tout est là pour faire passer un excellent moment au lecteur. Pari réussi pour moi. En plus, à la fin, il y a un rappel des principaux personnages rapidement décrits (fort utile lorsqu'on est perdu dans les prénoms) et une dizaine de pages répertoriant les films dont Jean-François parle, les livres et les sites utiles pour les amateurs de cinéma.
   
   Pour conclure, un avertissement : ouvrir ce roman procure des sensations de joie et de bonheur. La maison, qui est le véritable personnage principal de ce roman est un havre de paix, une oasis de bonheur dans laquelle lenteur, rires, tendresse, gestes attentionnés, écoute des autres sont les maitres-mots.
   
   Vous l'aurez compris, je ne suis absolument pas objectif et ce livre qui semble être une joyeuse plaisanterie pourrait bien être plus profond qu'il n'y paraît et drôle et bien écrit. Et en plus, il a un très joli et long titre.
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critique par Yv




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Le ciné-club des optimistes béats
Note :

   L'auteur nous place dans un havre de paix. Un endroit dont les personnages disent qu'il les rend meilleurs. Il s'agit d'une grande maison bruxelloise, assez abîmée par le temps, où habite Max, l'hôte des lieux. Tous les mercredis soir, se rassemblent en un ciné-club de passionnés, deux hommes et huit femmes qui se rechargent d'ondes positives. Outre Max, psychologue cinquantenaire soucieux en raison des travaux nécessaires à la survie de la maison, on trouve Jean-François son ami et cinéphile en chef, l'encyclopédiste et collectionneur, féru du cinéma américain hollywoodien des années 30 à 60. Puis il y a les femmes dont Judith, fidèle secrétaire de Max ou Sarah, libanaise et femme seule s'occupant de sa fille... La dernière arrivée est Felisa. Vite acceptée par les anciens, elle se révèle mystérieuse. Une sorte de bienfaitrice.
   
   Le choix de baigner ce groupe, en une unité de lieu, dans une atmosphère résolument positive permet le recul par rapport aux vies cabossées des personnages. Seul Max est au centre et nous découvrons les vies compliquées de chacun au gré des soirées du ciné-club. Il y a les mariés, les veufs (ils ont de 40 à 75 ans), les séparés et ceux en voie de séparation, des personnalités différentes qui le temps d'une soirée se montrent d'une prévenance sans faille les uns avec les autres.
   
   Une impressionnante liste de films est présentée, donnant pour certains l'envie de les voir ou les revoir. A la longue, j'ai trouvé le catalogue un peu long à feuilleter. La multiplication des personnages féminins rend la lecture parfois difficile (une liste des personnages en fin de livre nous aide à les situer, mais je ne l'ai remarquée qu'à la fin du livre...). J'ai trouvé les personnages au final peu attachants et l'ambiance bienveillante m'a lassé.
   
   «J'ai l'impression que la plus grande partie de notre vie est secrète, intime. Toutes ces pensées qui flottent, et ces moments où nous enchantent le goût d'un fruit, la lumière du soleil sur une façade, le sourire qui passe sur le visage de quelqu'un, une phrase dans un roman, une scène dans un film... Même quand la vie est pénible, il y a toutes sortes de petites merveilles instantanées.» P 339
   

   Au final, je trouve que Francis Dannemark, à trop vouloir délivrer une de ces «petites merveilles instantanées» a rendu le livre trop lisse, trop mièvre notamment dans un ventre mou où le trop plein de bons sentiments m'a écœuré. Je lis ici ou là que pour d'autres l'auteur a réussi à toucher, pas complètement en ce qui me concerne...

critique par OB1




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