Lecture / Ecriture
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Rester Vivant - La poursuite du bonheur de Michel Houellebecq

Michel Houellebecq
  Extension du domaine de la lutte
  La carte et le territoire
  Les particules élémentaires
  La possibilité d'une île
  Rester Vivant - La poursuite du bonheur
  Soumission
  Plateforme
  H. P. Lovecraft - Contre le monde, contre la vie

Michel Houellebecq est le nom de plume de Michel Thomas, écrivain français né en 1956 ou 58 à la Réunion.
Le prix Goncourt lui a été attribué en 2010 pour "La Carte et le Territoire".
Il a reçu le prix de la BnF 2015 pour l’ensemble de son œuvre



* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Rester Vivant - La poursuite du bonheur - Michel Houellebecq

Romantisme moderne
Note :

   Dans l’édition que j’ai lue, "La Poursuite du bonheur" est précédée d’un mince ouvrage de réflexions, "Rester Vivant", que j’ai trouvé très intéressant.
   "Rester Vivant" est une sorte de recueil de conseils destinés aux poètes, et un état des lieux de la situation sociale (très précaire) du poète dans nos sociétés.
   Michel Houellebecq écrit : "Développez en vous un profond ressentiment à l’égard de la vie" et "soyez abjects, vous serez vrais" mais aussi "la structure est le seul moyen d’échapper au suicide."
   La lecture de "Rester Vivant" aide à mieux comprendre l’état d’esprit dans lequel a été écrit le recueil de poèmes "La poursuite du bonheur" : recherche du vrai, donc, et d’une vérité souvent assez crue, mais aussi besoin d’une structure dans la forme : ici, la rime (peu stricte) est employée, et le rythme se rapproche soit de l’alexandrin soit de l’octosyllabe (sans se préoccuper des e muets en particulier).
   Du point de vue de l’état d’esprit et de l’atmosphère de ces poèmes j’ai souvent pensé à Baudelaire et au romantisme, à cause du sentiment de tristesse et de dégoût qui s’en dégage le plus souvent.
   
   Je suis comme un enfant qui n’a plus droit aux larmes,
   Conduis-moi au pays où vivent les braves gens
   Conduis-moi dans la nuit, entoure-moi d’un charme,
   Je voudrais rencontrer des êtres différents.
   Je porte au fond de moi une ancienne espérance
   Comme ces vieillards noirs, princes dans leur pays,
   Qui balaient le métro avec indifférence ;
   Comme moi ils sont seuls, comme moi ils sourient.
   *****
   Incapable de nostalgie
   J’envie le calme des vieillards
   La petite mort dans leurs regards,
   Leur air en deçà de la vie.
   Incapable de m’imposer
   J’envie la soif des conquérants
   La simplicité des enfants,
   La façon qu’ils ont de pleurer.
   Mon corps tendu jusqu’au délire
   Attend comme un embrasement
   Un devenir, un claquement ;
   La nuit je m’exerce à mourir.

critique par Etcetera




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