Lecture / Ecriture
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Le théorème du perroquet de Denis Guedj

Denis Guedj
  Le théorème du perroquet

Denis Guedj est un enseignant, comédien, scénariste, écrivain et mathématicien français, né en 1940 et décédé en 2010.

Le théorème du perroquet - Denis Guedj

Je vais être sévère...
Note :

   Un matin, Pierre Ruche, ancien libraire à Montmartre, à présent vieillard hémiplégique, reçoit une lettre d'Amazonie, signée d'un vieil ami de la Sorbonne, Elgar Grosrouvre. A l'époque, celui-ci étudiait les mathématiques, tandis que Ruche se passionnait pour la philosophie. A la lecture de la lettre, Pierre Ruche apprend avec surprise que Grosrouvre lui lègue, sans raison apparente, une immense bibliothèque d'ouvrages de mathématiques. Il en informe aussitôt sa petite "famille", constituée de Perrette, qui a repris la librairie, et des trois enfants de celle-ci, les jumeaux Jonathan et Léa, et Max, atteint de surdité mais loin d'avoir la langue dans sa poche. Celui-ci vient d'ailleurs de rentrer des Puces, d'où il a rapporté un perroquet amnésique arraché des mains de deux truands. Le perroquet est rapidement adopté et baptisé Nofutur. Peu après, alors que Ruche s'échine à se familiariser avec les mathématiques afin d'adopter un classement logique pour la bibliothèque de Grosrouvre, une autre lettre arrive du Brésil : le mathématicien vient de mourir dans l'incendie de sa maison. Pourtant, juste avant sa mort, Grosrouvre, dans une lettre adressée à Ruche, lui confiait avoir résolu les deux plus grandes conjectures des mathématiques, celles de Fermat et de Goldbach, sans vouloir pour autant rendre ses résultats publics. Alors, meurtre, accident, suicide? Pour élucider le mystère de cette disparition, Ruche, Max, Nofutur et les autres vont devoir se plonger dans l'histoire des mathématiques... et affronter une terrible organisation criminelle...
   
   Mesdames et Messieurs, venez découvrir la plus belle imposture de l'année : on nous promet Le Monde de Sophie des mathématiques, mais tout ce qu'on nous offre, c'est L'histoire des mathématiques pour les nuls. Et la différence, vous en conviendrez, est énorme, scandaleuse, intolérable. L'intrigue policière, qui sert bien évidemment de prétexte à Denis Guedj pour nous refourguer ses cours d'épistémologie, est ridicule, invraisemblable et entièrement prévisible d'un bout à l'autre (le titre du livre, à lui tout seul, permet de deviner la fin, bien avant les personnages). Le style est d'une laideur sans nom, avec des phrases taillées au couteau et de fausses expressions argotiques qui tombent souvent comme un cheveu sur la soupe (Guedj semble particulièrement apprécier "Une paille!"). Les personnages ne sont pas crédibles pour un sou, entre, d'un côté, un hémiplégique de quatre-vingt quatre ans qui manifestement ne nécessite aucun soin médical (dommage qu'Intouchables soit sorti bien après ce roman, Guedj aurait pu y apprendre deux-trois choses), qui lit apparemment sans problème des ouvrages de mathématiques écrits en grec, en arabe ou en latin, et qui parvient à retrouver de mémoire des formules de trigonométrie apprises soixante-dix ans plus tôt, et de l'autre des lycéens étrangement passionnés pour les mathématiques grecques et arabes, qui abordent sans sourciller, avec leur niveau de seconde, le calcul des probabilités, les exponentielles ou encore la résolution des équations du cinquième degré par radicaux. Sans oublier le mathématicien qui, au fin fond de l'Amazonie, nous résout non pas une, mais deux des conjectures les plus célèbres qui soient... De qui se moque-t-on? Ne parlons même pas de la fibre pédagogique de l'auteur, qui nous balance à la tête, la plupart du temps sans aucune explication, le nombre d'or, la duplication du cube ou le calcul différentiel... En bref, voilà un ouvrage de vulgarisation mathématique qui ne vulgarise rien du tout, accumule les anecdotes superflues sur divers mathématiciens, est aussi artificiel que décousu, et qui ne présente finalement aucun intérêt.

critique par Elizabeth Bennet




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