Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Aux frontières de l’Europe de Paolo Rumiz

Paolo Rumiz
  Aux frontières de l’Europe
  L'ombre d'Hannibal
  Le phare voyage immobile

Paolo Rumiz est un écrivain voyageur italien né en 1947.

Aux frontières de l’Europe - Paolo Rumiz

A l’Est
Note :

    Né à Trieste en 1947, Paolo Rumiz est un écrivain-voyageur, spécialiste de l’Europe des Balkans et du Danube. Il a couvert les événements liés à la chute du communisme et aux conflits en ex-Yougoslavie.
   
   De la Finlande à Odessa, en 2008, Paolo Rumiz a entrepris un voyage vertical le long de la frontière qui sépare l’Union européenne de l’Autre Europe, déjà teintée d’Orient. Sans autre bagage que son sac à dos, accompagné de sa compagne photographe polyglotte, il a traversé ces régions aux noms oubliés, la Carélie, la Laponie, la Polésie, la Ruthénie, striées de grands fleuves, le Bourg, la Vistule, la Bérésina, le Niemen, le Dniestr, il s’est attardé dans des lieux improbables au gré des rencontres et des transports, s’est heurté à l’Histoire de ces pays aux frontières mouvantes à travers les souvenirs de ceux et celles qui en furent les victimes, Juifs, Lituaniens, Allemands, Biélorusses, Polonais, Tartares. A ses côtés, l’Europe occidentale s’enrichit de cette moitié occultée et méconnue: « Ce voyage à l’est a été un bain d’humanité. Ce n’est pas moi qui l’ai fait mais les personnes que j’ai rencontrées.»
   
   A lire également: L’ombre d’Hannibal
    ↓

critique par Michelle




* * *



Pour l’envie de partir
Note :

   Voici l'amoureux des voyages, des frontières, des grands espaces. Normal me direz-vous pour un homme né à Trieste ville chargée de la folle histoire européenne. Autrichienne du temps de l’empire austro-hongrois, flirtant avec les Balkans.
   "Agrippée à l'extrémité septentrionale de la mer Méditerranée, Trieste, ma ville, est un sismographe, une balustrade vers d'autres horizons. Dans les cafés, il était normal de parler de ce qui se passait à l'étranger. Les hommes qui sont nés à mon époque ont été nourris au pain de la géopolitique."
   
   En un long périple de 6000 km de la mer de Barents à la mer Noire, il effectue une traversée verticale de l’Europe et comme il ne craint pas les zigzags, on le suit de la Norvège du Cap Nord à Odessa en passant par la Biélorussie, l’Ukraine.
   
   Journaliste un peu désabusé après avoir couvert la guerre des Balkans c’est pour lui l’occasion de vivre à son rythme. amoureux des confins, il a choisi de nous mener au plus proche de "l’âme slave"
   
   Un mois de pérégrinations, le passage des frontières de dix pays sac sur le dos, carnet et crayon en main pour satisfaire sa curiosité, son goût des rencontres.
   
   Il traverse des territoires qui ont changé de nom, des contrées oubliées par l’histoire, des pays tout nouvellement créés, des villes aux noms imprononçables et magiques, "ces anciennes provinces frontalières englouties par la géopolitique" la Carélie, la Courlande qui porte un nom de princesse, la Bucovine, la Mazurie et ses lacs...
   "c'est ici que bat le cœur, à des centaines de km au-delà de l'ex-rideau de fer, entre les bouleaux et les grands fleuves méandreux, dans une terra incognita faite de périphéries oubliées."
   
   Paolo Rumiz préfère les trains bringuebalants au TGV, les horaires improbables et les correspondances impossibles qui obligent à demander l’hospitalité. Au gré des rencontres son périple nous fait prendre "un bain d’humanité" : Un prêtre orthodoxe qui fut soldat dans les forces spéciales russes, des moines et des vieux-croyants, l’écrivain Mariusz Wilk qui a choisi de vivre au bord du lac Oniega, Allia et ses blinis, les vieux juifs de la synagogue de Grodno.
   
   Son regard est sensible, plein de curiosité, de chaleur humaine qui s’épanouit dans les rencontres, il est à classer dans la famille des grands écrivains voyageurs, celle des Colin Thubron, des William Darymple. En le lisant on pense au Danube de Magris, à "L’usage du monde" de Bouvier. Des estampilles bien tentantes non?
   
   A l’origine ce texte a été publié en feuilleton dans la presse italienne, et c’est bien d’un feuilleton qu’il s’agit car on attend avec impatience le passage de la prochaine frontière, si vous ne fermez pas ce livre avec du vague à l’âme ou l’envie de partir je suis prête à manger mon chapeau!!

critique par Dominique




* * *