Lecture / Ecriture
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L'Assassin à la pomme verte de Christophe Carlier

Christophe Carlier
  L'Assassin à la pomme verte

L'Assassin à la pomme verte - Christophe Carlier

Un premier roman
Note :

   Rentrée littéraire 2012
   
   Le premier roman surtout s’il se montre vers le mois de septembre, est un genre en soi. Un objet particulier, en voie de disparition.
   
   En exergue du roman un passage de "La Vie de Marianne" qui trace le portrait d’une femme qui s’occupe principalement à plaire.
   Rien à voir avec le roman lui-même...
   
   Il s’agit du séjour d’une semaine dans un hôtel parisien "le Paradise" et l’on suit plusieurs personnes qui y séjournent : Sébastien le réceptionniste ; Craig le professeur de français venu des Etats Unis pour faire des recherches à la TGB. Elena venue d’Italie présenter des vêtements de mode pour le compte d’une maison de couture. Un autre italien qui porte un nom s’apparentant à Paparazzi, une femme de chambre, Amélie, et d'autres gens apparaissant plus tard.
   
   Le nommé Paparzzi fait sensation en annonçant qu’il est polygame et a généreusement fécondé ses épouses. Craig est jaloux et il semble espérer une aventure avec Elena ; celle-ci est polie et aimable, et ne sait pas ce qu’elle pense de tout cela.
   Le réceptionniste est un observateur assidu des allée et venues de l'hôtel, et s'amuse à interpréter les comportements des clients.
   Bientôt l’Italien polygame va être retrouvé mort par Amélie, la femme de chambre. On conclut au crime et l’on recherche l’assassin. Selon Sébastien, l’assassin est aussi discret que le personnage au chapeau melon de Magritte dissimulé derrière sa pomme verte.
   Beaucoup de personnages de Magritte ont le visage dissimulé par quelque chose. Moi j'ai une préférence pour la colombe, en fait. A propos de ce tableau Magritte disait "Chaque chose que nous voyons en cache une autre, nous désirons toujours voir ce qui est caché par ce que nous voyons. Il y a un intérêt pour ce qui est caché et que le visible ne nous montre pas. Cet intérêt peut prendre la forme d'un sentiment assez intense, une sorte de combat dirais-je, entre le visible caché et le visible apparent." Assurément le réceptionniste est curieux et réussit parfois à créer une ambiance de mystère, concernant sa propre vie, en tout cas.
   
   C’est un récit à plusieurs voix. Chacun des personnages s’exprime de façon distinguée (comme chez Marivaux???). Il y a quelques expressions heureuses. Je ne me suis pas vraiment intéressée aux personnages, Sébastien excepté, ni à l’intrigue, qui tourne vite au grand n’importe quoi! Si le réceptionniste avait été seul à parler le roman aurait eu plus de force. Le rajout de personnages supplémentaires (surtout au milieu et à la fin) est une erreur. J’ai failli m’intéresser à Elena lorsqu’elle annonce qu’elle a perdu son emploi… c'est dire si l'intrigue principale m'a laissée froide.
   
   Avec certains romans (les premiers comme les autres) on ne comprend pas très bien où l'auteur veut en venir...
    ↓

critique par Jehanne




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Grand Hôtel
Note :

   C’est une grosse nouvelle, à peine 140 pages avec des renvois de chapitres très courts. Bref, un en-cas, un toast, un amuse-gueule à grignoter entre deux stations de métro ou dans les embouteillages (c’est encore mieux que de s’envoyer des textos, non?). Pas étonnant qu'Amélie Nothomb en fasse l’éloge, l’auteure Belge étant habituée à ce format court et concentré.
   
   Toute la force de Carlier est de jouer sur et avec les mots. C’est un plaisir à chaque page. Non! A chaque phrase, plutôt. Des phrases aussi courtes que peut l’être le roman d’ailleurs. Des mots qui cinglent et font mouche. Une sculpture fine et bien ciselée. Rien ne dépasse. Pas un seul coup d’épée dans l’eau. Rien à retrancher.
   
   Le pitch? Rien de plus simple. Un hôtel. Un homme. Une femme. Un réceptionniste. Chacun va raconter à tour de rôle l’événement : un meurtre a lieu dans le palace parisien.
   
   N’allez pas chercher un polar là où il n’y en a pas. De toute façon, on connait le meurtrier très vite. Aucun coup du sort, pas de rebondissement. Non, vous n’y êtes pas. Tout n’est sujet qu’à prétexte. Le réel motif du livre, ce sont les mots justement. Une histoire banale racontée avec justesse et un brin d’humour. Deux vies qui s’entrechoquent comme cela arrive tous les jours. Donnez n’importe quel sujet commun à Carlier et il vous en sortira un récit passionnant où les personnages existent en quelques traits, juste une poignée de phrases bien nettes, au contraste saisissant.
   
   C’est rafraichissant comme un sorbet. Du reste, je vais prendre exemple sur l’auteur et faire court à mon tour. Fin.

critique par Walter Hartright




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