Lecture / Ecriture
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La route du Rom de Didier Daeninckx

Didier Daeninckx
  En marge
  Le der des ders
  La mort n'oublie personne
  Le Poulpe : Éthique en toc
  Le facteur fatal
  Play-back
  Dès 10 ans: Il faut désobéir : La France sous Vichy
  Dès 10 ans: Un violon dans la nuit
  Passages d'enfer
  La route du Rom
  Lumière noire
  Mort au premier tour
  Cannibale
  Camarades de classe
  Itinéraire d’un salaud ordinaire
  Métropolice
  Nazis dans le métro
  Missak
  Histoire et faux-semblants
  Meurtres pour mémoire
  Galadio
  D comme: Le der des ders
  Le dernier guérillero
  Rue des degrés
  Caché dans la Maison des Fous

Didier Daeninckx est né en 1949.
Avant d’être écrivain, il fut imprimeur, animateur, journaliste local..
Son premier livre fut «Meurtres pour mémoire», dans la Série Noire Gallimard en 1984.
Son œuvre de romans populaires ou policiers (Il a plusieurs fois participé aux aventures du Poulpe) s’accompagne d’une critique sociale, historique et politique. Elle a déjà été récompensée par plusieurs prix.

La route du Rom - Didier Daeninckx

Quel savoir-faire !
Note :

   Aventure du Poulpe.
   
   Quel savoir-faire en effet, quelle maîtrise ! Je fais partie des gens qui ont pris, ou reçu, le livre à l’envers.
   Je veux dire que je connais les lieux et les personnages ici rebaptisés (et même, je crois, comment leur histoire est arrivée jusqu’à l’auteur) et que, lorsque j’ai lu ce polar, comme quelques autres, mon idée était de voir ce que Daeninckx en avait fait. Ca pouvait être ennuyeux, ou même pénible, genre règlement de compte sordide. Ca pouvait aussi valoir 4 étoiles.
   
   Vous connaissez Didier Daeninckx, il consacre une grande partie de son œuvre à faire remonter les vieux souvenirs. Vieux comment ? Disons vieux comme la dernière guerre ici.
   C’est son truc. Pourtant, il sait bien que les gens n’aiment pas toujours, puisqu’il le dit lui-même : « Revoir tonton en casque à pointe ou mémé tondue, c’est pas le genre de la maison… » Mais il n’en a rien à cirer, lui, ça lui plaît et il ne voit pas pourquoi il s’en priverait. (moi non plus d’ailleurs)
   
   Et le voilà donc en train de rendre vie devant nous à un Golem bien vilain qui a nom gitans, juifs, homosexuels, camp de concentration et complicité française et qui est là, dans notre quotidien. Cela évoque pour vous de tout autres lieux et un passé bien lointain, mais non. Il vous le sort là, sous votre nez, dans votre voisinage immédiat, encore vivant parfois et jouissant en tout cas de la plus grande considération de tous, plaques et monuments commémo à l’appui.
   
    L’histoire elle-même n’est pas tout à fait exacte historiquement, il y a sans doute ajouté des péripéties cueillies ailleurs, mais on reste dans le possible et même dans des choses qui sont arrivées, bien que pas toutes à cet endroit.
    Ca n’a pas l’air possible, ça l’est. On se dit que dès que les gens sauront, ils corrigeront le tir, débaptiseront les rues. Non. Ils ne le font pas. On est au 21ème siècle, ils ne peuvent pas dire qu’ils ignorent, mais ils ne changent rien. Daeninckx a publié ce livre en 2003. Nous sommes presque en 2007… rien. Ca roule.
   Ce qui compte, c’est d’être puissant, l’idéologie, c’est secondaire.
   
   Alors lisons, au moins, la route de ce Rom, romano, romanichel. D’autant que le savoir–faire dont je parlais en titre est celui avec lequel Didier Daeninckx nous tourne là un petit polar, pas très, très étonnant c’est vrai, mais très efficace, que l’on lit très vite, sans un instant d’ennui, fluide, attachant, je dirais : gouleyant Comme une bolée.
   
   
   PS: Quelques renseignements sur Le Poulpe

critique par Sibylline




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