Lecture / Ecriture
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Pêches glacées de Espido Freire

Espido Freire
  Irlanda
  Pêches glacées

Espido Freire est le nom de plume de María Laura, écrivaine espagnole né en 1974.

Pêches glacées - Espido Freire

Ça me laisse froid
Note :

   Il m’arrive régulièrement de m’enthousiasmer pour des romans souvent injustement méconnus et dont je vous recommande la lecture.
   Il arrive aussi, moins souvent fort heureusement, qu’un roman me laisse à l’écart de ce que son auteur a voulu véhiculer. "Pêches glacées", vous l’aurez compris, tombe dans cette deuxième catégorie des déceptions avérées.
   
   Sans doute la faute à une trame narrative d’une extrême confusion, vraisemblablement pour évoquer la même confusion qui s’empare des souvenirs d’une cohorte de protagonistes qui gravite autour de trois Elsa. Un même prénom pour trois personnages aux destins tragiques et appartenant à une même lignée familiale. Comme l’auteur bascule sans crier gare et sans aucune prévention pour son lecteur d’une Elsa à l’autre, projetée sur deux longues générations, ledit lecteur a tôt fait d’en perdre son latin. Du coup, ou bien l’on adhère à un style mélancolique, au parti-pris d’une succession de tableaux dont le sens n’apparaît que peu à peu et dans la plus totale confusion, ou bien l’on persévère parce que l’on espère que le roman va enfin sortir d’une torpeur languissante et qu’il faut bien en dire quelque chose. Eh bien non, hormis les trente dernières pages qui enfin s’animent et nous permettront d’en apprendre plus sur les malheurs de ces trois jeunes filles.
   
   Le titre lui-même est assez déroutant. En fait, avec la guerre civile espagnole, la recette des pêches glacées semble s’être perdue. Pour la retrouver, il faut effectuer un travail de mémoire, interroger les anciens pour tenter de redonner vie à ce qui menace d’avoir disparu à jamais.
   
   C’est ce qui se passe avec nos trois Elsa. Elsita, la petite fille qui disparaît un jour de canicule dans la montagne, sans que jamais on ne retrouve trace d’elle, du moins jusqu’à la fin de ce roman chaotique. Petite Elsa, jolie jeune fille enrôlée dans une secte, l’ordre du Graal, dont elle deviendra l’offrande sexuelle soumise avant de s’échapper et de s’exiler sous protection policière pour tenter de s’extraire à ses bourreaux. Grande Elsa, la cousine aînée de Petite Elsa, artiste peintre et dilettante, qui elle-même doit s’exiler de sa ville natale car l’ordre du Graal la prend pour l’autre et veut à tout prix la réduire au silence.
   
    Chacune de ces jeunes filles gravite autour de personnages dont certains se connaissent, beaucoup s’ignorent, et dont la fréquentation va leur permettre de reconstituer partiellement ce qui compose leur propre histoire perdue, les secrets enfouis sous la guerre civile et ignorés jusque là par une famille aussi larguée que le lecteur…
   
    Arrêtons là. Soulignons que d’autres ont visiblement apprécié puisque ce roman espagnol fut consacré par le prix Planeta en 1999.

critique par Cetalir




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