Lecture / Ecriture
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Accabadora de Michela Murgia

Michela Murgia
  Accabadora
  La guerre des saints

Michela Murgia est une écrivaine italienne née en 1972.

Accabadora - Michela Murgia

Concis et dense
Note :

   Changement d'air avec une virée en Sardaigne. Depuis quelque temps je suis sous le charme de l'Italie après deux voyages. C'est donc avec enthousiasme que j'ai ouvert "Accabadora", roman de Michela Murgia. Le récit se déroule dans un petit village sarde.
   
   Orpheline de père, quatrième fille de la famille Listru, la petite Maria n'était guère attendue par sa mère, qui la présente toujours comme "la dernière", "la quatrième" et ne cache pas le fait qu'elle se serait bien passée de ce fardeau ; Maria a ainsi l'habitude de vivre dans une totale transparence, jusqu'à ce que la vieille Tzia Bonaria demande à la recueillir. Maria deviendra ainsi sa "fill'e anima". C'est une nouvelle vie qui s'offre à Maria chez celle qu'elle prend pendant longtemps pour une simple couturière, sans s'expliquer ses absences de nuit, notamment avant le décès d'un des villageois : Tzia Bonaria est en effet appelée de temps en temps pour faciliter le passage de ses voisins mourants vers une "vie meilleure", une activité que le lecteur devine rapidement mais que Maria met des années à découvrir.
   
   Texte court servi par un style travaillé et poétique (je dirais presque chantant), "Accabadora" m'a séduite d'emblée ; je l'ai d'ailleurs lu d'une traite ou presque, en proie à une étrange fascination. Un récit concis et dense, des personnages qui vivent intensément sous nos yeux, bref, une jolie pépite littéraire qui a reçu le Prix des Libraires en 2011 et fait partie de la sélection 2013 du Prix du Meilleur Roman des lecteurs Points.
   
   Petite parenthèse : curieusement, cette histoire qui se déroule il y a quelques décennies renvoie à un passé plus lointain et plus mystérieux, et cette campagne profonde, superstitieuse est si éloignée de mon quotidien que j'imaginais toujours Maria habillée comme une jeune fille du XIXe, alors que de temps en temps une scène nous rappelle qu'elle porte des jeans, ce que j'avais bien du mal à imaginer.

critique par Lou




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