Lecture / Ecriture
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L'avion sans elle de Michel Bussi

Michel Bussi
  Nymphéas noir
  L'avion sans elle
  Ne lâche pas ma main
  Gravé dans le sable
  N’oublier jamais
  On la trouvait plutôt jolie


Michel Bussi est un enseignant, écrivain et politologue français né en 1965 à Louviers.

L'avion sans elle - Michel Bussi

Polar français
Note :

   Qui, de Lyse-Rose Carville ou d’Emilie Vitral, est l’unique rescapée du crash d’un Airbus Istanbul-Paris, venu s’abîmer dans le Jura sur le Mont Terrible, au début de l’hiver 1980?
   Les deux petites filles inscrites sur la liste des passagers avaient chacune trois mois. Leurs parents ont péri dans l’accident. Il ne reste pour les identifier que leurs grands-parents paternels, qui les ont peu vues, et une grande sœur de six ans pour Lyse-Rose, un frère de deux ans pour Emilie.
   Chacune des deux familles, persuadée que leur sang coule dans les minuscules veines de la miraculée, la réclament. Un procès a lieu, qui finalement reconnaît le bébé comme étant Emilie Vitral.
   Les Vitral vivent à Dieppe, du commerce de frites et saucisses, dans un camion ambulant.
   Les Carville sont très à l’aise financièrement, et Mme Carville engage un détective privé pour enquêter, espérant qu’il trouvera des preuves réelles de l’identité du bébé.
   Crédule Grand-duc (c’est le nom du détective… ça ne s’invente pas? Apparemment, si…) enquête à présent depuis 18 ans! Car nous sommes en 1998. Bien des événements ont eu lieu, en rapport avec l’affaire, tragiques ou pas, et les protagonistes ont grandi ou pris de l’âge. Grand-duc n’a rien trouvé de significatif, la science en progrès depuis une génération, n’a pas donné de conclusions valables.
   Et pourtant ce soir-là Grand-duc croit enfin avoir tout compris!
   Mais le lendemain, il est retrouvé assassiné, laissant un cahier vert où il rend compte de l’affaire….
   
   Voilà un polar français valable, qui se lit sans souffler. La langue est simple mais l’expression variée, les descriptions de lieux agréables, suffisamment pour que l’on s’y croie. Pas trop de phrases sans verbe. Quelques longueurs mais pas assez pour ennuyer. Il y a des chances que l’on soupçonne de quoi il retourne avant la fin, mais pas complètement, et cela ne nuit pas au plaisir de lecture.
   
   Les personnages sont crédibles, le rythme assez alerte, des courses-poursuites, de l’action, un peu de sentimentalité mais pas trop, un peu d’humour.
   
   A lire dans l'avion qui vous emmène en vacances, sur la plage, ou au cimetière, si vous n'avez pas survécu.
    ↓

critique par Jehanne




* * *



A lire en avion. Oh, et puis non. Après, plutôt
Note :

   23 décembre 1980. Sur les pentes du Mont Terrible, dans le Jura, un avion reliant Istanbul à Paris vient de s'écraser. À son bord, cent soixante-neuf passagers et membres d'équipages, morts sur le coup ou dans les minutes qui ont suivi le crash, lorsque la carlingue s'est embrasée. Malgré la catastrophe tragique, un miracle se produit : près des décombres, les pompiers découvrent un bébé de trois mois, indemne, visiblement éjecté de l'appareil au moment du crash. Seul problème : sur la liste des passagers, figurent deux bébés. Deux petites filles, toutes deux âgées de trois mois. Mais quelle est l'identité de la rescapée? Lyse-Rose ou Émilie? Deux familles s'affrontent dans cette bataille médiatique et judiciaire pour récupérer le bébé : la première, les Carville, une riche famille d'investisseurs vivant dans une banlieue chic ; la seconde, les Vitral, beaucoup plus modeste, originaire de Dieppe. L'enquête, qui paraissait simple au début, se complique de jour en jour. La miraculée, baptisée Libellule par les médias, ne porte aucun signe distinctif, rien qui permette de la relier à l'une ou l'autre des deux familles. Et à l'époque, les tests ADN n'existaient pas encore... Au terme de plusieurs mois d'instruction, la petite fille est confiée aux Vitral, mais les Carville refusent de s'avouer vaincus. Ils engagent Crédule Grand-Duc, un ancien mercenaire devenu détective privé, afin de découvrir une preuve irréfutable de l'identité du bébé. Au bout de dix-huit ans d'enquête minutieuse il finit par dénicher cette preuve... juste avant d'être assassiné.
   
   Ce roman, à bien des titres, fait figure d'OVNI parmi les polars français contemporains. Loin de chercher à imiter les thrillers à l'américaine, il prend le parti du polar traditionnel, très éloigné d es délires psychologiques, ésotériques ou faussement gores des auteurs à la mode. Avec une histoire toute simple de recherche d'identité, Michel Bussi nous entraîne dans un roman au suspense constant, aux rebondissements maîtrisés et aux personnages hauts en couleur. Le premier chapitre est magistral, avec une description bouleversante du crash d'avion, qui donnera sans doute des sueurs froides à de nombreux lecteurs.
   
    Le style est agréable, pas excessivement travaillé mais relativement soigné tout de même, notamment dans les extraits du carnet du détective, où celui-ci prend régulièrement son potentiel lecteur à partie. Certes, à première vue, les personnages se répartissent de façon un peu caricaturale : d'un côté les riches, arrogants et prêts à tout pour récupérer l'enfant, de l'autre les pauvres, humbles mais attachés à leurs principes et à leurs valeurs. Toutefois, les choses ne sont pas aussi simples qu'elles ne le semblent, et plusieurs personnages se révèlent, au fil de l'intrigue, différents de ce qu'on pensait d'eux de prime abord. L'intrigue est saisissante, alors même qu'il n'y a presque aucune goutte de sang versé, le rythme haletant d'un bout à l'autre, avec des révélations qui s'enchaînent sans cesse. Un roman de haut vol, sans mauvais jeu de mots, mené tambour battant par un Michel Bussi qui fait désormais figure d'outsider dans le paysage du polar français. Et même si le dénouement peut paraître un peu téléphoné, les plus sensibles ne manqueront sans doute pas de verser une petite larme.
   ↓

critique par Elizabeth Bennet




* * *



… Et sans moi
Note :

   Elle, c’est le bébé retrouvé dans la neige, la veille de Noël 1980, après un accident d’avion dans le Jura. C’est aussi la seule rescapée, mais qui est-elle? Deux familles vont se disputer son identité. L’une est riche, l’autre pas. Un détective est engagé et si bien payé qu’il consacre 18 ans de sa vie à cette enquête. Sans résultat.
   
    Le roman s’ouvre par sa tentative de suicide, brusquement interrompue à la vue d’une page de journal datée de l’accident. Il a enfin découvert la vérité mais, dommage, il est assassiné. Par qui? Pour savoir la vérité il ne reste plus désormais qu’un carnet de notes où sont recensées toutes les pistes et les hypothèses des plus anciennes aux plus récentes.
   
    L’enquête est alors reprise par le jeune Marc, le frère de l’un des deux bébés présents dans l’avion. C’est à lui qu’est revenu le carnet du détective mais il va lui falloir plus de cinq cents pages pour en lire la fin! C’est long! C’est vrai qu’il le lit dans le métro et qu’il est sans cesse interrompu. Il finit par en déchirer des pages mais là encore, catastrophe!: il oublie la plus importante, celle de l’explication tant attendue!
   
    Alors qui est cette petite fille finalement? Lyse-Rose ou Émilie? Qui va gagner dans la lutte féroce qui s’engage entre les deux familles qui la réclament? La riche ou la pauvre?
   
    Avant de connaître le pourquoi du comment, juste dans les toutes dernières pages, il faut vraiment de la patience car on a droit à un procès plus ou moins bidon, à des meurtres à répétition, à des poursuites dans tout Paris, des coups de téléphone qui n’arrivent jamais, une sœur rendue folle de douleur et apparemment très dangereuse qui ne se promène qu’avec un Mauser L110. Et puis interviennent des SDF, des infirmières, des tantes et un tas d’autres personnes plus ou moins bien intentionnées. Tout ça en alternance avec des bribes du carnet du détective qui, lui n'en finit jamais de raconter ses propres faits et gestes!
   
    Bref, si j'ai commencé par me passionner pour cette quête d'identité dès les premiers chapitres, j'ai finalement bien vite déchanté tellement tout m'a semblé invraisemblable et tiré par les cheveux. Trop de retournements de situations, d'invraisemblances, de ruptures de rythme dans le récit, trop de trop! Je n'ai pas pu m'attacher à un seul des personnages, trop caricaturaux. J'ai fini par sauter des pages, vite jusqu'à la dernière et le fin fond de l'histoire qui ne méritait vraiment pas une si longue attente, vu la révélation à laquelle je m'attendais plus ou moins tellement il fallait bien aller voir ailleurs après tant d'hésitations sur deux seules petites têtes. Une ultime révélation et le tour était joué! Ouf!
   
    Non vraiment, ce n'est pas un polar dont je me souviendrai volontiers! A oublier même.
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critique par Mango




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Normal qu’il tombe à plat
Note :

   Décembre 1980. Un bébé de 3 mois environ est retrouvé dans les décombres d'un avion qui vient de s'écraser, aucun autre survivant. Deux familles, les Vitral, plus que modestes en couple vendeur de frites dans leur camionnette, et les Carville, industriels immensément riches, revendiquent le bébé comme étant leur petite-fille. Dans le doute, une enquête est mise en place pour déterminer d'éventuels liens. Intimement convaincu de faire le bon choix, le juge confie la petite aux grands-parents pauvres. L'autre "grand-mère" embauche un ancien mercenaire et lui demande de reprendre l'enquête, dut-elle durer jusqu'à la majorité de la fille qui grandit donc avec son grand "frère" Marc. Ces deux là sont pourtant attirés l'un par l'autre d'un amour qui n'a rien de fraternel.
   
   "- Monsieur Vitral, serait-il possible que je m'entretienne seul avec vous ?
    Pierre Vitral hésita. Pas sa femme. La question, en fait, s'adressait à elle. Elle ne s'embrassa pas pour lui répondre :
   - Non monsieur de Carville, cela ne va pas être possible.
    Nicole Vitral tenait le jeune Marc dans ses bras. Elle ne le lâcha pas, le serrant plus fort encore. Elle continua :
   - Même si je vais dans la cuisine, voyez-vous, monsieur de Carville, j'entendrai encore tout. C'est petit, chez nous. Même si je vais chez les voisins, j'entendrai encore tout. C'est comme ça. les murs ne sont pas épais. On ne peut pas avoir de secrets. C'est peut-être parce qu'on n'en veut pas, d'ailleurs, des secrets. Marc, dans ses bras, pleurnichait un peu. Elle s'installa sur une chaise pour l'asseoir sur ces genoux, pour signifier aussi qu'elle ne bougerait pas.
    Léonce de Carville ne parut pas plus impressionné que cela par la tirade.
   - Comme vous voulez, continua-t-il avec son sourire de tombola, je ne serai pas long. Ce que j'ai à vous proposer tient en quelques mots. (p.99)
   

    Des secrets. Il y en a à foison dans ce roman ! La forme est tout à fait judicieuse et entretient le suspens jusqu'aux dernières pages de ce road-story qui met en scène deux familles déchirées par un drame vieux de 18 ans : la petite fille rescapée est-elle ou pas celle que l'on imagine ? Pour le reste... je reste déçue ! Un style des plus plats, j'ai d'ailleurs choisi en désespoir de cause, car je ne trouvais rien de bien extraordinaire, un extrait de la page 99 en hommage à ce site qui explique que la page 99 vous donne à peu de choses près une idée de l'intérêt d'un livre. Les personnages sont hyper caricaturaux, et je n'ai pas pu une seconde m'attacher à l'un deux, même les deux jeunes héros m'ont semblé froids et impersonnels. Déception donc, d'autant plus que je m'attendais au fameux "livre de l'année 2012" dont j'avais entendu vanter les mérites un peu partout dans ma sphère littéraire.

critique par Wictoriane




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