Lecture / Ecriture
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Viol. Une histoire d’amour de Joyce Carol Oates

Joyce Carol Oates
  Un amour noir
  Johnny Blues
  Viol. Une histoire d’amour
  Les chutes
  La fille tatouée
  Je vous emmène
  Délicieuses pourritures
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  Blonde
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  Le Mystérieux Mr Kidder
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  Terres amères
  Sacrifice
  Paysage perdu
  Valet de pique
  Le triomphe du singe-araignée

Joyce Carol Oates est une poétesse et romancière américaine née le 16 juin 1938 à Lockport (État de New York).

Joyce Carol Oates a commencé à écrire dès l'âge de quatorze ans.

Elle enseigne la littérature à l'université de Princeton où elle vit avec son époux qui dirige une revue littéraire, la Ontario Review.

Depuis 1964, elle publie des romans, des essais, des nouvelles et de la poésie. Au total plus de soixante-dix titres. Elle a aussi écrit plusieurs romans policiers sous les pseudonymes de
Rosamond Smith et de Lauren Kelly. Elle s'intéresse aussi à la boxe.

Son roman "Blonde" inspiré de la vie de Marilyn Monroe est publié pratiquement dans le monde entier et lui a valu les éloges unanimes de la critique internationale. Elle a figuré deux fois parmi les finalistes du Prix Nobel de littérature."
(Wikipedia)

Viol. Une histoire d’amour - Joyce Carol Oates

“Ils auraient dû finir le boulot”
Note :

   La première partie du titre est sans équivoque et le lecteur sait aussitôt à quoi s’attendre.
   
   En cette nuit du 4 juillet, parce que Tina Maguire a eu la malencontreuse idée de passer par le Parc avec sa fille Bethie (12 ans), sa vie va radicalement basculer dans le cauchemar d’un viol collectif. Elle devient la proie de la monstruosité et la barbarie d’une meute enragée par l’alcool et la drogue. L’abomination d’une telle férocité aura des conséquences dramatiques sur sa vie d’après, mais aussi sur celle de sa fille qui, même si elle a été épargnée par cette violence sexuelle, en a été le témoin. L’enfance de Bethie s’interrompt aussitôt, ce soir-là.
    «Ce temps de ton enfance précédant celui où ta mère et toi êtes devenues des victimes avait disparu à jamais, aussi inaccessible qu’une scène aperçue de loin et qui se dissipe en vapeur alors même qu’on la contemple avec envie.»
   
   La narration, d’une efficacité époustouflante, est construite par petites touches souvent implicites et dignement amenées pour ne pas sombrer dans une quelconque forme de voyeurisme. Petit à petit chacun des stigmates inhérents à un tel acte sont traités avec une infaillible justesse et une grande force narratrice. À commencer par l’abjection et la dénégation de soi. Puis par cette dépravation entière de la personne qui conduit à regretter qu’Ils n’aient pas fini leur boulot.
   
   Parallèlement à cette déchéance, c’est tout un système judiciaire capable de rendre les victimes coupables qui étale ses abominables absurdités. Quant à la société, manipulée par quelques avocats bien choisis et une presse à scandales, elle conduit les victimes à endurer sa vindicte. «Elle l’a bien cherché !»
   
   Mais ce livre est aussi une histoire d’amour ainsi que le stipule la deuxième partie du titre. Comme à l’accoutumée avec cette auteure, il s’agit d’amour plutôt ambigu, douteux et en tout cas impossible. Ici, il va se manifester sous la forme d’un protecteur avide de justice et de vengeance, un justicier agissant dans l’ombre.
   
   Ce livre noir et cru prend le lecteur à la gorge faisant sourdre cette impuissance à intervenir. Un vif sentiment d’aigreur s’installe dont on ne se débarrasse pas après la lecture. L’auteur aborde la souffrance avec une force percutante laissant toutefois une ouverture certaine à la vie qui continue, coûte que coûte.

critique par Véro




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