Lecture / Ecriture
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Furioso de Carin Bartosch Edström

Carin Bartosch Edström
  Furioso

Furioso - Carin Bartosch Edström

« nordique » ? Et alors ?
Note :

   Quatre musiciennes, formant l'ensemble Furioso, un quatuor à cordes suédois, décident de se retirer dans une petite île appartenant à l'une d'entre elles afin d'y enregistrer un disque. Mais l'une d'elles, Louise, se blesse à la main peu avant de partir, et elle doit laisser sa place de premier violon à son ami le célèbre Raoul Liebeskind, violoniste hors pair et séducteur impénitent. D'ailleurs, dans le quatuor Furioso se trouvent deux de ses anciennes conquêtes, Anna, à qui il a été fiancé il y a vingt-cinq ans, et Helena, avec qui il a entretenu une relation secrète pendant une vingtaine d'années. Si les deux femmes comptent mettre à profit leur séjour sur l'île pour tenter de reconquérir Raoul, celui-ci n'a d'yeux que pour Caroline, la jeune celliste du groupe et sœur d'Helena. Le problème, c'est que Caroline est en couple avec Louise, avec qui elle va avoir un enfant, grâce à une insémination artificielle. Mais contre toute attente, Caroline tombe très vite sous le charme de Raoul, au point d'envisager de le suivre à New York pour y fonder une famille... ce qui n'est pas franchement du goût de ses trois camarades. Alors que les tensions atteignent leur paroxysme, le corps sans vie de Raoul est découvert, apparemment noyé. Suicide? Accident? Meurtre? Seules les musiciennes étaient présentes sur l'île avec lui, et toutes semblent potentiellement coupables... Nommée pour résoudre cette enquête, la commissaire Ebba Schröder va avoir fort à faire pour découvrir la vérité.
   
   Si vous avez réussi à lire le résumé en entier sans pouffer ou lever un sourcil sceptique, c'est soit que vous êtes un grand habitué des sagas estivales de TF1, soit que vous êtes tordu. Dans les deux cas, vous n'êtes pas fréquentable. Blague à part, comment peut-on sérieusement imaginer une telle intrigue? La première partie, de presque 250 pages, nous propose la version suédoise des Feux de l'amour, avec couple de lesbiennes dont l'une est enceinte (précision : le père biologique est le cousin de Louise, c'est plus sympa quand ça reste dans la famille...), relation adultère, liaisons secrètes, avortements plus ou moins dissimulés, projets de mariage et divers autres revirements. Une histoire complètement invraisemblable, glauque et malsaine, où la musique n'est qu'un prétexte à disserter sans fin sur les relations complexes des uns et des autres.
   
   La seconde partie du livre est néanmoins bien plus intéressante, avec le travail d'enquête mené par un personnage fouillé et attachant, Ebba Schröder, de loin la plus sympathique du roman (sans doute parce qu'elle est aussi la plus normale, bien qu'elle soit elle aussi musicienne à ses heures perdues : tout le monde passe donc par le conservatoire en Suède?).
   
   En revanche, la fin de l'enquête, et donc du livre, est complètement bâclée : après 400 pages de fausses pistes et d'interrogatoires qui ne mènent à rien de solide, c'est l'enterrement de Raoul qui permet, presque fortuitement, d'élucider le meurtre, en même temps qu'on lui découvre un fils caché, par un hasard là encore providentiel. Le reste est expédié en trois pages, et nous n'en saurons pas plus, ni sur le mobile de l'assassin, ni sur les responsabilités de chacune dans cette histoire légèrement dérangeante. Ajoutons que le style est loin d'être extraordinaire, souvent plat et sans intérêt, et que l'histoire est tellement invraisemblable que le lecteur reste largement en dehors. Une nouvelle preuve, s'il en fallait une, qu'auteur scandinave n'est pas nécessairement gage de qualité, contrairement à ce qu'essaient de nous faire croire les éditeurs qui publient tout et n'importe quoi, du moment qu'ils ont le label "nordique" sur leur ouvrage.
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critique par Elizabeth Bennet




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En effet, « Et alors? »
Note :

   Les stradivarius portent malheur! Après "Confiteor", et "Le Violoniste", voici encore un cas où le diable semble s'être logé dans le maudit et précieux instrument...
   
   Une île en Suède : Svalskär, elle appartient à Louise et son cousin Peder.
   
   Louise va s’y rendre pour enregistrer un disque de musique de chambre avec les membres de son quatuor "Furioso". Sauf que, comme elle s’est blessé la main en la coinçant dans une porte, elle doit se faire remplacer. Le remplaçant est Raoul Lebeskind, célèbre violoniste et séducteur invétéré. Evidemment il joue sur un de ces anciens violons, pièce maudite et inestimable...
   
   Les autres membres sont Anna, violoniste, qui autrefois a été fiancée à Raoul, Helena, altiste, qui entretient avec Raoul une liaison extraconjugale vieille de 25 ans, et Caroline, jeune violoncelliste de 24 ans, sœur d’Helena, et compagne de Louise.
   
   A peine les musiciens réunis, on se rend compte qu’Helena et Anna flirtent avec Raoul, qui ne les repousse pas bien au contraire. Et pourtant il entame une liaison ardente avec Caroline, ils veulent se marier tout soudain… Caroline rompt avec Louise mais Raoul continue à flirter avec ses anciennes maîtresses. Les femmes se haïssent entre elles… évidemment, ça tourne mal...
   
   Il faut attendre la page 244 pour que le meurtre ait enfin lieu! Ensuite, l’enquête démarre avec une commissaire Ebba, et son adjointe Vendela. Mais la séduction continue! Vendela et Louise se plaisent (Louise oublie bien vite Caroline pour se tourner vers la nouvelle belle jeune femme) tandis que Ebba craque pour Raoul…
   
   Polar ennuyeux, avec des personnages peu consistants alors même qu’on ne cesse de nous répéter qu’ils sont exceptionnels, tant par leurs caractères et talent musical que par leur beauté irrésistibles (plus on nous le rabâche, plus ça nous énerve! Carin Edström a voulu rejouer Dom Giovanni (trois femmes jalouses un séducteur, et au moins deux ennemis autres) mais elle ne me convainc pas.
   
   Certes on ne devine pas qui est coupable (et pour cause! tous avaient un mobile…) mais il faut attendre bien longtemps pour savoir.

critique par Jehanne




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